LE SYMBOLE PERDU
&
LE COIN DE L´ENIGME




LE SYMBOLE PERDU ET LE COIN DE L´ENIGME :  LES ARCANA ARCANORUM II

 POUSSIN et l´
ACADEMIE  ATHENES ou QUAND LES PEINTRES DEVIENNENT PHILOSOPHES

NICOLAS POUSSIN, UN A.A. ?


SECONDE PARTIE




 




Dan Brown met en jeu dans son roman quatre Francs-maçons de grade 33, desquels seulement TROIS détiennent le Secret :
 la nature du Symbole Perdu ou Parole oubliée…
Le premier c´est Peter Salomon, Grand Maître de l´Ordre non spécifié par l´auteur ; puis entre en scène un second portant le titre d´Architecte,
 titre donné au responsable du Capitole et enfin le dernier, un vénérable vieillard, un homme d´église aveugle qui médite prés d´une carrière.


 

LES ARCANA ARCANORUM : POUSSIN et l´ACADEMIE  ATHENES ou QUAND LES PEINTRES DEVIENNENT PHILOSOPHES

DE L´ACADEMIE  d´ATHENES  à celle de FLORENCE

Dès 1459, grâce à Cosme de Médicis, Marsile Ficin entreprend de traduire de nombreuses œuvres platoniciennes et néo-platoniciennes
 qui exerceront un impact considérable sur l'art de la Renaissance :

l’Académie Platonicienne de Florence sera fondée sur l'exemple de celle de Platon, rassemblant de nombreux érudits de tous genres.

Les uns travaillaient les concepts du
Beau et du Sublime à partir des écrits grecs, et plus généralement redécouvraient les ouvrages et
 la pensée d'Aristote, de Platon, et du legs gréco-romain, faisant évoluer les visions du monde issues de la chrétienté médiévale.
Tandis que les autres illustraient, par des représentations artistiques, les travaux de l'école philosophique de la Nouvelle Académie des Arts de Florence.

Ficin reconnaît une valeur d'enseignement autant aux écritures chrétiennes, comme aux mythes grecs rapportés par Pythagore ou Platon.
Il reprend l'idée platonicienne selon laquelle le Beau peut mener au Bien.

Académie est un véritable monastère laïque, ouverts à tous les hommes de talent, sans distinction de religion.
 Marsile Ficin et ses amis, Guido Cavalcanti, Pic de la Mirandole, le Dr Fortuna, le Politien, Laurent le « Magnifique », collaborèrent à cette institution,
véritable « 
Abbaye de Thélème » dont parlait Rabelais.

C´est bien à la Renaissance qu´un enseignement à caractère initiatique tendit à se former en honneur d’Hermès dont le mythe rayonnant suscitait, à cette époque,
 maintes interrogations sur les origines de la métaphysique et des religions.

Cette aura culturelle se poursuivra au-delà de cette période.

Pour illustrer ceci voyons un instant l´Adoration des Mages par Botticelli, puis l´Ecole d´Athènes de Raphaël qui n´est que l´ apothéose de l´Académie.

ADORATION DE LA VIERGE MEDICEENNE

http://3.bp.blogspot.com/-CVPjeEjfDQs/TwToYJvtyfI/AAAAAAAAKlI/eXIJZPgSVZ8/s1600/Sandro+Botticelli+%25281445-1510%2529%252C++Adoration+of+the+Magi+1475+Uffizi+Gallery.jpg

L'Adoration des Mages est un thème iconographique chrétien et sert, à cette époque, de prétexte pour exposer les personnages importants et influents.
La Chapelle des Mages, au premier étage du Palazzo Medici-Riccardi à Florence en est tout un exemple.

Ici les Mages sont Cosme de Médicis dit l'Ancien agenouillé devant Marie puis ses deux fils :  Pierre dit le Goutteux et Jean.
Ses neveux, le jeune Laurent le Magnifique est à gauche au premier niveau, une épée droite entre les jambes
 tandis que son frère Julien de Médicis figure de l´autre côté, vêtu de noir.

Politien aux côtés de Laurent, lui désigne la scène alors que Pic de la Mirandole a le regard tourné vers lui.
Del Lama, le commanditaire, à longue robe bleu-clair, nous regarde pointant de sa main droite vers
Botticelli placé face à Laurent. L´artiste nous interroge du regard.


Quant à Joseph, le personnage le plus haut placé qui semble être en pleine méditation, ressemble étrangement à Platon.
Voilà donc nos trois rois Mages remplacés par trois Philosophes-Mécènes, qui régnèrent à Florence !

