I

 





 

 

 

 

Commentaires des tableaux ayant une relation avec Rennes-Le-Château.
 Cette liste est consultable sur mon Coin :  Bizarreries dans l´Art.

Cinquième Partie

 

 

 



 

 

 

 

La Cène  et ses copies : La France



Notons que ce mural est si détérioré qu´ une vingtaine  années de restauration n´ont pu en venir à bout . Ce qui circule, comme étant la Cène restaurée, n´ est  qu´une copie du XVI º siècle  qui se trouve au Da Vinci Muséum  de Tongerlo à Anvers .

Il existe aussi une autre copie à l
Église Saint-Germain-l’Auxerrois de Paris , place du Louvre: “Cette église possède une copie de La Cène de Léonard de Vinci, dont l’original se trouve à Milan au couvent de Sainte Marie de Grâce. Cette copie en bois, peinte vraisemblablement peu de temps après l’original, date du début du XVI°siècle.” Retable dont je n´ai, hélas pas d´image, mais que l´on copia pour placer sur l´autel de l´Eglise d´ARC-sur-Tille.



Ce ne sont pas les copies qui manquent en France. Lors de la conquête du Milanais , les français purent contempler au
réfectoire du couvent Santa Maria delle Grazie, la Cène qui venait finalement d´être achevée, par Léonard.

Paolo Giovio qui écrivit  “Leonardi Vincii Vita” raconte que «  le roi trouva la peinture murale si admirable qu'il exigea que l'on détache l'œuvre de son support afin de la ramener en France. » Exagéra-t-il ? S´il s´était agit d´une toile , le roi l´aurait emporté, comme plus tard Napoléon fit avec les Noces de Canaan du Véronèse, oeuvre qui mesure 666 x 990 cm et qui tient compagnie à la Joconde, puisqu´elle est placée juste devant elle.

Le fait est qu´ Antoine Turpin, trésorier et receveur général des finances et Gabriel Gouffier, protonotaire apostolique commandèrent une copie de la Cène, seulement quelques années après la fin de l'exécution du modèle (1498).

Une troisième version de cette oeuvre serait citée dans les inventaires des meubles du château de Gaillon, ramenée en France par le cardinal Georges Ier d'Amboise et cela avant 1510, d´après la thèse de
Laure Fagnart. Par son travail de recherche de Thierry Garnier ajuste la date puisque  cette Cène n´apparaît pas plus tard :   la toile n'est pas mentionnée dans l'inventaire de 1508 . On la retrouve seulement dans celui de 1550.”
 Et il suit ainsi sur
ses forums de Archéoblog: En fait la toile fut exécutée avant 1510 (mort de G. d'Amboise) comme il est bien dit, mais après 1508 (voir  les inventaires sur sa page ). Ce qui donne approximativement 1509. A cette date  Andréa Solario était encore à Gaillon, il est donc le meilleur candidat pour l'exécution de l'oeuvre. “

Celle de l'église Saint-Germain l'Auxerrois à Paris, en serait une autre copie fidèle , suite à une commande française postérieure à  1515.

Tandis qu´une autre se trouve à la chapelle du
Château d´Ecouen.

Source : http://www.cesr.univ-tours.fr/Recherche/memoires/memoire.asp?nummem=47
voir aussi le
vidéo de Thierry Garnier pour celle d´Ecouen
 

 

Une image vaut toujours mille paroles…

Détail de celle du château d´Ecouen attribuée à Marc d´Oggino


Copie exécutée à St Vérand ( Isère) en 1809.

A l'ancienne cathédrale de Saint-Paul-Trois-Châteaux en Drôme provençale.

 


L´Italie

 

Dès 1503, Andrea Turpino, trésorier en chef du duché de Milan, commande une copie (aujourd’hui disparue) de la Cène à Bramantino.
En 1506, Gabriel Goffier, protonotaire apostolique, en commande une autre (également perdue) à Marco d'Oggiono.

Tout au long du XVI
e siècle et du XVIIe siècle, des copies de la Cène sont peintes dans des édifices religieux (en particulier en Lombardie) : la Basilique de San Lorenzo Maggiore (début du XVIe siècle siècle, attribuée à Antonio della Corna.) et l’église Santa Maria della Pace (Giovanni Paolo Lomazzo en 1561) de Milan, le couvent dei Girolimi de Castellazzo (Andrea Solario, avant 1514), la Chartreuse de Pavie (Giampietrino, 1515 - 1520), aujourd´hui en Angleterre.

Certaines des copies tardives de la Cène s’appuient sur un vrai travail de recherche. C’est le cas de celle commandée à André Dutertre par Louis XVI. Après un long travail d’étude, Dutertre présente sa copie, une aquarelle, pour laquelle il reçoit en 1794 le prix de dessin du Louvre.

