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Les Lamentations de Marie Madeleine sur le corps du Christ ,tableau  d´Arnold Böcklin fin 1800



MARIE MADELEINE,VEUVE DE JESUS ?








SUR LES TRACES DE MARIE MADELEINE



Nous avons suivi Marie Madeleine à travers les étapes de la Passion, des Noli Me Tangere, à l´Ascension et la Pentecôte. Nous avons constaté, d´après les saintes écritures qu´elle aurait pu participer de la Communion lors de la dernière Cène et qu´elle aussi  fut chargée d´une mission, l´expansion du christianisme, comme le confirme Jacques de la Voragine qui nous narra ses merveilleux miracles.

En étudiant son
iconographie, nous constations l´évolution de cette sainte femme, d´apôtre à simple prostituée repentante. Nous en sommes venus à étudier la Prostitution Sacrée.

 

Tant l´évolution de son image comme l´historique de la femme vont de paire. Plus l´Eglise s´enracine dans la société, moins la femme est importante. Plus la Vierge, inmaculée est louangée moins l´est le sexe dit faible, source de tout péché depuis Eve ! Comme si Adam ne mordit pas la pomme. Nous sommes pour Rome tous conçus par le péché du moins jusqu´à nos jours, puisque la fécondité in vitro, prend le relais… ce qui deplait fort à l´Eglise.

Nous avons aussi vu comme bon nombre de femmes, pour accéder à l´étude, se sont
travesties en homme. Etude pour laquelle leur sexe était un handicape mais pas de façon biologique, comme elles démontrèrent, mais exclusivement théologique !
Pour fuir un mariage non désiré, pour avoir du succès comme écrivain, nom qui n´existe qu´au masculin ! ( George Sand, Homère etc.… ), comme guerrière ( Jeanne d´Arc, la Pucelle ) comme politicienne mais cachée derrière un homme  souvent moins grand qu´elle ( Livia et César Auguste pour donner un célèbre exemple connu par la télévision, plus que par l´œuvre de littéraire de Graves )
Marie Madeleine se cache-t-elle derrière le
seudo Jean ? Ou, plus osé derrière Jésus ! ( Voir Clef de la Cène de Vinci )

Marie Madeleine c´est
Eve, Lilith et Pandore… Mais Eve n´est-elle pas, la mère de l´Humanité ?

Longtemps, on a même cru que Madeleine était mariée à Jésus.  Les Apocryphes circulant de façon clandestines ou de bouche à oreille, laissèrent leur trace dans l´Art. Dans la littérature codée du Moyen-Âge, les
Contes du Graal sur les illustrations des livres d´Heures, sur les tableaux et les sculptures.

Le Code De Vinci, n´a rien apporté de nouveau, ni aux amants de l´Art, ni aux chercheurs de Rennes- Le -Château, car il est impossible de ne pas passer par cette femme pour comprendre le
cryptage de l´iconographie de  l´Eglise Marie Madeleine du fameux  Béranger Saunière.

Pas plus qu´il n´a apporté aux femmes dont l´intuition captait déjà que Marie Madeleine ne fut qu´une femme avant tout, comme tant d´autres, elle dut affronter la misogynie de la société qui, malgré les siècles passés, ne trouve rien de mieux encore pour disqualifier une compagne, une mère, une épouse, que de la traiter de pute !

Marie Madeleine c´est tout ça, c´est la Femme avec tout l´amour et la douleur que la vie peut apporter.


Le succès du livre de Dan Brown s´appuie sur le fait que les gent préfèrent lire un best seller, roman à lecture aisée, à hanter les Musées, c´est moins cher et plus amusant. L´important étant la transmission des idées et là la réussite est incontestable.

Et pour ceux à qui la lecture pèse, il y a aussi le film ! Or ce n´est pas le premier à toucher la vie de Jésus et à la  montrer sous un angle différent, sans aller très loin , nous avons la Dernière Tentation, qui fut bien accueillie par le publique  à cause de sa prohibition. Elle nous présente un Jésus si humain qui couche avec Madeleine, Marie et Marthe de Béthanie. Ce ne sera que par les paroles de Paul qu´il deviendra Dieu le Fils. Ou encore le musical, Jésus-Christ Super Star avec sa magnifique bande sonore sortie en 1970.

Pourtant l´idée donnée de Judas était assez révolutionnaire, avant même l´édition de l´Evangile de cet apôtre ayant comme mission la trahison . Que dire de l´image de Marie Madeleine usant l´aromathérapie, pour tranquilliser un Jésus déjà couché, lui chantant une douce chanson pour qu´il s´endorme puis veillant son sommeil, devant Judas, le trésorier. Plus que de la jalousie c´est le désespoir qui prend sa source à différence de la misogynie de Pierre, dans le fait de la division des missions, Judas sait ce qu´il va se passer donc pourquoi aimer quelqu´un qu´on va perdre prochainement. Judas est victime de l´amour qu´il ressent envers Jésus, qui fait de lui l´Initié obéissant c´est bien ainsi que nous le présente maître
Champaigne, montrant son genoux durant la Cène, assit à la droite du Seigneur, bource en main c´est le plus tranquille et attentif des douze. Chez Vinci il est aussi assis à droite avec Marie Madeleine et Pierre.

 

Aujourd´hui l´Internet rend ce voyage à travers l´Art simple et accessible voyons où il nous mène cette fois.

 




VOYAGE A TRAVERS L´ART

 

 

         

Missel de Weingarten 1200
Missel de Blanche de Castille 1200
Andrea Da Firenze 1370

 

Traditionnellement on représente de chaque côtés de la croix deux personnages, souvent la femme porte un habit rouge, qui rapporterait à Marie Madeleine pourtant l´Eglise nous donne sa version : la Vierge et Jean. Alors que le rouge est la couleur des prostituées sacrées, qui se teignaient la chevelure, ou portaient des perruques rouges, de rigueur depuis l´antiquité.

Pourtant si on examine bien les anciens retables dédiés à la Passion sur la croix on verra que Marie, la Mère est représentée évanouie alors que Madeleine reste accrochée au pied de cet instrument de torture. On emporte la Vierge, alors, qui reste-t-il ?

De toutes façons souvent cet habit écarlate est recouvert d´un manteau bleu ou noir et bien que le bleu soit la couleur de la Vierge et le noir celle du deuil de la mère Douloureuse, ce rouge la déclare comme « Servante du Seigneur », appellation des prostitués sacrées ! ( Luc 1-38 )

Voyez la Madeleine de Van der Weyden qui habillée comme la Vierge, laisse entrevoir un pan rouge de sa tunique .


http://www.wga.hu/art/w/weyden/rogier/14pieta/5crucifi.jpg   

Van der Weyden à l´Escorial
Van der Weyden , Marie Madeleine

 

Duccio Di Buoninsegna : 1305. On emporte la Vierge aux couleurs inversées à celles de Marie Madeleine.

Duccio Di Buoninsegna : 1305. Cape noire recouvrant le rouge, mais le triptyque est dédiée à la Vierge ! Sur la partie droite la Vierge en blanc déjà couronnée, son ventre est arrondi. Je reviendrai plus tard sur ce couronnement.

Giotto 1330 : On éloigne la Vierge à tunique rouge

Giovanni Da Milano : 1350 idem

Ugolino Di Nerio : vers 1350.Tunique rouge sous cape noire.

Gaddi Agnolo : 1390. La vierge évanouie est emportée, sa tunique est rouge délavée sous sa cape, comme celle de Jean, alors que celle de Madeleine est d´une couleur radiante. Le sang du crucifié coule vers elle accrochée à la croix. Le pagne de Jésus est transparent, je reviendrai aussi sur ce détail.  Sur l´étendard les lettres S.I.O…N

Gaddi Agnolo : 1390. Trois personnages, Madeleine  sur le sol , baignée par  le sang de Jésus, semble baiser ses pieds. Cape rouge à revers bleu.

Anonyme italien : On éloigne la vierge

Anonyme italien : Voir la couleur des habit

Andréa du Castagno 1 : 1450 Tunique rouge sous manteau noir, la chevelure du front est visible.

