Le Coin de l´Enigme :

L´Art, Porte vers l´Au-delà
ou
Le Titien et les Rois de Sion


Maintes fois nous avons croisé la figure de l´empereur Charles Quint sur ce site :
à propos des
Rois de Sion, mais aussi à travers l´étude du tableau du Louvre Célestin V rendu fameux par l´Enigme de Rennes-Le-Château,
dont j´ai souligné l´ anachronisme qui ne semblait choquer personne, trop occupés au tracé de lignes, peut-être.
[ Célestin né entre 1209- 1215 mort le 19 mai 1296 ; tandis de Charles est né le 24 février 1500 et mort le 21 septembre1558
il en va de même pour ses contemporains le frère de ce dernier puis François Ier ]

 
Vers la fin de page du chapitre dédié au pape Célestin V j´avais mis l´image de Charles Quint devant un tombeau…d´Arcadie

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 « AXI MAXIMO I MINIMUM »

A vrai dire Pierre Revoil,  artiste très scrupuleux côté historique, représente un Charles Quint, tenant le livre de saint Augustin, méditatif.
C´est bien cet objectif, la méditation qui poussa l´empereur du saint Empire à abdiquer tout comme le fit Célestin V quelque siècles auparavant.
Charles laissa les affaires d´état réglées et son testament à jour avant de partir définitivement pour Yuste.
Ce saint Augustin, nous mènera à un autre tableau fort particulier.

 
Allégorie de l´abdication de l´Empereur Charles Quint le 25 octobre 1555 à Bruxelles par Frans Francken II – 1620
 
Louis Gallait, Abdication de Charles Quint


Charles Quint, un peintre et un devin…

Ce fut Frédéric II de Gonzague ou de Mantoue ( voir la relation de cette famille avec les Rois de Sion et le Saint Sang de Mantoue ) qui présenta le Titien à Charles Quint,
lors d´un voyage à Bologne entre 1532-1533 pour son couronnement comme empereur du Saint Empire Germanique.
 L´artiste fit un portrait de l´Empereur en armure, aujourd´hui disparu, mais il est évidant que Charles apprécia beaucoup ce travail,
 bien que le « César », comme l´appelait son ami Erasme de Rotterdam, ne lui paya qu´un ducat et donc Frédéric ajouta les 150 restants de sa bourse.



 
 Couronnement d´après de Gaspard CRAYER puis au bas Pierre Paul Rubens Couronnement et Abdication de Charles Quint.
 

En 1533 toujours à Bologne le Titien reçut cette fois un payement royal initiant ainsi une relation très solide entre l´artiste et son commanditaire,
 qui dura plus d´ un quart de siècle. L´Empereur le nombra” premier peintre “ de la couronne espagnole,
lui accordant le titre de Conte Palatino et Cavaliere dello Sperone d'Oro, un honneur sans précédent pour un peintre.
Ses fils furent élevés à la dignité de nobles de l´empire.

En 1548 l´artiste invité lors des célébrations des Diètes d'Empire à Augsbourg, peignit l´innovateur portrait équestre de Charles à la bataille de Mühlberg,
rassemblant de son pinceau tout le pouvoir impérial.
Il culmina ainsi son prestige social et prospérité économique puisqu´en 1540 il reçut une pension annuelle de 200 couronnes d´Alphonse Avalos,
 marquis del Vasto, gouverneur du milanais, que l´empereur n´hésita pas à doubler lorsqu´il prit en charge le trésor de Milan. 
En 1542 il obtient un contrat pour approvisionner de grain sa ville natale Cadore.

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Charles Quint ramassant le pinceau de Titien par Bergeret Pierre Nolasque vers 1800
Symbolisant ainsi l´amitié du monarque et de l´artiste comme le furent Apele et l´Empereur Alexandre.
Ils sont accompagnés par Isabelle d´Est dont l´artiste fit le portrait déjà vers 1534-36, seule responsable de la présentation de l´artiste à la court de Mantoue et de là à Charles.

J´aimerai ajouter les forts liens qui l´unirent à
Giorgione, artiste de grande influence à travers les âges, rencontré maintes fois sur ce site.

 A l'âge de 9 ou 10 ans, Titien et son frère commencent leur apprentissage dans l'atelier de Sebastiano Zuccato, un artiste en mosaïque.
Après quatre ou cinq ans,Titien entre dans l'atelier du peintre Gentile Bellini, puis dans celui de son frère Giovanni Bellini, à cette époque, l'artiste le plus réputé de Venise.
 C'est là qu'il fait la connaissance de Giorgio da Castelfranco, plus connu sous le nom de Giorgione.
Ils deviennent amis et associés, et en 1508 travaillent ensembles sur bon nombre d´œuvres comme les fresques extérieures du Fondaco dei Tedeschi
Ce qui rend très difficile l´identification des œuvres : Giorgione ? ou Titien ?