RAPHAEL ou L´APOTHEOSE DE L´ACADEMIE D´ATHENES

http://www.alain-gagne.fr/Voyages/Rome/Jour6/photos/_MG_4258_Modifier.jpg 

Cette œuvre de Raphaël fait face à sa Dispute du Saint-Sacrement, nom donné par Vasari, dans la salle dite des Signatures du Vatican.
Raphaël signa cette fresque sur le col d´Euclide, père des mathématiques, dites encore aujourd´hui «  modernes »
et auteur Des Éléments, compilation du savoir géométrique.
Il écrivit de son pinceau RUSM, c´est à dire : « Raphaël Urbinas sua manu ».
A l´époque c´était un vrai culot  que de signer, même par ces quatre lettres, une œuvre d´art, car ce fait était considérée par l´Eglise comme un symbole d´orgueil.
Voyez comment
Van der Wyden dissimula tant son nom sur sa Marie Madeleine qu´on l´a découvert il y a peu.

Pourquoi sur Euclide ? Il lui donna les traits physiques de Bramante, son mentor.
Ce personnage trace à l´aide d´un compas un dessin géométrique qui rappelle la phrase :

« Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre » inscrite au seuil de l’Académie, à Athènes sur l´ordre de Platon.
Pour ce dernier  la géométrie est la science qui permet d’accéder au savoir :
 « 
elle a pour objet la connaissance de ce qui est toujours »,
« 
elle attire l’âme vers la vérité ; elle forme en elle cet esprit philosophique qui élève nos regards vers les choses d’en haut au lieu de les abaisser,
comme on le fait, sur les choses d’ici-bas
 ».
Ceci rapporte aux
deux personnages centraux de cette fresque : Platon signalant le Haut tandis qu´Aristote le fait avec le Bas.

   
   

A part cela l´artiste se dessine en Apple regardant Il Sodoma, surnom assez parlant ( Voir la
Fornarina de Raphaël )
Il se trouve entre Zoroastre  « celui qui est proche de l'exaltation » défenseur de la venue du Royaume de Justice, la coopération à l'œuvre de Dieu,
 grand critique des pratiques de la religion traditionnelle notamment du culte de
Mithra qui plus tard sera associé à celui de Jésus
 donc du christianisme à l´époque de Raphaël,
 Zoroastre représente le déisme éclairé, préférable au christianisme dogmatique.

 Puis nous tournant le dos : Strabon (« 
le louche » au même titre que le Guerchin * ) qui fit une vibrante éloge d´Auguste, l´ARKHITEKTON, ou Ptolémée.
 Raphaël se retrouve parmi un groupe d´astrologues tenant les orbes célestes et terrestre qui indiqueraient la date : 26 novembre de 1503,
rapportant au « couronnement » de Jules II, pape qui posa la première pierre de Saint Pierre le 18 Avril de l´an 1506 après avoir consulter son astrologue. 

On remarquera le personnage en rouge qui montre de son doigt les sphères. Il s´agit de Plotin, fondateur d'un courant philosophique appelé « néoplatonisme »,
qui influença de manière profonde la philosophie occidentale. Il installa son école à Rome en 246.
Sa relecture des dialogues de Platon fut une source d'inspiration importante pour la pensée chrétienne, en pleine formation à l'époque, puis pour saint Augustin.

"
On peut comparer l'Un à la lumière, l'être qui le suit [l'Intellect] au Soleil, et le troisième [l'Âme] à l'astre de la Lune qui reçoit sa lumière du Soleil" (Ennéades, traité 24 : V.6).
Il s'agit là d'un système à la structure ternaire et non trinitaire
(
voir détail )

* Le fait de loucher était à cette époque reconnu comme don de vision des cieux.
C´est ainsi que Raphaël dessina
Thomas Inghirami en 1509. Il est vrai qu´il s´agit d´un portrait,
mais ce strabisme se retrouve sur sa
Transfiguration, juste sur le seul personnage qui voir le Haut.
Ainsi la Vierge de Bernardino Luini, élève de Vinci et d´Ambrogio Bergognone, celle de sa
Sainte Famille, au Prado de Madrid, jette un regard strabique aux deux Enfants.
Tableau que Cosme I de Medici offrit, comme étant un Vinci, à Philippe II  pour décorer son
Escorial en 1574. Ce roi aimait les Madones à deux Enfants.
( voir aussi : « 
Raphaël, Vinci et les Madones à deux Enfants »)

http://everyhistory.org/images35/1480/raphael/131.jpg

http://www.daramccarthy.com/images/tourguide/pinacoteca/transfiguration-of-christ-bottom.jpg

Cherchons donc cette géométrie sur le mural de l´Ecole d´Athènes, puisque Raphaël par sa signature nous invite à le faire.
Il y a symétrie entre Euclide et son groupe rassemblés autour son ardoise, face à l´école de Pythagore avec ardoise également.