Andréa du Castagno 2: 1455 Idem mais  le manteau ne cache pas ses longs cheveux roux. Ses mains aux doigts entrecroisés rappellent la pose de Marie Madeleine à Rennes -Le-Château je reviendrai plus tard sur ce « détail »

Altdorfer, Albrecht :  1512 Jean nous tourne le dos, alors que Marie Madeleine ouvre ses bras dans une expression qui semble dire qu´elle n´y comprend rien. Un autre Jean qui nous tourne le dos se retrouve sur un retable de maître Van Weyden ( voir plus bas )


 


Enfin on pourrait continuer ainsi, mais la liste est longue et j´ai peur d´ennuyer le lecteur.


Donc si c´est bien Madeleine qui pose du côté droit de Jésus, regardez attentivement ces deux icônes et dites moi si les abdominaux du crucifié ne dessinent pas une forme bien phallique ? Comme aussi sur l´
Andrea Da Firenze plus haut, le drapé de Jésus est transparant, malgré cela on ne voit ni devine son sexe, sauf sur les adominaux que regarde la femme.

Si cela vous semble osé alors voyez ce merveilleux
Van Eyck ou Jésus apparaît complètement nu alors que Marie de Magdala tend vers lui ses bras en forme de cercle fermé par ses doigts croisés.

Nous avons déjà un superbe
Crucifié nu à l´Escorial, œuvre de Benvenuto Cellini. On recouvre d´un voile de soie blanche son sexe pour ne pas offenser les …visiteurs.

Il apparaît dans sa nudité sur les
Très Belles Heures du duc de Berry. A droite une femme totalement en deuil tandis qu´à gauche un Jean blond très, ou trop féminin, dont les bras en cercle, reprennent le geste de Madeleine, dont il porte les couleurs rouge et vert. Sous l´Image principale le sacrifice d´Isaac par son père, qui eut lieu sous ce qui sera le Temple de Salomon.



LUCAS CRANACH, LE VIEUX

 
 

Cranach, quant à lui semble plus discret mais pas symboliquement parlant, regardons de plus près. Ce qui attire d´abord l´attention c´est le sexe très marqué de larron puis cet énorme nœud très décoratif sur celui de Jésus, qui termine par un autre nœud. Ce pagne malgré sa lourdeur semble voler. Le rond des bras de Marie et ce voile volant noué sont des symboles très frediens.

Nous avions déjà vu un joli nœud sur une nappe, celle de la dernière
Cène de Juan de Juanes. J´avais commenté qu´il n´était pas là que par simple effet esthétique, mais symbolique, toujours dans le contexte suggéré par l´artiste.

Le nœud désignait une conception d´ union et de fidélité. Le nœud de l´amour symbolise les fiançailles , moins solide que l´anneau du mariage et peut se rompre. Les nœuds peuvent également  représenter le symbole contraire, celui de la séparation. 


Regardez les bras de Marie et de Jean, ne forment-ils pas deux anneaux entrelacés ?
Bien sur que cette solidité va se rompre par la mort d´un des époux ! Mais un lien reste s´il y a une descendance.

Car le nœud symbolise aussi une naissance :  «  Le père nouait une ceinture à la taille de sa femme en déclarant qu´il lui a fait un nœud pour le défaire ensuite et lui rendre son accouchement plus facile ( Pline –23-79-)
 » On vera ce nœud plus loin sur la ceinture de Marie Madeleine, ouvrant son pot de baume.

Bien sûr il peut s´agire de la naissance du christianisme, mais fallait-il le suggérer ?


Masaccio 1426, lui met un arbre sur le prolongement de la croix : arbre vert, Jésus et Marie Madeleine sont alignés.

Tandis que quelque années plus tard en 1450-55 
Fra Angelico placera un pélican sur cet arbre lui donnant ainsi un autre symbolisme : celui de la communion ,de l´Eucharistie : «  Mangez ceci est ma chaire, buvez ceci est mon sang » puisque cet oiseau se sacrifie pour nourrir ses petits. Cet oiseau, ainsi représenté, est le Graal !


 



ROUGIER VAN DER WEYDEN

http://www.wga.hu/art/w/weyden/rogier/14pieta/1crucifi.jpg
 

Rougier de la Pasture, cet Initié comme je l´ai déjà démontré ( voir Wyden ou la Clef de l´Aiguille Creuse et Weyden et le Duc )

Sur cette
Crucifixion, dont j´avais déjà parlé à propos de la tenue légère de Jésus, où Jean nous tourne le dos, ce qui est peu commun, nous avons du mal à distinguer Marie Madeleine.

Par les couleurs employées pour cette Dame par ce maître de la peinture on dirait que c´est la femme qui soutient dans la douleur Marie, la Vierge accrochée à la croix. Cette femme porte son ceinturon très bas sous son ventre.

Quant aux deux autres figures féminines, l´une au regard tranquille dirigé vers le crucifié, tenant les doigts de ses mains croisés sur son ventre, à la manière d´une femme enceinte et l´autre, celle au jupon écarlate agenouillée qui reprend le même geste des mains, celui qui rappelle la Marie de Magdala de l´autel de Béranger Saunière. Notez sur cette dernière à présence d´un nœud au niveau du bas ventre assez rond. Où est Madeleine ? Aucun pot de baume la signale.

Les vêtements de Marie rappellent ceux d´une autre femme sur l´ œuvre nommée par Maurice Leblanc dans son roman, L´Aiguille Creuse. Arsène Lupin affirme de ce tableau qu´il est la CLEF Il s´agit du
triptyque de Sainte Colomb, dont le panneau centrale semble représenter un anachronisme, puisque Marie monstre son enfant aux Rois Mages sous un crucifie !

Qui est cette Marie ? Nous savons que le travail de cet artiste était minutieusement étudié par son mécène, le Grand Duc de Bourgogne en personne.

Revenons à sa crucifixion : Marie…Madeleine n´est-elle pas à sa place au pied de la croix !?

Nous pouvons faire la même remarque pour le
côté droit de ce triptyque de Sainte Colomb. La mère présente son enfant au Temple, et juste derrière elle nous avons cette femme qui nous regarde, rassemblant à elle seule les traits des Madeleine de Weyden c´est à dire la couleur et la forme de sa coiffe.

Donc là aussi nous avons Marie…Madeleine présentant son petit au Temple de Jérusalem.
Nous savons, pour l´avoir étudié qu´une prostituée sacrée garde sa virginité toute sa vie, même mariée et devenue mère, d´où les colombes, symboles de pureté, animaux de Vènus.


            
Antonello da Messina

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/68/La_crucifixi%C3%B3n,_by_Juan_de_Flandes,_from_Prado_in_Google_Earth.jpg/1024px-La_crucifixi%C3%B3n,_by_Juan_de_Flandes,_from_Prado_in_Google_Earth.jpg
Crucifixión Juan de Flandes. 1510 Museo Nacional del Prado
Seule Maie de Magdala reste sous la croix, à cheval il doigt s´agire de Joseph d´Arimathie. Il y a trois crânes.
Le pot de baume est fermé , mais un neoud orne la ceinture de Madeleine, richement vêtue.

Alors qui se tient à droite de la croix ?



LE SYMBOLISME DE LA CROIX

http://www.regnabit.com/image/images/phpZCCtmS.jpg



Quand  Marie Madeleine ne se tient pas du côté droit de la croix, elle l´entoure de ses bras, se baignant du sang du supplicié.

Nous avons déjà vu le symbolisme de la Croix lors de l´étude des
Cathédrales, Livres en Pierres.

«
Le vertical, le divin, principe masculin traverse l´horizontal, le passif, le matériel, l´humain, principe féminin. Qu´ y  a-t-il à l´intersection ? »

Souvent on y représente un Cœur, un Cygne ou Pélican, un Graal, une Fontaine de Vie ou la Rose du Secret.

Pour en savoir plus visitez le site de Gauth,
REGNABIT qui bien que graphique exprime très bien cette idée .

La Rose du Secret ….


Dessins de Jan Semmel

 

LE SECRET DE MARIE MADELEINE ou
CELLES QUI S´EMPARÈRENT DES SECRETS DES DIEUX
LES NŒUDS A LA CEINTURES
http://dutchrenaissanceclothing.files.wordpress.com/2012/03/magdalen_gollartie.jpg?w=560


Madeleine tenant sa jarre ouverte avec de jolis nœuds à la ceintures.
 

    

 
   

Madeleine est associée à Eve, la mère de l´humanité, mais aussi à Pandore.