Deux ans plus tard, Giorgione meurt de la peste et il est très probable que ses tableaux restés inachevés, aient été terminés par Titien,
comme Le Concert champêtre, de Giorgione et/ou de son disciple Titien: probablement Giorgione (et Titien ?) jusqu'en 1510, puis Titien ( au Louvre ).


 
Ces deux Maîtres furent les leaders de la nouvelle école de l´”art moderne” de la peinture
 qui devient sous leurs pinceaux une exécution plus flexible, libérée de la symétrie et de la solennité présente chez Bellini.

La relation du Titien avec Philippe II fut également fructifère et aussi intense qu´avec son père.
Leur correspondance ininterrompue commença en 1552 et les commandes furent incessantes.

Voilà pour l´instant la relation de Charles avec l´artiste, pour le mage :
 Charles Quint voulut faire venir le fameux John Dee comme astrologue personnel. Dee circulait dans les courts européennes à cette époque,
bon nombre d´elles appartenant à l´Empire. On ne sait pas si celui-ci accepta au moins de faire son horoscope.
Six ans plus tard Dee fit la carte astrale du prince Philippe à Londres, pour son mariage avec Marie I Tudor, sœur d´Isabelle,
alors que le Titien peignait son portrait pour la reine catholique anglaise.

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Ecce Homo de 1547 et  Le Prince Philippe datant de 1550 par le Titien
Remarquez les traits des visages sont semblables. Titien n´a jamais mis les pieds sur la péninsule


La même année 1555, Dee fut arrêté et accusé d’avoir « calculé » les horoscopes de la reine Marie et de la princesse Élisabeth ;
en ce qui concerne Marie, les accusations furent aggravées, allant jusqu'au chef de trahison.
Dee comparut devant la chambre étoilée, la Camera Stellata, tribunal du Palais de Westminster et réussit à se disculper en partie,
à condition de subir un examen religieux pratiqué par le prêtre catholique Edmond Bonner,
 tristement célèbre dans son rôle joué lors de la persécution des hérétiques sous le règne de Marie.
Cet épisode sombre ne fut que le plus dramatique d'une série d’attaques et de calomnies auxquelles il n'allait cesser de devoir faire face.
 Quoi qu'il en soit il réussit une nouvelle fois à se disculper et même à devenir un proche de Bonner.

Johon Dee, qui écrivait «  en miroir » comme
Léonard de Vinci, dédia durant plus de trente ans à la communication angélique,
afin d´apprendre le langage universel de la création et obtenir l´unité pré-apocalyptique de l´humanité.
Ce type de communication était très convoitée à cette époque comme nous avons constaté en étudiant le
Jardin de Délices du Bosch.
 
En 1552, Dee connut Gerolamo Cardano à Londres. Ce dernier en 1554 fit l´horoscope de Jésus Christ à Bologne.
 De leur amitié naquit, soit disant la machine de mouvement perpétuel, ainsi qu´un bijou qui prétendu posséder des propriétés magiques.
 
 
Charles Quint à Yuste regardant avec les moines deux automates

La représentation de programmes astrales, de type descriptif, nous les rencontrons déjà avec Charles Quint à Naples
 afin d´ indiquer l´ascension de l´âme de l´empereur aux Cieux.
Nous constaterons l´importance de ceci qui est l´essentiel de ce chapitre dédié à l´Art comme Porte de l´Au-delà
 
Heinrich Cornelius Agrippa von Nettesheim avait déjà calculé les cartes astrales de Maximilien I et de son petit fils Charles

Ce mage anglais, John Dee était aussi expert, dit-on, en talisman. Mais l´Empereur resta-t-il sans talisman ?

 

La Lance du Destin : qui la possédera, aura le Monde

J´aimerai développer ici l´étude de ce tableau du Titien déjà en ligne sur ce site dans un chapitre différent ( voir )
 

 
Portrait équestre de Charles Quint à Mühlberg, également appelé Portrait de Charles Quint à cheval
Œuvre du Titien datée de 1547-48
 

 
 A comparer avec les figures équestres de Van Dyck représentant Charles Quint et celle de Rubens, Philippe II

Il semble que la toile n’eut jamais été commandée par le monarque, mais par sa sœur Marie d’Autriche.
Une anecdote raconte que la toile aurait été emportée par le vent alors qu’elle séchait, et que la zone du cheval fut abîmée.
Les fissures furent alors réparées par un autre artiste, Christoph Amberger. Les études par radiographie confirment de tels dommages.