Celle-ci montre un plan de la coupole INVERSE, renvoyant ainsi au lemme mercurien « Comme en Haut en Bas »


Remontons vers la coupole du haut en suivant la ligne du cahier pythagorique, puis descendons vers Euclide et son compas.
Remontons vers la pointe du doigt du personnage derrière Alexandre le Grand puis rejoignons Plotin en habit marron.
Nous obtenons ainsi une ETOILE en jaune, couchée sur les personnages centraux..



Revenons à la coupole et aux deux piliers plus haut, alignés avec Platon et Aristote puis avec la symétrie du sol et traçons la méridienne en bleu ciel.
Dessinons un angle qui passera longeant le second arc. Cette ligne orange à gauche traverse le personnage en blanc qui se tient au premier plan.


Il s´agit de Hypatie qui dirigea l'école néoplatonicienne d'Alexandrie et pratiquait la théurgie.
Comme la présence d´une femme dérangeait le monde ecclésiastique elle est représentée sous le trait de l´éphèbe François Marie I
er della Rovere.
On verra plus loin une autre interprétation fort intéressante.


 Cette ligne verte traverse les gorges d´Hypatie et celle du personnage se tenant à sa droite, lui qui pose son pied sur une pierre angulaire.( Parménide )
Tandis que la ligne horizontale passe par le cou de Socrate qui marque un TROIS avec ses mains, nous verrons plus tard l´importance de ce chiffre.
Tous deux furent exécutés pour leur sagesse, alors que Pythagore fut poursuivi pour la sienne.


Traçons l´inverse de cet angle et nous arrivons aux têtes d´Apollon, dieu des arts, du soleil et de l'harmonie

et de celle d´Athéna, déesse de la guerre, de la sagesse, des artisans, des artistes et des maîtres d'écoles.


Descendons de leurs têtes en ligne droite, celle qui part d´Apollon passe entre Pythagore, qui fut le premier à employer le terme de philosophe
et son maître Anaximandre, à qui l´on doit le terme
ARKHO


De l´autre côté faisons de même.
Si on unit les deux têtes des déités avec les deux points du bas nous dessinons, non un carré mais un rectangle, que l´on retrouve sur l´ardoise d´Euclide,
honneur rendu au fameux THEOREME DE PYTHAGORE.


 En reliant les croisements qui ont lieu sur Socrate et sur l´homme qui signale le centre du tableau donc Platon et Aristote, nous obtenons ainsi

un signe bien connu celui qui ressemble aux initiales de l´AVE MARIA.( en orange )
Ce signe se retrouve à la verticale, ligne verte.


Et bien entendu le signe d´Arkho ne pouvait pas être absent, il est représenté en bleu ciel : Le VERBE créateur.


La ligne de « fuite» de l´enseignement et la transmission de celui-ci est donnée par le personnage qui arrive précipitamment sur notre gauche,
 ressemblant à Hermès et celui qui part en courant sur notre droite. Ils rappellent  les paroles de Plotin :

"
La Cause étant l'Intelligence, Platon nomme Père le Bien absolu, le Principe supérieur à l'Intelligence et à l'Essence.
Dans plusieurs passages, il appelle Idée l'Être et l'Intelligence. Il enseigne donc que du Bien naît l'Intelligence ; et de l'Intelligence, l'Âme.
 Cette doctrine n'est pas nouvelle : elle fut professée dès les temps les plus anciens, mais sans être développée explicitement; nous ne voulons ici qu'être les interprètes des premiers sages et montrer par le témoignage même de Platon qu'ils avaient les mêmes dogmes que nous
" (Ennéades V.1.8).




Remarquons la présence d´un bébé, à l´extrême gauche, tenu par le vieux Zénon.
Ils symbolisent la naissance de la vérité, de la sagesse et de l’expérience du vieil homme.
Zénon est le fondateur du stoïcisme, mot qui  provient du grec Stoa poikilê , c´est à dire les adeptes du portique, parce qu´il enseignait sous celui de l´Agora.
Est-ce pour cela que sur l´œuvre de Nicolas Poussin on retrouve de nombreux portiques ?
Mais avant de passer à Nicolas Poussin, regardons au-delà des apparences ce fresque de Raphaël.