Pandore, celle « qui a tous les dons » est la première femme dans la mythologie grecque. Elle fut comme Lilith, dans la Bible juive, façonnée avec de l´argile. Elle est associée à sa « boîte de Pandore », en fait il s´agit souvent d´une jarre ou d´une urne.

Elle épousa le titan Epiméthée c´est à dire un des douze ou quatorze enfants de Ouranos, le Ciel et de Gaïa , la Terre, et lui donna une fille Pyrrha, qu´on maria à Deucalion. Tous deux survécurent au Déluge et repeuplèrent la terre en jetant les « os de leur grande-mère, Gaia », c´est à dire des pierres.

Gaïa, fécondée par le sang d'Ouranos, jeté dans la mer, aurait engendré les Érinyes, les Méliades et les Géants, ces derniers si présents dans la mythologie mérovingienne.

Donc symboliquement le sang de Jésus coulant le long de la croix put féconder  Marie Madeleine, la femme n´est-elle pas un récipient symbolisé par le Graal.  La semence de l´homme ne découle-t-elle pas de son sang, porteur d´ADN ?

La jarre ou  pithos de Pandore contenait le fruit du travail humain, le fruit de la terre, symbolique de la condition humaine. Par la suite, ce sera la femme qui l'ouvrira et s'y servira, pour nourrir la famille.

Madeleine est souvent dessinée tenant un livre fermé ou ouvert mais toujours avec sa jarre, qui rarement révèle son contenu.


Comme Eve, Pandore fut avertie par Dieu, avant de commettre son irrémédiable erreur. Erreur qui plongera l'humanité dans une vie faite de maux et de douleurs.

Toutefois, la version biblique semble peut-être plus indulgente envers la femme, qui y est poussée par le serpent tentateur, et qui ne porte pas la faute seule, puisque le fruit est partagé avec Adam. Enfin ceci n´est que théorie, puisque dans la pratique Eve est la grande coupable. Coupable de distinguer le Bien du Mal, de devenir l´un d´Eux, les Elohim, les Dieux de A.T.

Eve c´est la pécheresse c´est ainsi que l´Eglise voyait toute femme. Il ne faut donc pas s´étonnait que peu de dames adhérèrent à ce catholicisme, qui comme modèle de femme prend Marie, la vierge conçue sans péché, donc objectif impossible à atteindre. Elles prenaient  bien le voile mais que pour échapper à un mariage non désiré.

Rome fut obligée à changer sa tactique et prit Marie Madeleine comme exemple. Elle qui était déjà très populaire parmi le peuple, remplaçant la déesse des sources d´où jaillit l´eau qui fertilise la terre. Madeleine devient alors  la Pécheresse Repentie et pardonnée.


Les interprétations monothéistes (judéo-chrétien, islamique), représentant la femme comme la source de tous les maux.

Au contraire, la mentalité polythéiste elle, voit Pandore comme celle qui donna à l'homme l'opportunité de s'améliorer dans les épreuves et l'adversité, ce que les monothéistes appellent les maux ! Elle lui donna aussi la force d'affronter ces épreuves avec l'espérance (l'espoir), puisque celle-ci resta dans la boîte.

Tandis que dans la philosophie païenne, Pandore n'est pas source du mal, elle est source de la force, de la dignité et de la beauté; puisque sans adversité nous ne pouvons nous améliorer.


https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/38/Jean_Cousin_the_Elder,_Eva_Prima_Pandora.jpg

Jean Cousin, Eve Prima Pandore, de 1550 (Musée du Louvre, Paris)
(Avec les attributs de Marie Madeleine, Eve et Pandore, celles qui s´emparèrent des secrets de(s)Dieu(x))

Et je me demande si Jésus, d´après l´Eglise, lava la faute d´Adam et par là celle des hommes,
 Marie Madeleine par ses larmes ne lava-t-elle pas celle d´Eve ?

 

 

 

CRANACH, LE JEUNE


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Christ et la Femme Adultère.


A comparez d´abord avec ceux de
Cranach le Vieux , ( 2 ) , ( 3 ) sur lesquels Jésus saisit la femme par le poignet  tandis qu´ici il la prend par la main.
La tête d´elle semble s´appuyer sur l´épaule de Jésus. Madeleine est souvent associée à cette femme, cette pécheresse sauvée.
Regardez son ventre arrondi, qui contrairement à une mode en vogue à cette époque ressemble bien plus à celui d´une femme en ceinte.

 « Taille étroite et très cambrée, accentuée par le coussin de plume que l'on pose sous la ceinture, seins menus, hauts et en globes, bouche petite, yeux bridés, teint blanc et diaphane, sourcils et cheveux épilés pour rendre le front haut et bombé. » La
mode de la première moitié du  XVº. S. qui faisait de drôles de silhouettes, donc attention à ne pas s´y laisser prendre.




ENGEBRECHTSZ CORNELIS

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Les Adieux de Jésus à sa Mère

Jésus prend congé de sa famille. Sur le côté droit on voit Jérusalem  qui n´est pas très loin donc il pourrait s´agire de Béthanie, puisqu´il fallait s´y rendre pour célébrer la Pâques juive. Une femme prie, l´autre pleure, seule celle habillée de rouge semble tranquille. Les regards de deux disciples se dirigent vers elle, habitée de rouge et le blond semble même lui adressait la parole. Ses mains unies par ses doigts entrelacés encerclent son gros ventre. Son état est de Bonne Espérance sans aucun doute ! Il ne peut s´agire que de Marie Madeleine puisque voyez que ce même artiste la dessine auprès de Jean Baptiste sur un autre tableau.
  Marie Madeleine porte sa jarre ouverte en signe de secret dévoilé, découvert.

On dirait un avant et un après la mort de Jésus

      
Madeleine avant l´adieu
Madeleine et Jean le Baptiste ( son pot de baume est ouvert )





LE GESTE DES MAINS DE MARIE MADELEINE



http://aparences.net/wp-content/uploads/memling_triptyque_reins.png
Madeleine de Hans Memling

Ce geste, plus ou moins joli, plus ou moins parlant se retrouve sur bon nombre d´œuvres, voyons quelques exemples :


Maître de Budapeste : Marie Madeleine ouvre ses bras, aux doigts entrelacés comme si elle berçait un petit, tout en le regardant. Elle est placée du côté gauche de Jésus, dont la tête penche avec la même inclinaison, vers Jean et la Vierge. Seul ce dernier regarde la croix.

Van der Weyden : Marie semble aussi tenir un bébé, mais ses mains qui se rejoignent sont cachées par sa cape blanche.

Van der Weyden :  Sur son fameux retable Déposition, sa Marie Madeleine reprend le geste de Maître de Budapest, les paumes vers le Christ

Duccio Di Buoninsegna : Ici c´est Jean qui entrelace les doigts mais les paumes vers le bas, alors que la femme croise ses poignets.

Jean van Eyck :
Marie Madeleine, rouquine par ses couleurs vert et rouge est à genoux, doigts croisés et paumes vers le haut, vers le Christ, que l´on transperce d´une lance, il est presque nu sous ce voile si transparent.  Deux  des femmes portent également le rouge, la première ne croise que ses mains l´une sur l´autre, tandis que la seconde pose sa main sur son ventre pendant qu´elle se mouche. Une troisième en noir entrelace ses doigts sur son abdomen, comme les vieilles qui reposent.

Andrea Da Firenze ( Voir haut de page ) Jean et Marie croisent leurs doigts mais les expressions sont très différentes. Les doigts de Jean semblent se croiser vers l´intérieur.


Albert Durer:  Sur sa gravure des Lamentations au N Inversé, Madeleine, enfin la dame à  la coiffe différente croise les doigts, ses bras sont arqués. Mais il y a une autre bizarrerie sur cette œuvre entre deux femmes, cinq en total, le corps de Jésus est placé sous la robe d´une dame orante. Celle qui se tient debout derrière Madeleine semble portait un enfant qu´elle embrasserait sur le front.

Correggio :
Voyez cette magnifique Madeleine, ses doigts se croisent de façon peu commune pourtant la peinture est très réaliste. Ici cette rouquine aux longs cheveux est mise en parallèle avec la position du crucifié déjà au sol. Comme en parallèle sont représentés le corps de Marie la Mère et celui de son fils sur le Weyden du Prado qui appartenu à Philippe II.



Le langage des mains 
:  L´homme a toujours fait une distinction entre la main gauche et la droite, afin de désigner des activités ou des trajets d´initiation, sinon opposés, du moins complémentaires.