Commémoratif de la victoire de Mühlberg, bien que le paysage et le visage soient paisibles.
Elle rappelle les statues équestres de l´empereur Marc Aurèle et le
Chevalier, la Mort et le Diable de Dürer.

La simplicité de l´œuvre n´est qu´apparente et cache une complexe symbolique
qui dépeint l´empereur avec sa double condition à la fois de « soldat du Christ » et d´héritier de la tradition impériale romaine.

Cette lance tenue par le personnage est symbole du pouvoir des césars, mais est aussi l´arme de saint Georges et la lance de Longin.
Voir le
tableau de Jules Romain représentant Longin avec sa lance à Mantoue.

Comme saint George qui terrasse le Dragon, animal associé aux hérétiques, Charles Quint lutta contre le protestantisme.
A ce sujet voir la statue du Musée du Prado qui accompagne le titre de ce chapitre.
 Il s´agit d´une œuvre de
Leone y Pompeo Leoni de 1551-53 qui présente Charles Quint comme empereur romain, soit César enchaînant “el Furor”, la Furie païenne.
L´armure peut être quittée et ainsi l´empereur ressemble à un héros classique.
Leoni fit de même avec Ferdinand Ier Gonzague
, fils de François II de Mantoue et d'Isabelle d'Este, qui alla dès l'âge de 16 ans à la cour du futur empereur Charles Quint,
auquel il resta fidèle toute sa vie. Il prit part au sac de Rome en 1527, où il pilla même les palais de ses propres parents.
Mais son bâton ne termine pas en forme de lance, comme celle de l´Empereur.
 


 Revenons à ce Leoni du Prado l´armure montre la Toison d´Or, puis un médaillon avec le Dieu de la guerre, Mars et enfin un triton mythologique,
symbolisant son pouvoir sur les terres d´outre-mer.



Passons à la Sainte Lance, celle de Longin, dite du Destin mais aussi du Christ

Origines explique ainsi le sang et l´eau qui jaillirent de la plaie ouverte par cette lance,
ils représentent l´Eglise spécialement les sacrements du baptême et de l´Eucharistie qui fluent de la côte comme Eve sortit d´Adam.

 Cette lance n´apparaît que dans l´évangile de Jean (19:33-34);
  tandis que Longin n´est pas nommé dans la bible mais dans l´apocryphe de Nicodème qui donna aussi des noms aux deux larrons.

Il existe plusieurs reliques partageant ce titre :
La lance du Vatican, retrouvée soit disant à Jérusalem dont il manque la pointe qui serait à Sainte Chapelle de Paris entre autres.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/91/Mandeville_Sainte_Lance.jpg
L’empereur de Constantinople tenant la Sainte Lance de Rome

 La relique parvint à Rome en 1492. Au début du XVII siècle, Urbain VIII fit aménager par le Bernin quatre loggias dans les quatre piliers soutenant le dôme de la basilique, pour y placer les quatre plus importantes reliques de Saint-Pierre de Rome : fragments de la Vraie Croix dans le pilier de sainte Hélène,
le Volto Santo dans celui de la Véronique ; le crâne de Saint André dans le pilier du même nom ; et enfin le fragment de la Lance dans le Pilier de Saint Longin
.

http://fr.wahooart.com/Art.nsf/O/8XY4PN/$File/Gian-Lorenzo-Bernini-St.-Longinus.JPG
Saint Longin par le Bernin statue colossale au Vatican

La sainte lance d´Antioche découverte lors de la première croisade sous l´autel de saint Pierre d´Antioche
qui laissa perplexe la noblesse qui avait vu celle de Jérusalem à Constantinople, mais elle remonta le moral de la troupe.
Elle fut très tôt oubliée.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/7e/Holy_Lance_Antioch.jpg/683px-Holy_Lance_Antioch.jpg
Enluminure du XV siècle, découverte de la lance d´Antioche

Remarquez que sur les trois dernières illustrations les lances sont semblables à celle tenue par Charles Quint sur ce Titien.