 

Royal Academy of Art du Magdalen College attribuée à Giampietrino 1515

 

Celle de Léonard à Milan ( Cliques pour agrandire HD)
 Voir avant  et après la restauration  qui dura 20 ans : Ici

 


Joseph Bossi et son mosaïque de Vienne

Lorsque le royaume d’Italie fut proclamé, le prince Eugène de Beauharnais Savoie voulut signaler le début de sa vice-royauté en suivant l’exemple de Ludovic Sforza qui, trois siècles auparavant, avait commandé la fameuse Cène à Léonard. Mais craignant le détériore de sa commande, il demanda que cette Cène fut réalisée en mosaïque. Son royaume serait aussi impérissable qu´elle pensait-il. Joseph Bossi  fut chargé de ce travail qu´ il commença dès les premiers jours de mai 1807.

Donc Bossi chercha à reproduire exactement l´ œuvre du réfectoire de Santa Maria delle Grazie , pour cela il étudia Marcus d´Oggiono, Cesare da Sesto et Luini entre autres, tous sont issus de l´école de Léonard de Vinci.

Marcus d’Oggiono, élève de Léonard de Vinci, fit vers 1510 une copie en petit, afin de l’utiliser ensuite en l´agrandissant. Cette copie n’était pas tout à fait exacte, mais elle lui servit de base pour celle du réfectoire du couvent de Castellazzo, aujourd´hui démolie, mais pas en 1810 puisque  Joseph Bossi, la vit.

Une deuxième copie est une fresque qu’on voit à Ponte Capriasca. On la rapporte à l’an 1565, et on l’attribue soit à Pierre Lovino, soit à Cesare da Sesto, élève de Léonard. Elle a ceci de particulier : les noms des figures y sont inscrits. Bien sûr la figue  qui se penche sur Pierre porte le nom de Jean. A travers les  DEUX fenêtres nous pouvons voir à notre gauche le sacrifice d´Abraham et à droite la prière de Jésus sur le Mont des Oliviers.

 

 

Le mosaïque de  Minoritenkirche ( Vienne ) exécuté par Giacomo Faffaelli et commandé par  Napoléon 1810-1818
(
voir détail du côté gauche )

 

En avril 1807, le vice-Roi d’Italie, Eugène de Beauharnais, confie à Giuseppe Bossi la tâche de copier la Cène de Léonard de Vinci et à Giacomo Raffaelli celle d’en tirer une mosaïque. La copie de Giuseppe Bossi a été détruite en 1943. La mosaïque de Raffaelli est partie pour le Musée du Belvédère puis a été cédée à la Minoritenkirche de Vienne, l’église de la minorité italienne de Vienne, où elle se trouve encore aujourd'hui.

 


Cesare da Sesto - Ultima Cena (copia) por Latente

Cene de Cesare da Sesto ( ou Pierre Lovino) à  Ponte Capriasca - église St. Ambrogio

 

( cliques pour agrandire HD )

Tapis de la Cène à la Pinacothèque du Vatican.
Tapisserie tissée en Flandres offerte par le roi François I au pape Clément VII en 1533

 Mural détaché de la Cène de Giovanni Mauro della Rovere  autrefois à Milan 1628



Toujours dans la région de Lugano à Ticino on peut admirer la Cène de Bernardino Luini, élève très doué de Vinci dans l´église de Sainte Marie des Anges.

En 1612, le cardinal Frédéric Borromée, amateur zélé des beaux-arts, essaya de prévenir la perte totale de la Cène de Léonard et chargea un milanais, André Bianchi, surnommé Vespino, d’en faire une copie à la même échelle.  Vespino étudia les différentes physionomies des personnages et copia toutes les figures, mais une à une.


Le tableau résultant se trouve encore actuellement dans la bibliothèque Ambrosienne à Milan, et il fut la base principale du mosaïque de Bossi .

 
Pourquoi toujours la Cène de Léonard ? Pour émuler le Sforza, oui mais n´oublions pas que cette Maison de Savoie, si attachée au Saint Suaire et à la sainte Lance de Mantoue se réclame descendante de ce Saint Sang ( Voir
Rois de Sion ) Il doit donc exister un message sur ce Cénacle qui aille dans ce sens, comme nous verrons plus loin.



Les trois cercles, symbole d'amitié entre les familles Visconti, Sforza et Borromée. 