Main droite de miséricorde ( Dieu de l´Alliance -Arche), main gauche de rigueur ( Dieu des Armées)
Droite Magie Blanche, Gauche Magie Noire : les deux Voix !

Méditation intérieure, harmonie / délivrance par l´arrachement, rupture, désintégration des contraires, libération radicale de l´esprit où se révèle l´Unité Primordiale.

Dans la maçonnerie la chaîne des frères est constituée par des mains croisées.

Les mains cachées sous le manches sont un signe de respect envers les rois envers Dieu , comme Moise qui cacha les siennes pour recevoir les Tables de la Loi.

Alors que le Coran dit : « 
En invoquant Dieu, montres-lui l'intérieur de tes mains et non l'extérieur ; lorsque tu auras fini , passes les deux mains sur ton visage. »

Gauche c´est le côté féminin, la beauté, droite le masculin : Homme / Femme ; action/passivité 

Les mains serrées sont la marque de la fidélité et de l´union.

Le geste de Marie de Magdala ne peut être plus clair, sinon voyait qui dirige la mise à tombeau de Jésus Christ chez  Badalocchio Sisto, alors que les autres femmes sont avachies.

Regardez cette pierre angulaire, mise juste devant le sépulcre en pierre…ne rappelle-t-elle pas celle de
Poussin avec ses trois bergers et la…Dame

http://www.wga.hu/art/b/badalocc/entombme.jpg


RESURRECTION DE LAZARE


Jan Cornelisz, Triptyque fermé de la famille Micault
D´un côté Jésus de l´autre Marthe et Marie ( et un lézard )

 



Seul Jean (XI) parle de la résurrection de Lazare, ce fait  peu ordinaire et miraculeux. Pourquoi les autres évangélistes ne soulignent pas ce prodige ? Jean précise bien qu´ils étaient présents et qu´ils n´étaient pas les seuls : « beaucoup de Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère » (XI-19) Alors ?

Cette omission laisse penser qu´il s´agit en fait d´une initiation, ou d´un simple montage pour éviter les lapidations et être reconnu :
« les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider » (Jean. : XI-8)

Jésus aussi réagit différemment avec Marthe qu´avec Marie :
(XI-20-22) :
  Chaque fois que Marthe lui parle, il la reprend même si celle-ci l´appelle  « Seigneur, Christ et Fils de Dieu. »

Par contre avec Marie, il s´émeut et pleure !

XI-33 : Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému
XI-35 : Jésus pleura.


Il savait que Lazare était mort, il savait qu´il allait le ressusciter, pourquoi pleure-t-il ? C´est très humain comme réaction, ce n´est pas à cause de Lazare, mais par sympathie envers les larmes de la femme, Marie.

Marie se tenait assise à la maison, elle n´en sortira que lorsque Marthe revient « Puis elle appela secrètement Marie, sa sœur, et lui dit : Le maître est ici, et il te demande.» Secrètement c´est à dire à l´oreille ou à part à cause de la foule qui remplit la demeure…Lazare est connu, ce n´est pas le pauvre lépreux dont parle Luc, sinon sa mort n´aurait pas attiré tant de monde. Dès que Marie eut entendu, elle se leva promptement, et alla vers lui.


Quand une femme mariée de cette époque prenait le deuil, elle devait rester à la maison ne sortant qu´avec l´autorisation de son époux. Est-ce bien ce qui c´est passé avec cet épisode de la résurrection de Lazare ?  Marie serait-elle restée à la maison par tradition alors que de nombreux juifs étaient venus les consoler de la mort de son frère ? La bonne hôtesse c´est Marthe, et non Madeleine. Marthe qui se plaint à Jésus de la négligence de sa sœur envers ses devoirs de maîtresse de maison.


Marie Madeleine est omniprésente sur les tableaux qui traitent ce thème :
 
Albert van Ouwater : 1455 ; Froment Nicolas 1461 ; Jan Cornelisz vers 1530 Triptyque de la famille Micault ouvert * et fermé; ( remarquez les mains, celles de Lazare et celles de Jésus qui forment un M et puis cet enfant qui traverse le tableau) ; puis Léon Bonnat vers 1857.
*Le fond de la partie de droite représente
Segovia.





 




BETHANIE, LA MAISON D´ANNE

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Quentin MASSYS 1507- Cliques

C´est bien la famille d´Anne qui est représentée ici, avec sa fille Marie et le petit Jésus. De chaque côté nous avons Marie Jacobée et Marie Salomé avec leurs respectifs maris et enfants. Non il ne s´agit pas de Marie Madeleine et de Marthe ! Sinon voyez ce Pérugin qui prit bien soin d´inscrire les prénoms  des treize personnages, sur les auréoles.  De gauche à droite nous lisons :

http://www.wga.hu/art/p/perugino/madonna/family.jpg


Joseph et le petit Joseph d´Arimathéa, Marie de Clopas avec Jacques le Mineur  dans ses bras, Anne, sur le trône avec Marie et l´Enfant, Simon et  Jude Thadeus , Marie Salomé  avec Jean le Baptiste dans ses bras, Jacques le Majeur et enfin Joachim.

Sous le trône la signature de l´artiste : PETRVS DE CHASTRO PLEBIS PINXIT.

C´est la façon traditionnelle qui veut que les frères de Jésus nommés dans les évangiles soient ses cousins. Ce qui n´empêche pas la contradiction ! Voyons ce qu´on nous dit d´elles.

Marie Salomé et Marie Jacobée ou Clopas :

Marie - Jacobée était la fille de Sainte Anne (la mère de la Vierge Marie) et de Clopas (frère de Joseph), l'épouse d'Alphée et la mère de Jacques d'Alphée (Jacques le Mineur), de Joseph Barsabas ("saint Joseph") et peut-être de Simon le Zélote et de Jude.

Marie Salomé quant à elle serait la femme de Zébédée et la mère des apôtres Jacques de Zébédée dit le Majeur et Jean. Elle serait peut-être la sœur de Marie, la mère du Christ, car fille de Sainte Anne. Donc Salomé, et Marie Jacobée sont les demies - sœurs de Marie, filles de Sainte Anne et Saint Joachim et mère du Christ.

Joseph est donc aussi l´oncle de la vierge Marie !

Elles font partie des femmes qui embarquèrent avec Marie madeleine
, Marthe, Lazare et leurs amis sur le bateau qui les déposa en Camargue, dans un endroit désertique. Ils y dressèrent un pauvre autel de terre pour remercier le Seigneur de les avoir menés à bon port et là une source d'eau douce se mit à couler. Les saintes Jacobée et Salomé décidèrent d´y rester alors que les autres partirent évangéliser la région. A leur mort, elles furent inhumées près de la source, dans l'oratoire.   
Plus tard on construisit une église, Sainte Marie de la Barque, sur leurs tombeaux d´après le testament de saint Césaire d'Arles (Vº et VIºs.). Ce temple devient très tôt un lieu de pèlerinage.

En 1448 le Roi René demanda et obtint du Pape l'autorisation de mener des fouilles officielles. On retrouva leurs corps qui exhalaient une merveilleuse odeur et, à leurs côtés étaient inhumées trois têtes de petits enfants que la tradition considère comme étant celles de trois saints Innocents, plus une tête d'adulte. On retrouva aussi, près des corps, une belle pièce de marbre que l'on peut voir aujourd'hui dans un pilier de l'église et qui a toujours été considérée comme l' « oreiller des saintes », vénéré à ce titre : un Béthel

Il s´agit du bon roi René d´Anjou qui est nommé sur la liste des Grands Maîtres du Prieuré de Sion que l´on attribue à Pierre Plantard de Saint Clair. Ce titre de GM serait retombé sur sa fille Yolande de Bar


Sainte Anne par Maître d´Enéide fin de 1500

La vie de sainte Anne fut inspirée par celle d'Hannah mère du prophète Samuel de l'Ancien Testament.

Il n´y a que plusieurs Évangiles apocryphes : «  le protévangile de Jacques et le Pseudo –Mathieu » qui en parlent. La Bible n´en faisant aucune mention !

Après un mariage de vingt ans sans enfants avec Joachim, Anne enfanta Marie. Selon la tradition, ils avaient fait un vœu et menèrent Marie lorsqu'elle avait trois ans au temple à Jérusalem pour qu'elle y fût éduquée.