La Sainte Lance du Saint-Empire romain germanique,
dont la première trace se retrouve, dans l’Antapodosis de Liutprand de Crémone,
 toute fois sans la nommer comme relique, au X siècle

Vers l´an 921 le comte Samson fit appel à Rodolphe II de Bourgogne pour qu’il prenne le royaume d’Italie et en chasse l’empereur Bérenger Ier de Frioul.
 À cette occasion, Samson remet à Rodolphe la Lance. Selon Liutprand, le roi allemand Henri l’Oiseleur désirait l’avoir et menaça Rodolphe II d’envahir ses États.
Rodolphe céda et Henri lui fit de riches présents, entre autres une grande partie de la Souabe.

Elle passa ensuite aux divers empereurs du Saint-Empire romain germanique comme point d’appui symbolique de leur pouvoir.
Elle sera gardée à la cathédrale de Magdebourg, fondation d’Otton le Grand. Elle fut bien entendu intégrée au rituel de leur sacre.
On considérait à l’époque que cette lance avait été forgée avec un clou de la Passion.

L’empereur Conrad (1027-1039) fit confectionner un reliquaire d’or en forme de croix gemmée pour y loger la Lance et un morceau du bois de la Vraie Croix
Ce reliquaire est toujours à Vienne.
 L’empereur Henri IV (1050-1106) fait placer sur la lance la feuille d’argent qui désigne cette relique comme clou de la Passion fixé à la Lance de Saint Maurice.
 Saint Maurice, légionnaire romain martyr à la fin du IIIe siècle est le saint patron du Saint Empire romain germanique depuis Henri IV.
Il n’est pas encore question, à l’époque, de Sainte Lance, mais d´une lance avec des reliques, croix, clou…

Ce ne sera qu´au début du XIII siècle qu’un document pontifical désignera cette lance comme une double relique : Lance de Longin + clou de la Passion.
 En 1350, l’empereur Charles IV la transfère à Prague, et obtient du pape Innocent VI le droit de faire célébrer dans tout son empire une Fête de la Sainte Lance.
Cet empereur fit placer la feuille d’or identifiant la relique comme "Lance et Clou du Seigneur".
La lance fut ensuite transférée à Nuremberg à partir de 1424, par ordre de l’empereur Sigismond qui déclara :
« C’est la volonté de Dieu que la couronne, le globe, le sceptre, la croix, l’épée et la lance du Saint Empire Romain ne quittent jamais le sol de la Patrie ».
 Cette collection est appelée Reichskleinodien ou "regalia impériaux".

La dite Sainte Lance est donc recouverte d’une feuille d’argent et d’une feuille d’or. On peut y lire, sur celle d’argent, l’inscription datable de 1084 :
« CLAVVUS + HEINRICVS D(EI) GR(ATI)A TERCIVS ROMANO(RUM) IMPERATOR AVG(USTUS) HOC ARGENTUM IVSSIT FABRICARI
 AD CONFIRMATIONE(M) CLAVI LANCEE SANCTI MAVRICII + SANCTVS MAVRICIVS » :
"Clou + Henri par la Grâce de Dieu Troisième empereur des Romains Auguste a ordonné que soit faite cette bande d'argent
 pour attacher solidement le Clou et la Lance de Saint Maurice + Saint Maurice
".

Sur l´or on lit « LANCEA ET CLAVUS DOMINI » -
"Lance et Clou du Seigneur".
 
On suppose qu’il s’agissait à l’origine d’une insigne royal burgonde, liée au culte de saint Maurice,
d’où la légende tardive qui voulut que Maurice, soldat romain de la Légion thébaine, ait utilisé la Sainte Lance de Longin pour combattre.


         

 1- Lance de La “Furia”- 2- celle de Echmiadzin -3-4-5- celle Vienne ou Lance Hofburg -6-Dessin de la Sainte Lance du trésor des Habsbourg d’après F. de Mély
-7- celle du Vatican, la plus ressemblante -8- celle du tableau du Titien-9-celle de Cracovie


Dans la Chanson de Roland, on retrouve la pointe de la Sainte Lance enchâssée dans le pommeau de Joyeuse, l’épée de Charlemagne
Epée présente lors du sacre de Charles Quint accompagnée également de sa couronne impériale.
Couronne qui rappelle les rois David et Salomon.
Rappel d´une ascendance qui rapporte à une autre lance.

 « La lance sanglante » dans le roman mystique de Chrétien de Troyes, Perceval ou le Conte du Graal.
Bien sûr on pense à la lance de Longin, Chrétien de Troyes ne pouvait l’ignorer, mais nulle part il n’est dit que ce soit celle-là.
 Cette lance, élément secondaire chez Chrétien de Troyes, prend une importance plus grande dans la version allemande, le Parzival de Wolfram d'Eschenbach.
 Au XIX siècle elle devient un élément central de la version lyrique de Richard Wagner, Parsifal.