Le côté droit est celui du futur ( sources chrétiennes ) le gauche celui du passé ( sources païennes )

 On raconte de Zénon qu´étant invité chez un riche seigneur Grec, durant le repas Zénon gardait silence.
Alors que la soirée battait son plein et que les inepties se répandaient allègrement, Zénon restait muet.
 L'hôte des lieux, s'offensant que Zénon le sage ne se mêla point aux conversations, lui dit qu'il l'avait invité pour qu'il illumine de ses connaissances le peuple ;
 "
Mais pourquoi es-tu le seul à garder le silence? ". Entendant cette question, le philosophe répondit "Mon hôte, je vous dirais qu'ici il y en a qui savent se taire".


Les Athéniens lui élevèrent une statue de bronze, lui remettant les clefs de la citadelle et lui offrant une couronne de laurier.
Pourtant c´est Epicure, sous les traits du Pérugin, premier maître de Raphaël,
qui porte une couronne, mais plus que des lauriers les feuilles la composant rappellent le lierre, symbole christique par excellence, d´immortalité.


Derrière lui son élève Lucrèce, qui serait un autre autoportrait de Raphaël lui-même, auteur de De rerum natura.
« 
On entend dans son vers les spectres qui s'appellent. » dit de ce livre le grand Victor Hugo.
 Son tempérament angoissé et passionné est presque à l’opposé de celui de son maître.
Il vécut une époque troublée par les guerres civiles et les proscriptions, comme celle de Raphaël.
De là, les pages sombres du De rerum natura sur la mort, le dégoût de la vie, la peste d’Athènes,
de là aussi sa passion anti-religieuse qui s’en prend avec acharnement aux dieux,

aux cultes et aux prêtres, passion que l’on ne retrouve pas dans les textes conservés d’Épicure, même si celui-ci critique la superstition et même la religion populaire.

Contre les positions du monde clérical, il propose de se soustraire aux craintes induites par la sphère religieuse, à laquelle il oppose la dimension rationnelle.

Voilà qui rappelle le monde de Raphaël et cette nouvelle école d´Athènes de la Renaissance.

A part le petit enfant porté par Zénon, il y en a un autre derrière Epicure sur une image de femme voilée qui ressemble à une madone.
Celle-ci tend sa main vers un autre « enfant », celui qui tient l´ardoise devant Pythagore, est-il en discussion avec ce groupe de savants, ces docteurs ?
Puis enfin juste sur le dernier adolescent ce personnage en Blanc,
 mi-femme, mi-homme qui est le seul à nous regarder de face. A ces côté Parménide d´Elée dont les doigts forment le signe de l´androgyne sacré.
Peut-il s´agire de Jésus, dans les différentes étapes de sa vie ?

Tout bébé il porte un linge rouge ( de valeur 2 ), celui de la dualité, de l´action,l´homme qui le soutient a un bonnet vert (de valeur 5 ), couleur de l´humanité.( Le Pape)
puis il revient en blanc et vert ( 9 + 5 = 14 => 5 ) ( la Tempérance et pape)
Suit or, noir et blanc ( 4 + 0 + 9 = 13 => 4 ) chiffre au symbolisme terrestre, mais formé par le Un et la Trinité, moi ce personnage me fait penser à Uriel, l´archange des arts.
Ses ailes sont aussi obscures que sur la Vierge aux Rochers de Léonard. Le 13 c´est la Mort terrestre, la Porte vers l´Au-delà)
 Il y a une autre explication comme on verra plus loin…
Et enfin en blanc de pureté. Mais 9 n´est pas UN ni même trois comme nous signale juste au dessus Socrate. ( le 9 de l´Hermite )
Tandis que le personnage avec pied sur la pierre d´angle porte le jaune, le rouge et le bleu ( 4 + 2 + 6 = 12 = 3 ) le UN et la dualité ( le 12, le Pendu)
S´agirait-il de Jean-Baptiste ? le protégé d´Uriel !
Il tient l´ardoise de Pythagore, étymologiquement « celui qui a été annoncé par la Pythie », car l'annonce de sa naissance fut faite à son père lors d'un voyage à Delphes.
Comme Gabriel annonça celle de Jean à Zacharie.

Otons cet archange et voyons les nombres qui résultent des couleurs employées par Raphaël :
2 + 5 + 9 = 16  le UN qui unit le Haut et le Bas, voilà qui est étonnant ! ( la Maison de Dieu )

Pour savoir si on est sur la bonne voie, côté Jean- Baptiste voyons qui fut Parménide ?