C´est l´histoire de la femme stérile, d´ailleurs regardez le battant gauche du triptyque de
Quentin MASSYS ( plus haut ) Joachim est averti par un ange : sa femme va avoir un enfant !

Joachim est décrit comme un homme riche et pieux qui donne régulièrement aux pauvres et au temple. Cependant, sa femme étant stérile, le Grand-Prêtre rejette Joachim et son sacrifice, l'infertilité de son épouse ayant été interprétée comme un signe de mécontentement divin.

L'histoire de Joachim et d'Anne apparaît dans l'Évangile apocryphe de Jacques et fut inclus dans la légende dorée.

Ils sont très représentés dans l'art chrétien même si le Concile de Trente (1542) a limité la représentation des Évangiles apocryphes.

La fête de saint Joachim était auparavant célébrée le 16 août , jour de la saint ROCH qui remplaça Vulcain.



Alors quand eurent lieu les autres mariages d´Anne avant où après Joachim ? Sûrement après, car comment peut on qualifier une femme de stérile si elle a déjà enfanté deux filles avec deux autres époux !

De toute façon l´église n´est jamais conséquente et semble rafistoler les familles à son goût. Si la stérilité était vue comme un signe de mécontentement divin, alors que dire des hommes comptant la trentaine d´années qui se refusent au mariage ? Ne contredisent-ils pas le premier commandement du Créateur :
Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre (Gen 1-28) ?




ROUGE HEREDITAIRE ou LIGNE ROUGE

http://www.cgfaonlineartmuseum.com/l/libri1.jpg  
Gerolamo dai Libri 1510-1518 et Masaccio 1424

Les tuniques rouges …héréditaires ?

Sainte Anne est représentée habillée de rouge :

Le Maître de Moulins (Jean Hey) ; Le Maître de Liesborn ; anonyme hollandais

Puis c´est le tour à sa fille Marie, la Vierge :

Agnolo di Cosimo di Mariano Tori ( Il Bronzino) ; Rembrandt ; Raphaël ; Jacopo Negretti (Palma il Vecchio) avec Marie Madeleine qui ne porte qu´une jupe rouge.

Et puis Marie Madeleine….

Ceci rappelle la trinité matriarcale… ce rouge marquerait la fécondité de la femme.

Jésus est souvent à Béthanie, où de nombreux évènements importants ont lieu, c´est là qu´habitent Lazare, Marthe et Marie…oui , mais c´est aussi la maison de sa grande-mère Annie…


N´est-ce pas à Béthanie où il reçoit l´onction ? N´est-ce pas de Béthanie qu´il part pour son entrée triomphale à Jérusalem, après avoir pris congé de sa famille ?
( D´après
Cornelis de sa mère, la Vierge )

N´est-ce pas là qu´il habite, avec sa famille ?




MARIE MADELEINE, LA PROPHETE


C´est aussi à Béthanie qu´eut lieu l´onction d´après trois des évangélistes, sauf chez Luc


Madeleine se rendant chez Simon le Pharisien de Dante Rossetti

 

Luc : VII , 36-50 :
L´onction effectuée par une pécheresse sans nom se déroule chez Simon le Pharisien. Pourtant  juste deux lignes plus loin Luc nous dit : Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons  sortis non expulsés ! Parle-t-il de la même femme ? Pécheresse, ou possédée ? ou simplement mère de sept diablotins ?

Jean XI,2 :
C'était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c'était son frère Lazare qui était malade. Il parle de Marie de Béthanie, et d´une onction antérieure puisque celle qu´il décrit au chapitre suivant, n´aura lieu que six jours avant Pâque :

XII,1 : Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie durant un souper

XII,3 Marie, ayant pris une livre d'un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus, et elle lui essuya les pieds avec ses cheveux; et la maison fut remplie de l'odeur du parfum.

XII,7 Mais Jésus dit: Laisse-la garder ce parfum pour le jour de ma sépulture.

Marc XIV : deux jours avant la pâque …
Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme entra, pendant qu'il se trouvait à table. Elle tenait un vase d'albâtre, qui renfermait un parfum de nard pur de grand prix; et, ayant rompu le vase, elle répandit le parfum sur la tête de Jésus.

XIV-8-10 : Elle a fait ce qu'elle a pu; elle a d'avance embaumé mon corps pour la sépulture.

Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu'elle a fait.

Judas Iscariot, l'un des douze, alla vers les principaux sacrificateurs, afin de leur livrer Jésus.

Matthieu XXVI –7-14:   Ce n´est qu´un  calque du passage de Marc ou vise et versa. Ils donnent l´impression que cette femme anonyme versa un parfum de mort sur Jésus. Il semble que cet acte soit la goutte qui comble le vase de Judas qui se décide pour la trahison. Mais pourquoi ?

Revenons à Luc pour avoir une réponse : Luc commence son évangile avec l´histoire de Zacharie, qui réalise une offrande de parfum au Temple donc à Dieu. C´est là qu´un ange lui apporte la bonne nouvelle, celle de la naissance d´un fils d´une femme stérile ! ( Luc I,11)

Nombres est plein d´offrandes dans
une coupe d'or de dix sicles, pleine de parfum, que l´on pose sur l´autel des parfums, pour apaiser la Déité. Les parfums les plus chers lui sont réservés, comme celui du Nard !
Donc Marie par son onction faite à Béthanie, déclare la divinité de Jésus. Ceci est intolérable pour Judas, plus terre à terre, trésorier du groupe, la bourse lors de la cène était le montant pour le payement au temple et non aux pauvres, ni l´argent de sa trahision. Donc est-ce que le prix du parfum sortit de l´argent commun ? ou simplement il préféra que ces monnaies rentrent dans la bourse communautaire? De quel droit s´offense-t-il, si la femme ne faisait pas partie du groupe ?



 
MARIE MADELEINE ET JEAN LE BAPTISTE



Hans Memling


 
Nous avons vu que Jean parle de deux onctions, toutes deux réalisées par Marie de Béthanie, mais la première eut lieu chez Simon le pharisien. Celui-ci invita Jésus à sa table, pour le connaître en personne. Les pharisiens attendaient le Messie, le Oint, mot qui en grec se dit Christ. Jésus était-il le Christ ? Pour cette raison, un examen préliminaire Simon n´offrira aucun signe de bienvenue à Jésus, il ne lui lavera pas les pieds, ni l´embrassera en arrivant, c´est Marie qui réparera l´offense. Peut-on parler ici d´onction ?  Puisqu´elle s´effectue sur les pieds.

C´est aussi les pieds qui sont sujets à onction à Béthanie dans le récit de Jean, tandis que pour Marc et Matthieu, elle s´effectue sur la tête.

Seuls les prêtes et les rois étaient oints sur la tête, mais avec de l´huile d´olive.
A la manière du prophète Samuel sur le roi David (1 Sm XVI , 13) ou du prêtre Sadoq sur le roi Salomon (1 R I, 39). L´onction de Marie est à la fois royale et sacerdotale et fait de Jésus, le Oint, le Christ, mais aussi un Dieu, puisqu´elle emploie du Nard, donc messianisme divin.

Ainsi, par ce geste, qui proclame tout à la fois la divinité et la royauté de Jésus, Marie est devenue prophète, au même rang que Jean le Baptiste. L'un et l'autre sont prophètes. L'un et l'autre désignent et intronisent le Messie « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».

Comme Jean le Baptiste est le prophète qui introduit Jésus dans sa vie publique, Marie, par l'onction, six jours avant la Pâque, est la prophétesse qui introduit Jésus dans sa Passion.

 

Les artistes ont bien compris cela et nous le transmettent par leur art. Pour cette raison Marie Madeleine est mise en parallèle avec Jean le Baptiste entourant une Madone avec enfant, une Trinité ou la croix templière  comme celle de Tomar à Santa Maria del Olivo ( Portugal ), ou celle que l´on pouvait voir avant à la Vera Cruz de Segovia

 ( Espagne ). Jean l´Evangéliste est remplacé par le Baptiste. Le symbolisme était plus important à cette époque que le réalisme.

Nous avons déjà vu au second chapitre ce joli ENGEBRECHTSZ Cornelis où Madeleine accompagnée par Jean Baptiste, semble être son égale. Ils sont bien tristes, lui montrant le sol, tandis qu´elle semble vouloir remplire son récipient de ses cendres.