Donc d´après vous le Titien représenta-t-il Charles Quint avec ou sans sainte lance ?



La Religion Sauvée par l´Espagne du Titien 1566-75 (168 x 168 cm) au Prado
Au fond Neptune associée aux turcs tandis que la religion catholique est une femme nue, rappelant Marie Madeleine, à ses pieds le calice et la croix et derrière elle un nid de vipères.
Celle-ci est soumise à sa salvatrice et non le contraire. La lance bien entendu est présente.

Commande faite par Philippe II au Titien qui arriva avec L´Offrande de Philippe en 1577 pour commémorer la victoire de Lépante en 1571 et la naissance de héritier Fernand,
offert aux cieux par son père. Les Cieux acceptèrent car l´enfant mourut 7 années plus tard.  D´ailleurs l´ange donne la palme de martyr au bébé.
Ce tableau rappelle le sacrifice d´Isaac par Abraham
mais de finit pas de la sorte.


Le Titien décédera un an plus tard, ce furent là ses derniers tableaux, avec la Piéta qui devait servir à décorer son tombe.
Inachevée à sa mort, l'œuvre sera terminée par Palma le Jeune.

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La Pietà par le Titien 1576 à la Galerie de l´Académie de Florence.
L´artiste est agenouillé devant le Christ. On retrouvera l´artiste sur le tableau suivant.


La « Gloire » du Titien, Porte de Charles Quint


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Titien « la Gloire » au Prado avec Charles Quint couvert que d´un linceul
Commandé entre1550-52 fini en 1554, mesurant 346 x 240 cm, aujourd´hui au Prado
Tableau appelé aussi la Trinité, le Jugement Dernier, ou le Paradis


Charles Quint couvert de son linceul prostré devant la Trinité qui trône au haut de la toile

A notre gauche la Vierge Marie et saint Jean Baptiste, suivent des personnages de l´Ancien Testament reconnus à leurs attributs.
Prophètes, évangélistes, dont saint Jean avec son aigle qui tient un rouleau de papier avec la signature du Titien, puis Moïse et Noé.
La figure de dos, habillée en vert est associée à la Sibille Eritrea qui prophétisa le jugement dernier, ainsi qu´ à sainte Marie Madeleine ou à l´Eglise de Rome.
Derrière elle le Roi David tenant un instrument musical, son habit est fourré d´hermine royale.
Charles Quint s´identifiait à ce roi biblique dont descendait le Christ.

A droite les anges accompagnent les membres de la famille impériale enveloppés dans des suaires, qui prient ou supplient. A leur tête Charles Quint.
Les deux anciens sont Pierre Arètin et le Titien, lui-même.
Les écrits du premier sur l´art et surtout au sujet du Titien proportionnèrent de multiples commandes au second
et donc c´est à Arètin que l´artiste doit son prestige international.

 

La couronne est aux pieds de l´Empereur, derrière celui-ci sa femme Isabelle du Portugal qui mourût bien des années avant Charles ;
 puis Philippe II, sa fille Jeanne d´Autriche, Maria d´Hongrie et de Bohême, Eléonore, reine de France et du Portugal.

Le tout forme un œuf qui survole le monde terrestre paisible sur lequel quelques pèlerins marchent.
C´est la Citée de Dieu de saint Augustin qui décrit la Gloire que recevront les Bienheureux.
Ce nom de Gloire fut donné par José de Siguënza, nom qui a partir de 1601 lui fut assigné definitivement.

Cette toile devient dévotionnelle quand Charles Quint, qui l´avait emporté à Yuste demanda à l´avoir sous les yeux lors de sa mort.
Cette oeuvre l´aidait à méditer et l´absorbait au-delà du présent selon fray de Siguënza.
Elle lui fut livrée par le Titien même à Augsbourg en 1548 et depuis elle l´accompagna jusqu´à l´Au-delà.

Il faut dire que Charles Quint souhaita vivre sa cérémonie d´enterrement, vêtu en simple moine parmis ceux du chœur de l´église de Yuste.
Un peu macabre me direz-vous ? Sans doute, mais il parait  que ça revient à la mode de nos jours.


 
Momie de l´Empereur Charles par deux artistes différents, Martín  Rico et V.Palmaroli, exhumée deux fois : en 1868 lors de la Révolution Glorieuse et durant la Guerre Civile.