Parménide divisait la philosophie en deux parties : sur la vérité et sur l'opinion. Cette division était pour lui absolue.
Parménide oppose ainsi la logique à l'expérience : la raison est selon lui le critère de la vérité.
La pensée (il identifie âme et intellect), en suivant les règles de la logique, établit ainsi que l'être est, et qu'il faut lui prédiquer des attributs non-contradictoires :
 il est intelligible, non-créé et intemporel, il ne contient aucune altérité et est parfaitement continu.
Si cette conception de l'être est de l'ordre de la pensée, Parménide le représente aussi comme une réalité physique, finie et sphérique.
Cette doctrine fait de lui le penseur de l'être par excellence, et tranche par sa froideur rationnelle avec les autres penseurs grecs.
La doctrine de Parménide ne donne cependant pas d'explications relatives aux origines des êtres.

Nous reviendrons sur la vision et les croyances de Raphaël à propos de Jésus et de son « cousin » Jean le Baptiste dans un
futur chapitre.
Retournons pour l´instant au portique et à Nicolas Poussin, le stoïque.


TRIADE SAINTE

http://biblescienceguy.files.wordpress.com/2013/01/peterjohnlamemantemple.jpg
Poussin, Saint Jean et saint Pierre Soignant le Boiteux
L´action se passe sous un portique. Jean signale le Haut, Pierre le Bas.
Serait-ce Jacques leur accompagnant ? Car alors nous aurions la triade qui assista à la Transfiguration.
Une triade très parlante à propos de l´Ecole d´Apollonia dont l´application directe fut faite par Auguste César puis reprise et christianisée en employant ces trois saints.(
voir )


https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a5/The-Transfiguration-1480-xx-Giovanni-Bellini.JPG
La Transfiguration par Bellini professeur de Giorgione puis du Titien, bien que ce dernier préféra l´enseignement du second.
La plus connue est celle de Raphaël dont le Christ se retrouve au Saint Sépulcre de Jérusalem et au SAINT SULPICE de Paris sur un vitrail.
Mais ici les trois saints sont disposés comme sur la carte d´Auguste : à l´ouest avec saint Jacques( Lugo puis Compostelle ), au centre saint Pierre ( Rome ) et à l´est saint Jean ( Ephèse).

Moïse représenterait la loi et Élie l'ensemble des prophètes
Moïse est emporté par Dieu et découvre du haut d'une montagne la terre promise au peuple d'Israël.

Puis il meurt, et est enterré, mais l'emplacement de la tombe reste inconnu. Elie, quant à lui, est emporté dans les cieux par un char de feu.
Nous retrouvons ainsi le Haut et Bas

TRINITE PLATONIQUE

Socrate indique le chiffre trois avec ses doigts. Les trois philosophes grecs classiques sont en effet un trio formé par Socrate lui-même, Platon et Aristote.
Un trio maîtres -élèves avec un écart d´âge entre chacun de 43 ans !
Le plus jeune des trois est Aristote que l´on nommait le liseur…

Sachant cela regardons à présent quelques tableaux sous un autre regard

http://aparences.net/wp-content/uploads/giorgione_trois_ages.jpg
Les Trois Ages de Giorgione

L´élève de Giorgione fut le Titien


Les Trois Musiciens du Titien ont différents âges
Deux d´entre eux, les plus âgés, étaient des personnages connus à leur époque.
Le plus vieux, mort déjà, fut le maître du “pianiste” et ce dernier du plus jeune.

Pourquoi la musique me direz-vous?
Sur le Giorgione le cadet regarde une partiture.
La musique et les mathématiques se tiennent la main,
mais pour Pythagore la musique était le summum, la source de la Création,
le Bing Bang, le Verbe, l´ArKho , la Parole ou Symbole Perdu de Dan Brown.



Allégorie du Temps Gouverné par la Prudence, œuvre du Titien (1565)
Le Titien, son fils Horace et son petit fils Marco Vecellio incarne cette prudence
 La protection du Loup, la force du lion et la fidélité du chien
Le loup est à la fois le symbole du père Mars ou pour être plus exacte de
Quirinus ( voir aussi ) et de la mère nourricière du premier roi de Rome.
On y lit :
Ex praeterito | Praesens prudenter agit | Ni futuru(m?) actionem deturpet
Sur la base du passé | le présent prudemment agit | pour que le futur ne ruine pas l’action

 

 Sont-ce Anaximandre, Pythagore et Platon ?
Anaximandre fut le premier a introduite le terme arkhé et la synarchie
Pythagore, son élève fut le premier à se définir comme philosophe « amant de la sagesse ». Son buste le représentée coiffé d´ un bandeau.
Puis Platon qui était très « pythagoricien » surtout dans son Timée. Il l´était d´avantage encore dans son enseignement oral, où il disait les Nombres antérieurs aux Idées
.