Il y a aussi
Cima da Conegliano ; MANTEGNA  Andrea ; Neroccio de' Landi ; Giuliano di Piero di Simone Bugiardini et les deux magnifiques Memling du haut.
Confondant Marie de Magdala ou de Béthanie avec la prostitué, Marie l´Egyptienne : la Trinité de Botticelli et Filippino Lippi.




ONCTION ET ÂNON FONT UN ROI !

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Hippolyte Flandrin

 

Cette onction avait déjà été annoncée par les Rois Mages de saint Matthieu. Les Mages d’Orient lui offrent de l’or, en hommage à sa royauté ; de l’encens, en hommage à sa divinité et de la myrrhe, pour annoncer sa mort puisqu´on usait ce parfum pour embaumer le corps des défunts.

De toutes les prophéties qui annoncent l´entrée d´un messie à Jérusalem Jésus choisit celle de Zacharie qui disait : “ Réjouis-toi grandement, ô fille de Sion ; pousse des cris de joie, ô fille de Jérusalem. Voici, ton roi vient à toi. Il est juste et apporte le salut. Il vient humblement monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse. ”

Un roi belliqueux serait entré dans une ville monté sur un cheval ; un roi en mission pacifique et amicale entrait toujours monté sur un âne.

Jésus appela Pierre et Jean pour aller à Bethphagé, un village voisin situé à une courte distance au nord-ouest de Béthanie. Il leur dit :
“ Allez à Béthphagé et, lorsque vous arriverez au croisement des routes, vous trouverez le petit d'une ânesse attaché là. Détachez l'ânon et ramenez-le. Si quelqu'un vous demande pourquoi vous faites cela, dites simplement : Le Maître en a besoin. ”  Là Jésus agit comme le propriétaire de ces terres.



AVANT L´ONCTION, LES EPIS DE BLÉ



Il y a aussi le passage des épis de blé ou Jésus agit comme roi, descendant de David et comme prêtre. Ce passage du livre de Luc est repris par le Codex Bezae et fait partie de l´énigme de Rennes-Le-Château, par le petit parchemin, lequel une fois déchiffré donnerait le message suivant :



« A DAGOBERT II ROI ET A SION EST CE TRESOR ET IL EST LA MORT »

 

Luc VI : .1-4

Il arriva, un jour de sabbat appelé second-premier, que Jésus traversait des champs de blé. Ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains.

Quelques pharisiens leur dirent: Pourquoi faites-vous ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le sabbat?

Jésus leur répondit: N'avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui; comment il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de proposition, en mangea, et en donna à ceux qui étaient avec lui, bien qu'il ne soit permis qu'aux sacrificateurs de les manger?


Les prémices du blé étaient réservées aux prêtres, avant qu'elles ne soient offertes au jour de la Pentecôte; elles ne devaient pas même être touchées des simples Israélites. Pour cela les pharisiens crient au sacrilège ! ( Lv :XXI-XXII et suivant)

 Luc poursuit son récit en racontant le piège tendu par ces pharisiens,
un autre jour de sabbat, que Jésus entra dans la synagogue, et qu'il enseignait. Il s´agit de l´épisode d´un homme dont la main droite était sèche. Même les miracles sont interdits ce jour !

Ce n´est qu´après qu´il choisira ses 12 apôtres.


C´est bien comme roi qu´il fut supplicié. Mais un Roi a besoin d´une Reine…




QUARTON ENGUERRAND


 

  

Vierge à l’enfant entourée d’anges accompagnée de saint Jean-Baptiste et des prophètes Jérémie et Isaïe. Dit "Diptyque Altenburg"


Si vous avez suivi  jusqu´ici les pas de Marie Madeleine dans l´Art, je vous propose d´observer ce diptyque attribué à Quarton. Cet artiste avait comme mécène, le roi René d´Anjou qui régnait sur la Provence.

Vierge accompagnée d´enfant… oui mais aussi accompagnée d´un prophète, comme l´est aussi Jean le Baptiste.

Ce rouge habille souvent la vierge comme nous avons constaté, mais aussi semble être un attribut héréditaire. C´est le signe de la fertilité. Alors que la cape du Baptiste est le signe du sacerdoce.

Les deux personnages sont tristes et ne regardent pas l´enfant. Jean signale le ciel, pas l´agneau. Cet animal entre dans le bois et un tronc « traverse » son ventre.

Le livre de Jean est bien fermé. Marie offre une couronne fleurie à l´enfant mais dans son autre main elle porte des fleurs, l´une enchâssée dans l´autre, ce qui rappelle la magnifique
vierge de  Joos van Clève qui tient une fleur de la passion dans un œillet, tandis que l´enfant préfère les rouges cerises. Nous avons déjà vu les œuvres particulières de cet artiste dans le chapitre dédié à la Prostitution Sacrée.



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Tout cela signalerait cette femme comme étant Marie, oui mais la prophète, en âge fertile, après le sacrifice de l´agneau, d´ailleurs sa cape est noire et sa mine est tout chagrin malgré ce gros bébé à ses côtés. Elle annonça la Passion et c´est bien la fleur de ce même nom qu´elle tient dans ses mains. Il semble que ces deux panneaux firent partie d´un triptyque que représentait le retable perdu ? On pense qu´un Christ crucifié !




UN TRÔNE POUR MARIE MADELEINE

 

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Retable Requin

Marie qui tient l´Enfant entourée de donneurs et de Saint Jacques et Saint Maxime. La longue chevelure rousse de cette Madone rappelle trop Marie Madeleine.

Saint Maxime confirmerait-il l´ identité de cette dame ? Puisque la légende provençale nous dit qu´il accompagna cette sainte femme.
Le livre fermé tenu par saint Jacques, nous pousse à allez plus loin. Les deux hommes portent la couleur du sacerdoce, mais sous forme de cape. Cette cape pour la dame est noire fourrée d´Hermine, fourrure réservée à la royauté.

   
Le col et la croix de saint Maxime, en forme de T, dessinent une clef Ankh.

Ce saint Maxime n´est que le portrait du Bon Roi Renée, qui entre ses nombreux titres possède celui de roi de Jérusalem, héritage de sa tante Jeanne II, reine de Naples. D´ailleurs le
blason d´Aix-en-Provence conserve la croix de Jérusalem.

Nous avons déjà rencontré ce roi qui retrouva les tombeaux de Marie Salomé et Marie Jacobée.

C´est lui aussi qui commanda à Nicolas Froment le retable du Buisson Ardent ( Voir au bas ) où il figure du côté gauche avec Marie Madeleine, Saint Antoine et Saint Michel Archange, tandis que sa femme est accompagnée de saint Jean, sainte Catherine et saint Maxime.

Saint Jacques, on retrouve ses coquilles sur le collier  des portraits du
roi René, Grand Maître supposé du Prieuré de Sion. En échange il créa l´Ordre du Croisant, LOZ, L'ambition de cet ordre était de se placer à un niveau de prestige comparable à celui de la Toison d'Or fondée par  Philippe le Bon. Le Sforza, son grand ami appartenait aussi à cet ordre.
Mais René hérita aussi de l´Ordre du Nœud ou Ordre du Saint Esprit au Droit Désir : Au droit désir. Institué en 1352 par Louis d'Anjou, dit de Tarente, roi de Naples
L´enfant tient une belle pomme « Golden », fruit d´Eve ( Voir plus bas le retable de maître Jacomart )

On explique sa présence ainsi : « La pomme est une allusion à Marie, la nouvelle Eve, qui a reçu le corps du Sauveur comme auparavant, la chair du fruit défendu. »

Mais cette Marie ne peut être que  Marie de Magdala, comme nous avons déjà vu, celle que l´Eglise donne comme exemple du pécher pardonné. C´est la REDEMPTRICE ! Et non Marie la Vierge née sans tâche.

Le petit enfant porte deux croix sur son tablier l´une sur la gorge, plexus du Verbe et l´autre sur son plexus solaire, son cœur.  Les inscriptions de son col sont en caractères arabes, allusion à l´Ordre du Croisant ? Le tablier est déchiré…(Table y est rompue ?)