Les Portes de Philippe II

http://www.terminartors.com/files/artworks/1/0/3/10323/Greco_El-The_Adoration_of_the_Name_of_Jesus.jpg 

L´ Adoration du Nom de Jésus aussi connue comme le Songe de Philippe II ou l´Allégorie de la Sainte Ligue,
 ou tout simplement la GLOIRE du Greco par rapport à la Gloire de Charles Quint peinte par le Titien.

 Ce tableau serait la première commande royale faite au Greco, un genre d´examen à ce nouveau venu, après la mort du peintre de la court, Navarette le Muet,
avant de lui offrir un nouveau travail pour l´autel de la chapelle saint Maurice de la basilique de l´Escorial.
Il se peut aussi que ce fusse un cadeaux de l´artiste au monarque pour lui montrer son art.
Cette œuvre fut réalisée en 1577, un an après la mort du Titien.
Elève de ce dernier le crétois venait de s´installer à Tolède.

La nouvelle commande du Martyr de Saint Maurice lui fut accordée, mais déplut grandement à Philippe II, qui le remplaça par le tableau de Romulus Cincinato.
Là finit sa carrière auprès du Roi mais aussi à la cathédrale de Tolède, il ne travaillera plus que pour la noblesse.
Voir aussi Le Greco :
Chevalier avec la main sur la poitrine ou l´histoire du signature faussée !

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/da/El_Greco-The_Martyrdom_of_St_Maurice.jpg/398px-El_Greco-The_Martyrdom_of_St_Maurice.jpg  
Le Martyr de Saint Maurice du Greco –1580-82- remplacé par celui de Romulus Cincinato-1583- à l´Escorial.


Saint Maurice, à relier à la lance de Longin, au patronage du saint Empire, au duché de Savoie, aux malades de la goutte ( comme Charles Quint et son fils ),
est par sa légende aussi considéré comme patron de la lute contre l´hérésie.
Dû à la présence de nombreuses reliques dans la basilique et le palais de l´Escorial l´image de ce saint fut jugée indispensable dans une des chapelles.

Chez le Greco, le martyr de ce saint et de ses 6 666 soldats apparaît au second plan.
Au premier Domenikos place  saint Maurice en armure bleue et rouge, à sa gauche saint Exupère portant un étendard rouge.
Près d´eux un homme barbue vêtu d´une tunique, qu´on identifie avec saint Jacques le Mineur responsable de la conversion de la légion romaine.
Puis deux militaires entre le saint et le porte-étendard :
Le plus âgée le duc Emmanuel Philibert de Savoie, commandant les troupes espagnoles lors de la bataille de Saint Quintin et
 Grand Maître de l´Ordre Militaire de Saint Maurice.
A la droite du saint, Alexandre Farnèse, duc de Parme, qui luttait alors aux Pays Bas.
Au fond, avec la scène du martyr le portrait de Don Juan d´Autriche, demi-frère du roi, vainqueur de Lépante.

L´artiste unit ainsi la lutte des généraux espagnols contre le paganisme et l´hérésie comme le fit Maurice.
Romulus Cincinato place le martyr au premier plan et la lance, sainte ou pas, est très visible et coupe presque tout le tableau en diagonale.

Revenons à la Gloire du Greco, par tous ses noms si différents elle devient énigmatique, si non incomprise.
 Anthony Blunt la nomma Allégorie de la Sainte Ligue, alliance entre le monarque espagnol, le pape et le duché de Venise
 pour se défendre des turcs, en Méditerranée.
Ainsi on distingue facilement Philippe II, le pape Pie V avec ses cardinaux et le duce Alvise Mocenigo et don Juan de Autriche,
tous adorant le nom de Jésus , le
IHS ( lire les chapitres sur le Chrisme )

Le Lévitan bouche grande ouverte serait une allégorie du pouvoir turc.
Mais s´il s´agit d´un Jugement Dernier à droite les élus à gauche la Bête attend les impures.
Remarquons que la figure du roi est très, trop proche de ce monstre symbolisant l´Enfer.

 



Il ne faut donc pas s´étonner que Philippe II préféra quitter ce monde en méditant sur le
Jardin des Délices de Jérôme Bosch,
qu´il avait placé dans sa chambre, donnant, comme celle de son père à Yuste, dans l´Eglise.
Ce Jardin fut sa Porte vers l´Au-delà.
Une fois l´étude de ce triptyque faite, on ne peut s´en étonner, n´est-ce pas?

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