Mais le personnage central ressemble à un orientale par sa coiffe et plus exactement à Averroès,

philosophe, théologien islamique, juriste, mathématicien et médecin musulman andalou présent à l´école d´Athènes
en haut de Pythagore alors qu´au bas nous avons l´architecte Marcus
Vitruvius Pollio

http://fr.wahooart.com/Art.nsf/O/5ZKEAE/$File/Raphael+-+Raffaello+Sanzio+-+Stanze+Vaticane+-+The+School+of+Athens+(detail)+%5B04%5D+.JPG

Quoi qu´il en soit nous avons longuement parler de ce Giorgione en l´assimilant aux Rois Mages et
à la triade philosophique qui attend devant la
Caverne de Platon pour illuminer les hommes.
Aussi à propos de
TENIERS qui inverse ce Giorgione sur ses Galeries.

On retrouve des ressemblances avec ses
TROIS PHILOSOPHES et d´autres personnages des œuvres de Giorgione.



Moise et la Preuve du Feu
Trois personnages bien semblables à ses trois philosophes, entourent le juge de la preuve, comme témoins mais aussi conseillés…

comme MAGISTRATS, puisque c´est le mot qui mal traduit donna MAGES.


L´Adoration des Bergers où st Joseph ressemble au plus ancien des Philosophes, comme sur le Botticelli du haut de page où Joseph était Platon.


L´âge d´Or
Les Philosophes sont immortels ( paon) et donc vont au Paradis au même titre que Jésus
Face au Christ, une panthère animal attribué à Bacchus qui rappelle le Jean Baptiste de Léonard de Vinci et
celui de Raphaël de sa Madonna dell´Impannata.
La montagne figure Saturne, qui donna notre diable, surveillant son ère dorée.


 POUSSIN, LE LORRAIN, DUGHET UNE TRIADE PLATONICIENNE ?

Apres avoir lu tout ce qui précède que dire de cette Triade : NICOLAS POUSSIN, CLAUDE LE LORRAIN ET GASPARD DUGHET par  Chevignard ?

A vous d´en conclure :  Poussin fut- il un adepte de l´Académie d´Athènes comme philosophe stoïque, un de ses héritiers ?
 Un Arcana Arcanorum , détenteur du Secret des Secrets ? Se taisant comme Zénon.

 

Secret qu´il sut transmettre par ses tableaux, surtout ses deux versions des Bergers d´Arcadie dont l´anagramme de ET IN ARCADIA EGO… donne

I TEGO ARCANA DEI  ( Je garde le Secret des DieuX ) et par son influence artistique sur les générations à venir ?


L´Académie de Florence était composée aussi par les artistes graphiques.
Son
sceau le dénonçait-il comme détenteur du Secret transmis depuis l´antiquité, originaire du monde égyptien, non absent sur ses toiles ?

D´après le travail de Mr Christian Attard  sur sa page Arcana Dei à propos de la nature de ce secret il écrit : 

« Le processus initiatique viserait par paliers successifs à obtenir la "séparation lunaire" puis "solaire" des différents corps de l'adepte pour enfin créer un corps de lumière ou corps de gloire. Et c'est bien là encore démarche d'alchimiste. Ainsi se rapproche-t-on du grand mystère alchimique de "l'arcane de Dieu", car c'est ainsi que les adeptes nomment, le trésor des trésors,  le grand œuvre inaccessible, dit-on sans le don de Dieu et la somme de leurs bonnes œuvres. »
Ceci ne rappelle-t-il pas la phrase de Plotin et résume sa philosophie de vie ?

Nous avons rencontré le Soleil et la Lune puis le lemme Beauté, Force, Sagesse lors des chapitres qui forment LES TROIS PILLIERS DE L´ARCADIE
Je crois que la réponse est simple !



LES ARCANA ARCANORUM : POUSSIN et LES FEDELI D´AMORE

ET IN ARCADIA EGO ou LES FEDELI D´AMORE

Certains diront que l´Académie platonicienne de Florence remonte trop loin dans le temps par rapport à Poussin ou à Ingres. Sa création sûrement…
mais il faut parcourir encore plus de mil ans à rebours pour retrouver son modèle, celle de Platon à Athènes, logée dans des jardins qui abritaient
le TOMBEAU d´Académos.


D´ailleurs c´est tout un honneur pour un peintre d´être traité au même niveau qu´un philosophe.
Albert Dürer laissa constance de ce fait sur son
autoportrait de 1497 et par écrit à son ami Pirckheimer en 1506 :
« Ici [à Florence], je suis un seigneur, là-bas [à Nuremberg], un parasite. »
 
Ainsi nous retrouvons l´
Empereur Charles Quint ramassant le pinceau du Titien.