Ces deux croix alignées ne seraient-elles pas une référence à la Croix de Loraine ,
appelée d´abord croix d’Anjou ? Elle figurait dans la symbolique des ducs d’Anjou devenus ducs de Lorraine à partir de 1431.

   http://www.rivagedeboheme.fr/medias/images/froment-triptyque-du-buisson-ardent-ouvert-1476.jpg   

Triptyque de Nicolas Froment Le Buisson Ardent

Cette œuvre n´est plus visible à la cathédrale d´Aix depuis 20 ans !
C'est une Madone à l'enfant qui apparaît à Moïse dans le buisson ardent, et un ange, sorte de synthèse entre les thèmes de l'annonciation et du buisson ardent
Allusion au REJETON ARDENT ? qui se dit plantard…

L´enfant tient un miroir ou Mère et Fils se reflètent

Est-ce le miroir de Marie Madeleine ?



Cette croix double est la forme d'un assemblage de reliques de la vraie croix en bois noirci. Ces reliques se trouvaient à Byzance au début du XIIIº s., puis passèrent de Manuel Comnène à Germain (mort en 1219), patriarche latin de Constantinople, puis à Thomas, évêque de Hiérapetra, en Crète. Celui-ci vendit les reliques à Jean d'Alluye, qui les vendit lui-même à l'abbaye de la Boissière en Anjou. Pendant la Guerre de Cent Ans, elles furent par sécurité placées aux Jacobins d'Angers. On parla à l'époque de croix d'Anjou. Ces reliques furent particulièrement vénérées par les ducs d'Anjou, depuis Louis Ier qui le fit broder sur sa bannière. Ces reliques sont conservées depuis 1790 dans un couvent de Baugé (Maine-et-Loire).


D'autre part, cette croix fut le premier emblème des rois de Hongrie, et figure sur leur premières armoiries et les monnaies hongroises à partir de Béla III. Par mariage, le royaume de Hongrie passe à la maison d'Anjou-Sicile, et l'on voit le roi Louis Ier de Hongrie porter la croix double sur ses armoiries. Louis Ier avait désigné comme successeur un cousin Charles III, qui fut assassiné. Jeanne II de Naples, la fille de Charles III, désigna comme héritier René Ier d'Anjou. Aujourd'hui cette croix figure non seulement sur les armes de Hongrie mais aussi sur celles de Slovaquie et sur son drapeau.

Cette croix souligne le Titre donné à Jésus pour la crucifixion : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs » , INRI.

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Une sainte portant deux flèches, offre des pommes, symboles sexuels, à l´Enfant
Notre Dame des Anges et de l´Eucharistie  à Segorbe ( Espagne)  est oeuvre de Jacomart XVºs.

Notre Dame à tunique rouge est couronnée


Petite parenthèse pour le prénom de l´artiste : il y a deux étymologies pour Enguerrand -1- l'épée du malheur – 2- L´ange corbeau



LE COURONNEMENT DE MARIE

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Le Père et le Fils couronne Marie, la Rouquine. Le Père et le Fils ont le même Âge, ils ne font qu´un qui est à la fois père et fils. Seul le saint Esprit se distingue dans cette trinité. Tout homme est un fils qui deviendra père à son tour. Ou faut-il entendre par Trinité : Père, Mère et Esprit?

Le rouge est la couleur dominante. Il semble que Marie Madeleine soit représentée sur le côté de la Scène : à droite, deuxième rang vers le haut, le groupe des quatre femmes l´une d´elles porte un flacon, mais ce ne sont pas les couleurs de Marie Madeleine. Dernière elle il y a une femme drapée de rouge avec tunique noire, mais sans baume.
Lorsque l´on élargit l´image on s´aperçoit qu´il ne s´agit pas de Madeleine.

Souvent Père et Fils couronnent Marie, mais il n´en est pas toujours ainsi.


http://rouen.catholique.fr/IMG/jpg/Raphael._Coronation_of_the_Virgin._c.1503-1504._Oil_on_panel_transferred_to_canvas._Vaticano_Pinacoteca_Apostolica_Vaticano_Rome.jpg

Raphaël

Couronnement de Marie anonyme catalan  de 1200 ; Cape rouge pour Marie, tunique écarlate pour Jésus, qui sont seuls. Couleurs inversées des habits. Remarquez la forme phallique du genou droit du Christ

Giotto 1334 Les mains de Maries sont croisées comme tenant un bébé.

Gaddi Agnolo vers 1370 reprend Giotto, mais ici les deux personnages portent une couronne. Celui de 1396 qui lui est attribué ressemble d´avantage à celui de Giotto.

1400 anonyme espagnol Marie a une longue chevelure rousse dorée, le revers de sa cape est rouge.

Gentile da Fabriano 1420 les fleurs de la tunique de Jésus et celles du fond comptent cinq pétales, symbole de l´homme ! Perfection masculine , tandis que les fleurs sur la cape de la reine  en ont sept , perfection féminine. Ces fleurs sont accompagnées de couronnes. Le 7 accompagne Marie Madeleine : 7 démons, 7 fois par jour elle était portée par les anges, les 7 dormants d´Ephèse.

Fra Angelico ( 
1-2-3 ) 1435-40. Sur le nº2, celui qui se trouve au Louvre, Marie Madeleine est bien au pied des escaliers tenant son baume juste au centre de la scène. Sur le nº3 deux personnages se tournent vers nous, à droite Marie Madeleine en rouge et baume en main de l´autre côté saint Maxime !

Jacobello Del Fiore  1438 On dirait un gâteau nuptial !
 
Fra  Lippi 1447,un angelot apporte une fiole à saint Jean Baptiste !
Au pied du couronnement nous avons les saints Maxime, Marthe, Lazare, Sidoine, puis les Maries Jacobé et Salomé avec deux bambins, seul un personnage nous tourne le dos, il ne manque plus que la « servante » : Sara.

La robe de Marie est rouge, comme celle de l´annonciation sur le mur.

Francesco Di Giorgio Martini 1473Détail La couronnée est habillée comme une mariée, sa diadème est noire comme l´auréole du Christ
Au pied de la scène on dirait Jean tenant une flèche à la manière d´un Sébastien, la vierge est à son côté. L´épée de sainte Catherine vise le dos de la Vierge, Douloureuse en cape noire. Pourtant à notre gauche et nous regardant une femme tient un flacon, sa robe est blanche et sa cape noire, elle porte une couronne ! De l´autre côté une femme en rose cache des roses dans son « tablier »…ROSALINE ?

Ghirlandaio, Domenico 1486, accompagné de quelques femmes tristes, seul saint Gérôme nous regarde. Regardons à notre tour ce retable, au bas figure Jésus sortant du tombeau avec Marie et Jean de chaque côté. Marie en habit rouge…comme la Dame couronnée.

Botticelli  1488, mais celui qui la couronne porte la couronne papale. Tous deux habillent une tunique rouge. Saint Maxime bénit en montrant Marie couronnée.

Anonyme 1490 Marie avec son enfant, deux anges la couronnent. Remarquez sa chevelure rousse à peine voilée et le fruit vermillon de l´enfant.
Ce tableau rappelle la merveilleuse
Madone du Chancelier Rolin de Jan Van Eyck en cape rouge de 1435.

Anonyme 1500-1515 la trinité masculine couronne la triade féminine, la femme du centre porte le rouge, âge de fertilité, celle de droite le noir, son temps est passé, la plus jeune celle de notre gauche porte des habits plus clairs, plus lumineux. Cet acte a pour témoins les patriarches bibliques.

Voyez cette une jolie Madeleine en Extase à qui deux anges apportent une couronne ( œuvre anonyme ).