Ce signe me rappelle le livre de Maurice Leblanc : “ Les Trois Yeux ” ;
« Je les regardais éperdument, les « trois cercles triangulaires » comme je les ai appelés. L’un d’eux dominait les deux autres, et ces deux-là, plus petits et moins réguliers, mais identiques l’un à l’autre, semblaient, au lieu de s’offrir tout à fait de face, se tourner un peu vers la droite et vers la gauche. D’où venaient-ils ? Et qu’est-ce qu’ils signifiaient ? »



*       *             Toujours en Italie mais cette fois à Turin, ancienne capitale du royaume de Savoie            *          *       
( photos prises par AlSufi l´été de 2008 )

 




 On peut voir ce tableau à dans cathédrale de Turin, à l'intérieur, au dos de la façade, au-dessus du porche.

 D´un auteur non défini pour l´instant, si vous avez des pistes écriez moi s.v.p.


 Cliques sur l´image pour voir la belle photo en HD prise par AlSufi
Comparez la avec celle D´Anvers

Jésus est moins haut sur celle-ci
Le personnage appelé Jean ou Marie Madeleine  porte un décolleté  arrondie sur une tunique verte, comme le reste des personnages

 alors qu´à Milan il est le seul à l´avoir carré. L´espace du cou est plu réduit, mais malgré tout le visage reste féminin.




Dans l'église, moderne de Colle Don Bosco très apprécié par Jean-Paul II . Ici la représentation paraît particulièrement fidèle à l'original de Milan .
Voir la photo prise en HD  par AlSufi.
Comparez la avec celle de Léonard à Milan ,avant  et après la restauration  : Ici

 

Nous n´avons aucune information sur les auteurs de ces reproductions, mais  le mural de Turin semble un copie-collé  de celui de Milan avec les visages floues de Jésus et Jean-Marie Madeleine, donc avant sa longue restauration . On voit même la porte sous le Christ !  

 

 Cette seconde Cène rappelle les clonassions effectuées de nos jours sur l´originale de Milan ( Voir article ) 

par le laboratoire Factum Arte de Madrid pour la Salle delle Cariatidi di Palazzo Reale

.

Tous mes remerciements à AlSufi pour le partage de ses photos

 

L´Espagne, Philippe II et la Cène de Valence

En 1585 Philippe II prit une copie datée en …. de la cathédrale de Valence et la mis à l´Escorial. Cette copie serait due à Bernaldo de Buix d´apres Fray Juan de San Jerónimo, alors que Fray José de Sigüenza la décrit : "Está aqui vna Cena del Señor, ... Es pintura de Leonardo de Vins, ... Presentaronle al Rey nuestro fundador esta copia en Valencia, que como digo es tan buena, que quita la gana, digo el deseo de traer aca el refectorio de Milan.”..

Voici quelqu´un qui aurait aussi emporté celle de Milan . Et Vicencio Carducho reprend l´histoire de
Paolo Giovio en disant que comme Philippe ne put prendre celle de Milan, devant laquelle il tomba en admiration donc il en fit faire une copie.
Après la mort du dernier Sforza François II ;  les rois de France, parents de  la famille Visconti, réclamèrent le duché . Philippe II fut investi en secret Grand Duc de Milan le 11 octobre 1540, puis le 5 juin 1546 par son père Charles V, Empereur de Saint Empire Germanique. Ce titre ne fut publique qu´en 1550  et le roi nomma Fernand Gonzague comme gouverneur de Milan.

Cette copie voyagea en France avec les troupes de Napoléon, mais quand elle revient à Madrid elle était si détériorée qu´on mis à sa place un Tintoret.
La France la rendit enroulée dans un tuyau de carton et les pigments se seraient détachés de la toile.

Tormo attribue cette copie à 
Hernando Llanos et non à Bernaldo de Buix. Hernando voyage-t-il à Milan ? Il nous est parvenue une facture à son nom payée par Léonard de Vinci, de 30 de abril de 1505 pour sa labeur sur "Batalla de Anghiari". Les frères Llanos travaillèrent à Valence ! D´où Philippe II s´en saisit. Donc le serpent se mord la queue.
Les Llanos furent les maîtres de Juan de Juanes dont nous étudierons ses Cènes dans le chapitre suivant.

Une seconde copie apparaît dans la collection du
Deán López Cepero, vendue aux enchères en 1813 pour une valeur de 3000 réales.

 

Cène de l´abbaye de Tongerlo à Anvers


« La copie de la Cène de Tongerlo, alors attribuée à Léonard, est négociée, en 1545, à Anvers, auprès des héritiers d’un certain Jean Le Grand. Son lieu de conservation antérieur est inconnu. »  écrit
Laure Fagnart, sur cette page. Laure explique le décalage des objets et des figures, par l´utilisation de calque par les « leonardeschi »  ce qui est fort logique. Voyons les calques.

 


Toutes ces répliques de la
Cène expliquent pourquoi Stendhal put écrire : « J'ai vu dans mes voyages environ 40 copies de la Cène de Léonard. Au total, la gravure de Morghen me convient beaucoup mieux. » (Journal, 11 mars 1808).