Comme nous avons vu reproduite une scène où Appelle, signalant un enfant caché derrière sa toile,

osait imposer le silence à Alexandre le Grand, en tenant le doigt sur ses lèvres.

Ces deux derniers sont présents aussi bien sur l´Ecole d´Athènes de Raphaël comme sur l´Apologie d´Homère par Ingres.
D´ailleurs Ingres était un admirateur de Raphaël et lui à son tour d´Appelle.

Les
portraits et les autoportraits sont bien parlants comme nous savons, puisque les artistes s´y dévoilent et aiment à le faire avec leurs prochains,
par exemple l´autoportrait du
Guerchin rapporte par son symbolisme aux  « Fedeli d´Amore »




Cérès par Giorgione
Remarquez les montagnes du fond qui ressemblent à
celles des Bergers de Poussin.






 

Autoportrait du Guerchin sur lequel il se représente

peignant les symboles des Fedeli d´Amore
dont il devait partager les idées.


LA PIERRE PHILOSOPHALE

Ces Fidèles d´Amour ; littéralement les Epris d’Amour, les Amants, ce sont les deux qualifications qui correspondent le mieux à ces mystiques ;
 auraient disparu vers la fin du Moyen- Age pour partir en Orient, chez nos Rois Mages.


Un peu avant était apparue la légende du Roi- Prêtre Jean, l´un de leur supposé descendant !

Faut-il prendre ce fait littéralement ?
Non puisqu´il s´agit d´une légende donc de quelque chose qu´il faut savoir lire.


« Au-delà de la Perse et de l'Arménie, s'étend un merveilleux royaume dirigé par le Prêtre Jean.
Cette terre est traversée par un fleuve provenant du Paradis, charriant émeraudes, saphirs et rubis.

Toutes les valeurs chrétiennes sont respectées à la lettre. [Ces valeurs sont l´Amour et le respect d´autrui ]
Le vol, la cupidité, le mensonge sont inconnus.
Il n'y a pas de pauvres.
Surtout pas le Prêtre Jean, dont le palais sans fenêtre est éclairé de l'intérieur par toutes les pierres précieuses dont il est paré
 »
 
Extrait d´une lettre en latin, rédigée par un certain « prêtre Jean » et adressée à l'empereur Manuel Ier Comnène de Byzance.

La dernière phrase parle de l´intérieur de soi où loge la Pierre Philosophale.
Notre corps est une enveloppe terrestre faite de glaise …
donc…Visite l´Intérieur de la Terre…

LA GEOSOPHIE

Bien entendu, quand on parle des Fidèles d’Amour, l ’Orient dont il s’agit,
 qu’ils soient orientaux ou occidentaux, n’est pas l’Orient géographique, mais l’Orient métaphysique,
à savoir, en termes de
GEOSOPHIE, le Monde de l’Ame ou Orient, d’une part, la Terre supra céleste ou Orient de l’Ame, d’autre part.
Jetons un coup d´œil à la fameuse Ecole de Raphaël.


 
Détail de l´Ecole d´Athènes par Raphaël.

Juste à droite d´Euclide ;  qui prit les traits de Bramante sous le pinceau de son élève Raphaël, l´architecte responsable de la coupole de Saint Pierre à Rome

où se déroule la scène de la fresque ; tandis qu´à gauche, côté de l´orient des cartes, nous avons la sphères céleste et la terrestre  tenues respectivement
par  Strabon et Ptolémée ( couronné )  et plus à l´orient encore les peintres le Sodoma et Raphaël, architecte également en Apelle.

Nous retrouvons ainsi le trio : ROI- SACERDOTE- ARCHITECTE ! sur le dos du philosophe mathématicien qui porte la signature de l´artiste.

Ptolémée, qui soutient la Terre, est très féminin ici. Il ressemble plutôt à l´Anima Mundi couronnée.

Donc plus que d´un voyage physique il s´agit plutôt d´un voyage métaphysique initié par les « Fedeli d’Amore »

LA SOPHIE DES « PLATONIQUES »

Que savons nous de ceux-ci… en occident, ce que Dante en dit dans sa Vita Nova ou Cavalcanti dans ses Rimes.

 Les « Fedeli d’Amore » est d´ailleurs le nom que se donnaient certains compagnons de Dante.

 René Guénon précise :
« 
Les différentes « DAMES » célébrées par les poètes, se rattachant à la mystérieuse organisation des « Fidèles d’Amour », depuis Dante, Cavalcanti et leurs contemporains jusqu’à Boccace et Pétrarque, ne sont point des femmes ayant vécu réellement sur cette terre ; elles ne sont toutes, sous différents noms, qu’une seule et même « Dame » symbolique, qui représente l’Intelligence transcendante (MADONNA INTELLIGENZA de Dino Compagni) ou la SAGESSE DIVINE »  

 « 
C’est elle qu’il nomme ailleurs l’ANGE ESPRIT-SAINT

 Guénon et Julius Evola repoussent
« 
les interprétations esthétiques et réalistes qui veulent rapporter tout à des femmes réelles

et à des expériences d’un simple amour transposé, sublimé et hyperbolisé par le poète ».