 


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http://www.enguerrandquarton.com/photos/Roi%20mort.JPG
Le Roi Mort
Livre d´Heure de René d´Anjou, illustration d´ Enguerrand Quarton





 

MARIE MADELEINE, LA REINE



https://lh3.ggpht.com/_EDJVhP7Vqvk/TLHKmZcOl-I/AAAAAAAAHMs/bupI0__wKk8/s1600/1440paint_1008.jpg
Domenico Ghirlandaio

Les deux personnages sont couronnés sur le premier dessin : Auréoles et couronnes pour le couple royal. Jésus est à l´images des anciens rois.

http://p2.storage.canalblog.com/28/75/137895/31623207.jpg  

 Santa Maria la Maggiore : Jésus couronne Marie, mais lui n´en porte pas. Le geste de Marie semble d´étonnement


http://lh6.ggpht.com/_nUJlfalhC6A/SjyvvG6BtFI/AAAAAAAAAY8/NaRdJxjULpo/s800/IncoronazioneMaria.jpg

 A Santa Maria del Popolo : La couleur des vêtements est inversée. Jésus montre ses plaies. Marie toute pieuse porte une alliance au doigt

 

Catarino : mêmes couleurs pour Lui et Elle



Anonyme allemand

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/ba/Le_Couronnement_de_la_Vierge.jpg

Le Couronnement de la Vierge du livre d´ Heures d'Étienne Chevalier, enluminé par Jean Fouquet
La Vierge est couronnée devant une Trinité aux visages identiques et trois hiérarchies d'anges

http://a392.idata.over-blog.com/3/93/23/93/couronnement-de-la-vierge-rosaire.jpg

Anonyme : Marie porte le blanc, comme une mariée

 



RÉSUMÉ



Nous avons suivi la piste de Marie Madeleine laissée par les peintres, jusqu´à la Renaissance. Nous avons constaté que Madeleine figure avec Jean au pied de la croix, à droite de Jésus qui penche sa tête vers elle, côté aussi de sa blessure qui suinte le sang sacré. Les messages sexuels, laissés par les artistes ne laissent pas de doute c´est bien elle, la bien aimée des apocryphes qui garde les secrets du Fils de l´Homme.

Ce geste si particulier de Marie de Magdala qui revient si souvent sur les tableaux, nous l´avons analysé, il symbolise une union, un lien très fort. Madeleine rapporte à Béthanie par sa famille, Lazare et Marthe, mais aussi à cette Béthanie, Maison d´Anne et donc demeure de son petit fils, Jésus. Nous avons aussi constaté que la rouge tunique passe d´Anne à sa fille et que celle-ci laisse le relais à Madeleine. Elle indique la période fertile d´une femme. D´ailleurs l´illustrateur du
  Grand Livre des Heures du Duc de Berry  représente bien la mariée de Canaan  en robe écarlate.

Par son onction Marie de Béthanie annonce la mort du Sauveur,  tout comme Jean le Baptiste annonça le début de son ministère. Les templiers représentaient Madeleine au pied de croix, côté droit et Jean le Baptiste sur la gauche. C´est une prophétesse !
Jésus, le Oint, le Messie entre à Jérusalem comme roi pacifique, c´est bien à ce titre qu´on l´exécuta.

Marie oint le Roi et celui-ci couronne sa Reine. Jésus-Christ lave le pécher d´Adam, Marie Madeleine celui d´Eve, pour l´église, c´est la rédemptrice.

Un roi  ne couronne que son épouse.

Depuis le début du culte de Madeleine, au moyen âge, le pèlerinage rend les femmes fécondes et assure le mariage aux jeunes filles.

La descendance qui se fait attendre ne fut-elle pas la cause de la construction de l´abbaye du Vézelay par Gyrard de Bourgogne en 769 ?

Le fenouil qui guida en
1279, Charles II, prince de Salerne, neveu de saint Louis, futur comte de Provence et roi de Sicile, vers les reliques de la sainte, ne symbolise-t-il pas la lactation ?

http://es.wahooart.com/Art.nsf/O/8XZMW5/$File/Filippino-Lippi-The-Coronation-of-the-Virgin-detail-.JPG

 Fra Lippi

Le roi couronne sa reine, sans auréole aucun d´eux
Le geste de Marie : elle semble porter un nouveau né

http://www.encalcat.com/images/boutique_fr/photo_1521T1.jpg

Fra Lippi

 La barbe est si longue qu´on dirait le Père. Pas d´auréole que deux couronnes.

 

 





Sintra
 :  mosaïque de l´autel de la chapelle de la Demeure Philosophale de la Quinta da Regaleira

CONFIRMATION

 Le Christ couronne bien  Marie Madeleine !
Ses couleurs : Vert, Jaune, Rouge et Blanc => 5 + 4 + 2 + 9 = 20, le Jugement => 2, la Papesse du Tarot
Mais on peut voir ce Vert comme étant bleuté => le 21, le Monde !
Jésus porte le Blanc, couleur commune au couple dont les valeurs ne se répètent pas pour l´addition obtenant ainsi le Monde : Homme et Femme qui deviennent UN, l´Hermaphrodite de cet arcane majeur du Tarot de Marseille.




UN ROI, UNE REINE




Les Noces Alchimiques

Il s'agit du mariage des opposés.
Comme l'eau et le feu.
Qui sont toujours complémentaires.
Comme la femelle et le mâle.

A l´intersection nous retrouvons un
CHRISME XP ou IX
Le symbole de Constantin 
In hoc signo vinces
 «  Sous ce signe tu vaincras »

C´est le symbole de la croix et de son centre :
Principe passif, actif et divin
Et du sceau de Salomon : Haut, Bas et Centre
C´est le Moteur du Monde, la ROUX

 

Le Chrisme est un symbole chrétien formé des deux lettres grecques Χ (chi) et Ρ (rho).
Il s'agit des deux premières lettres du mot Χριστός ,Christ.

Le
chrisme existe aussi sous une autre forme associant les lettres grecques I (iota) et Χ (chi) des initiales de Iesous Χριστός ,Jésus Christ.
 Le chrisme prend alors l'aspect d'une étoile à six rais souvent identifiée dans l'art à l'étoile qui guida les mages.

Les « noces chimiques » dont le résultat est la pierre ou l'élixir s'opèrent entre le soufre et le sel par la médiation du mercure.



CONCLUSION



Les gent avaient bien compris, même sans consulter tous ces retables que Madeleine était une femme exceptionnelle, mais une femme avec tout ce que ce mot comporte. Apôtre des apôtres, prophétesse, rédemptrice, miraculeuse. C´est par son union avec le Fils de l´Homme que naquit Jésus Christ . Donc épouse et reine, puis veuve... Si elle avait été stérile, ce fait se verrait reflété car c´était « une abomination aux yeux de Dieu ». Comme le célibat de Jésus pourtant si vénéré par  « Mère Eglise » car sexe est synonyme de mort  et non de ressuscitation. Alors que faire avec l´histoire de Lazare ? Ou du
Miracle de Marie Madeleine qui rendit la vie à l´épouse du Prince et prit soin de l´enfant ? Les oublier !

L´image de Marie Madeleine change avec le temps et n´est que le reflet de l´image que la société a de la femme. Et vise et versa
Au début du Moyen-âge la femme noble avait sa place dans la société.( lire : «  La Femme au Temps des Cathédrales » de Regine Pernoud et les « Mérovingiennes » de Roger Xavier Lantéri ) Puis peu à peu plus l´Eglise devenait forte plus le pouvoir de la femme s´affaiblissait.

Que l´on redonne de nos jours à Marie Madeleine ce qui lui fut nié est un bon présage pour la femme d´aujourd´hui, du moins l´européenne. Car c´est  le stade atteint  par le sexe dit faible qui permet de retrouver cette Marie, non pas Marie, la Mère, la Vierge qui laisse peu à peu sa place à Madeleine, mais Marie, la Compagne.

Nous sommes passés d´ adorer des Vierges Mères noires, puis des Madones Blanches avec bambin(s) et des Immaculées sans tâches mais sans enfant et à présent une Dame rousse vêtue de rouge qui se présente avec un crâne, conscience (avec science) ; un livre, connaissance (avec naissance) son baume ou élixir philosophale et la croix, où le Bas rejoint le Haut. Le masculin et le féminin s´unissent.

Ecoutons ce que nous disent les alchimistes :


L´œuvre au rouge, Rubedo, est la dernière étape de la transmutation de la matière originelle,
l´Azoth qui passe de l´état de noirceur, Nigredo, à celui de l´argent, du blanc ou Albedo.
On passe de l´œuvre du noir à l´œuvre du blanc pour finalement aboutire à l´œuvre du rouge de laquelle naîtra la pierre philosophale


"Sœur, nous savons que le Sauveur te préférait aux autres femmes, rapporte-nous les paroles du Sauveur dont tu te souviens,
et que tu as comprises et pas nous, et surtout celles que nous n’avons pas entendues"

 demande Pierre à Marie-Madeleine dans CODEX DE BERLIN

Comme disait Louis Aragon et chantait Jean Ferrat :  «  La femme est l´avenir de l´homme »





 Marie Madeleine dont la main palmée semble protégé un enfant
par Léonard de Vinci à Burgos
Cliques sur l´image




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