Gravure de Raphaël Morghen



Peut-on se fier du critère de cet auteur ? Morghen (
Naples, 1758 ; Florence, 1833) laissa de nombreuses gravures, des copies des grands maîtres de la peinture dont les exemples de fidélité d´exécution sont assez parlants :

Il imite
Van Dyck qui n´est pas étranger à l´Enigme de Rennes-Le-Château, puis il travaille un autoportrait d´un jeune Vinci, et une Transfiguration de Raphael ( voir l´originale )

 

Autres

A Wieliczka- Pologne
Madeleine est devenue Jean

?

La Cène de Léonard de Vinci

Ce ne sont pas les Cènes qui manquaient comme modèle, pourtant celle de Vinci connut un très grand succès, revenons à l´original peinte sur le mur du réfectoire du couvent, pièce servit très longtemps d´étable, ce qui abîma la peinture, bien oubliée. Elle survécue miraculeusement aux bombardements de la seconde guerre mondiale.
Donc pour l´étudier je vais me servir aussi bien de celle de
Milan comme de celle de Tongerlo.
Pour nous faire une idée du travail de restauration effectué à Milan voir  :
http://membres.lycos.fr/aripa/Photos_Michel_Ange_Christ.html



De l´importance accordée à la physionomie à l´époque  naissent les deux légendes qui veulent expliquer pourquoi Léonard tarda trois longues années pour finir ce mural .Le problème pour lui serait de trouver le modèle pour le visage  de Judas , le  traître.

La première version dit que  ce ne serait que le supérieur du couvent, qui se montrant trop anxieux de voir l´œuvre achevée, mérita ce «  privilège ».
La seconde, Judas  serait la même personne qui posa pour l´artiste, trois ans au paravent,  incarnant la figure de Jésus. Cet homme après ces années de mauvaises actions aurait changé l´expression de son visage, de telle façon que Vinci ne le reconnut pas quand il fit un schéma de son visage à la prison de Milan. C´est le prisonnier qui dévoila son identité.

Bizarre car Judas qui est tourné vers Pierre ressemble plutôt à un singe qu´à un homme de profil.

Le fait est que le Jésus de la Cène a les trait flous , car, dit-on,  De Vinci n´osa comparer la perfection due à la pureté du Christ même avec le plus beau visage des communs des mortels.

 

 

Remarquons tout de suite l´absence de Graal sur la table : oubli inimaginable !!! pour une Cène. Mais le Graal est-il vraiment absent ?

Regardons la
Cène, sur le mur de gauche, juste au dessus de la tête de l´apôtre debout n´y a –t-il pas une niche avec une coupe ? Ses trois niches de gauche sont plus hautes que celles placées à droite, ce manque de symétrie rappelle celui du fond de sa Joconde.

 

Ce côté gauche symboliserait-il ce « Sang Royal » en  lutte avec ses ennemis ? Cette gauche c´est la droite de Jésus, l´Espoir l´Avenir…

C´est là que l´on retrouve Pierre, Jean-Madeleine et Judas … L´épaule de ce dernier est aussi bizarre que son profil…Suivons la direction de la main sous le cou et faisons une translation.

Nous avons déjà vu dans le chapitre « 
Le Génie Moqueur de Vinci » que  si l´on bouge Jean- Marie Madeleine de l´autre côté de Jésus ce vide entre les deux têtes disparaît puisqu´elles s´accouplent parfaitement .Et avec l´épaule de Judas, nous obtenons un couple qui penché sur son petit enfant. Les personnages étaient regroupés par trois, nous avons donc un nouveau trio comme le suggérait Vinci.

Je remercie le
Ratheons,Webmaster de cette page où vous trouverez une autre translation intéressante effectuée sur les bras de Jésus qui ainsi présente Madeleine et son enfant où simplement les élus placés à sa droite.

 

Les groupes de 3 avec 3 niches contenant 3 coupes

Thierry Garnier retrouve avec la Cène du château d´Ecouen une trinité , celle de la Table Ronde si liée au Graal.


Mais s´agit-il de Marie Madeleine ?

Le visage du personnage , assis à droite de Jésus ,est actuellement et malgré la restauration, aussi flou que celui de ce dernier.( mur de Milan ) Et les couleurs des habits sont inversées. Cette personne est la seule a rester impassible .Pouvons nous, sur les restes conservés à Milan, certifier qu´il s´agisse d´une femme et non d´un très jeune éphèbe ?

Les Cènes du valencien Juan de Juanes peuvent nous aider

A vous de juger en lisant  la suite…

 






 

 

 

 

Vinci et Juan de Juanes

OU SUIVRE : LA CENE DE VINCI PAR NICOLAS POUSSIN