« 
qui font entrer en jeu de pures abstractions doctrinales ou des personnifications d’une Gnose (« la Sainte Sagesse »),
conçue comme un pouvoir d’illumination, mais sans aucun rapport réel avec la force de la féminité 
».

Puis Novalis en 1797
« Ce que j’ai pour Sophie, c’est de la religion – pas de l’amour. L’amour absolu, indépendant du cœur, fondé sur la foi, est religion »

Par contre Rûzbehân Baqlî fait une distinction :
« 
entre les pieux ascètes ou soufis qui n’ont jamais rencontré sur leur voie l’expérience de l’amour humain, et les Fidèles d’amour

pour qui l’expérience d’un culte d’amour voué à un être de beauté est l’initiation nécessaire à l’amour divin et en reste inséparable. »

 René Guénon rappelle que
 « 
La doctrine des « Fidèles d’Amour », n’était nullement anticatholique »

Henry Corbin dit d´ elle qu´elle est une religion

« où chaque être humain est orienté à la recherche de son GUIDE PERSONNEL ».

L’histoire des Fidèles d’amour est donc avant tout  l’histoire d’une
religion divine, nullement dirigée contre la religion extérieure

Il s´agit d´une tradition initiatique d´après Julius Evola

 « Les expériences qu’ils ont rapportées, doivent être ramenées aux MYSTERES DE LA FEMME ;
 elles avaient essentiellement lieu à un niveau hypersensible et étaient pourvues d’un CARACTERE INITIATIQUE 
».


Et elle l’est en ce sens qu’elle ne prétend pas aboutir à un paradis terrestre, mais bien au paradis céleste,

en d’autres termes non pas à l’Orient, mais à l’Orient de l’âme, et au-delà encore à l’Orient de l’être, à l’Etre, à l’Un-unifique.


Julius Evola, de son côté, en parle comme d’un « 
Ordre secret d’initiés ».
« 
les nombreuses dames chantées par les poètes, à partir de Dante, sous quelque nom qu’elles fussent connues, étaient seulement une, l’image de LA SAINTE SAGESSE,
de la GNOSE, c’est-à-dire d’un principe d’illumination, de salut, de connaissance transcendante 
»

 Il reconnaît aussi que « le rôle que jouait la femme réelle dans de telles expériences demeure une question non résolue ».

Pour Henry Corbin
« 
ce que les Fidèles d’amour voyaient, c’était à la fois l’ANGE INTELLIGENCE - Sagesse
et telle figure terrestre, mais cette simultanéité n’était actuelle et visible que pour chacun d’eux
 ».



De bien longues définitions pour dire que la Dame, malgré les différents noms qu´on lui donna, était la même pour tous ces amants des Beaux-arts.

Qu´on l´appela Gabrielle, « Force de Dieu », messagère divine par excellence, dont le diminutif est Belle ou Bella comme la mère de Dante ;
ou Béatrice « la Bienheureuse » amie imaginaire du poète italien si liée au chiffre 9 !
Sa fille Antonia, qu´il eut avec sa femme Gemma «  pierre Précieuse » ( on le maria à l´âge de 12ans ), pris le nom de Sœur Béatrice quant elle entra dans les ordres.
Béatrice Portinari que Dante nommait « 
LA TRES BELLE ET HONNETE FILLE DE L'EMPEREUR DE L'UNIVERS, QUE PYTHAGORE NOMMA PHILOSOPHIE»
est vue par beaucoup aujourd´hui comme la THEOLOGIE alors que Virgile correspondrait à la RAISON NATURELLE du poète, magistrat et politicien engagé.



 « Aristote, cet homme qui construisit avec ses pensées une demeure si vaste que la science occidentale pouvait y habiter pendant deux mille ans, contribua, par les idées qu'il a inculquées à Alexandre, à créer les conditions nécessaires à la réalisation de ce même Occident. Sans Alexandre, nous connaîtrions à peine le nom d'Aristote.
Sans Aristote, Alexandre ne serait jamais devenu l'Alexandre que nous admirons

P. Bamm, « Alexander oder die Verwandlung der Welt »

« Puisque les philosophes ne peuvent devenir rois, il convient que les rois deviennent philosophes »

Platon « Lettre VII ».


 

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