Le Coin de l´Enigme : Bizarreries dans l´Art
Léonard de Vinci et Juan de Juanes








Mais s´agit-il de Marie Madeleine ?

Le visage du personnage, assis à gauche de Jésus, est aussi flou que celui de ce dernier, sur le mur de Milan. Et les couleurs des habits sont inversées.

Cette personne est la seule de la Cène à rester impassible tout comme le fait Jésus.
Pouvons nous, sur les restes conservés à Milan, certifier qu´il s´agisse d´une femme et non d´un très jeune éphèbe ?

A vous de juger avec la suite…

 A gauche la figure de Jean ou Marie Madeleine à droite la Vierge aux Rochers que j´ai légèrement incliné :

  




Il y a une autre femme représentée de laquelle on ne parle jamais, elle se tient debout à notre droite, près de l´apôtre qui  fait avec l´indexe le geste de Jean-Baptiste. Officiellement il s´agirait de Thomas, le jumeaux !

Qui est cette femme :  Marie Madeleine ou s´agit-il de Marthe, sa sœur  ?
Puisqu´il y en a quelques uns qui ont quitté leur place et se retrouvent debout, il est possible que la femme en profita pour enlever les restes du repas déjà fini.
Pourtant Juda qui officiellement est le premier à quitter les lieux est encore attablé. Et ils ne serait plus douze !
Cette figure serait mise à la place de Philippe.


Judas n´est pas assis où traditionnellement on est habitué à le voir, c´est à dire au bout de la table.
Par contre il a une main sur sa bource tandis que l´autre se tend vers le pain.
Celle-ci copie exactement le même geste que la main droite de Jésus, une autre image « miroir » .

C´est vrai que l´espace  laissé entre Jésus et le personnage à sa droite, est attirant : on y voit un grand M formé, unissant ces deux personnes.
 Mais ce détail sert-il, à lui seul, à  justifier et confirmer l´identité de Marie Madeleine ?

Revenons sur cette personne indéterminée. Une main est placée menaçante sous son cou.
Main dont les doigts se tiennent unis à Milan, mais pas à Tongerlo !
le décolleté a aussi changé : arrondi à Milan, et visiblement carré, à Tongerlo,
où seul l´index se tient droit tandis que les autres doigts semblent vouloir glisser sous l´ouverture de l´habit, ce qui rend le col apparemment carré.

D´un autre côté, derrière Judas on voit un couteau, soutenu par une main, mais beaucoup pensent qu´il y a une main de trop !
Celle-ci reteindrait le poigné de Pierre. Que signifierait cette grossière erreur de la part de Léonard, le grand Maître ?

La lutte moral entre nos désirs et nos actes ? Celle que tient la conscience et notre inconscient, nos réflexes?
Ou est-ce sa façon de nous transmettre 500 ans après que les paroles de Pierre, envers ce personnage, n´étaient pas douces ?
On ne tua pas physiquement cette personne, on se contenta de la rendre  muette !

Quoi qu´il en soit il plasma une main tenant un couteau. Mais la cape de peinture étant si dégradée, ne peut-il pas s´agir d´un effet optique tout simplement ?
Voyez le schéma de Léonard (au bas)

Si on regarde la Cène de Tongerlo, c´est bien une femme qui est  ainsi menacée, tandis que  celle qui se tient debout n´est plus qu´un homme aux fines mains.
Est-ce Marie Madeleine que représenta le grand Génie de la peinture ? Femme dont la tête se tient au même niveau que celle de Pierre ?
C´est bien possible… examinons pour cela les
Cènes de Juan de Juanes.



    

 
Schéma de Vinci pour sa Cène :  saint Pierre et Philippe/ Marthe.

 Au Centre bras pour Pierre à la Royales Library de Windsor Castel


Les Cènes De Juan de Juanes

La Cène Juan de Juanes du Prado, la plus connue mais aussi la plus traditionnelle :


Judas est au bout de la table, bourse en main ,côté gauche de Jésus, prêt à partir s´il le faut . C´est  un rouquin au nez crochu et en habit jaune.
L´apôtre derrière Jean montre avec ses deux indexes l´auréole de ce premier. Les auréoles sont absentes chez Vinci
Le Graal de Valence est bien sur la table, Jean à droite de Jésus et Pierre, bien calme, à sa gauche.
A part les indexes tout est très normal.

Cène avec Marie-Madeleine à l´Eglise de saint Pierre, martyr et de saint Nicolas, évêque de Valencia


 

Marie Madeleine est assise à gauche de Jésus. Sa main en forme de M comme celle de l´apôtre placé derrière elle, saint Jacques, le frère de Jésus. 2 M ou MM ?
Pierre semble très fâché ! Quant à Juda il n´a fait que se déplacer du même coté que Pierre.
De l´autre côté de la table on murmure à l´oreille. Le plat est plein de nourriture intacte. Jésus regarde la femme à la fois qu´il passe un bras autour d´elle.

S´il  vient d´annoncer sa prochaine disparition, il est juste de penser, qu´il ait nommé son successeur.
Le couple central est triste et personne n´a encore touché aux aliments.
Cela semble plus important que de savoir qui va le trahir. Judas est placé  avec les mécontents et regarde la femme.
Pourtant calice et hostie  rappellent qu´il s´agit de l´eucharistie

Ils portent tous leurs auréoles sauf trois personnes. Jésus, Marie Madeleine et un troisième placé à côté de Judas, Jean ?
Ceux-ci rayonnent. Judas n´étant pas saint n´en coiffe jamais.

Remarquez le pain en forme d´alliance sur la nappe nouée. Nœud qui sépare l´eau du vin au sol.
Le vin côté Jésus ; l´eau côté Marie, qui par ses larmes symbolisait les sources.
Remarquons aussi l´orange coupée en deux sur la nappe : être ma mie-orange de quelqu´un…en Espagne cela signifie être sa moitié, son amour.

Il n´y a qu´une coupe en verre sur la table, celle-ci est placée devant Judas !
La Cène a comme décore deux colonnes.

Il n´y a qu´un personnage qui nous regarde sur notre gauche, c´est le portrait de saint Vincent Ferrer, patron de Valence.
 Normalement il est toujours représenté indexe pointé au ciel, ce n´est pas le cas ici.


Juan de Juanes était de Valence ( Espagne ) donc il connaît très bien le saint Graal de la chapelle ,du même nom, de  la cathédrale de Santa Maria à Valence.
Qu´il dessina toujours ! Pourtant sur la table nous n´avons qu´ un  simple calice. Calice qui peut être considérer comme une coupe de vin.
Et s´il y en a qu´une alors Jésus et Marie boivent de la même coupe, coupe du mariage !
Coupe de l´Alliance s´il y a accord, ce qui ne semble pas être le cas.
 

Le nœud de la nappe :

LE NŒUD : le nœud est en rapport symbolique avec le double concept de la délivrance et du lien.
Son premier sens  désigne l´union et la fidélité , mais aussi le bannissement.
La résolution du nœud est le signe de la libération de certaines forces, ou de la libération de l´être même.
Le plus fameux est sans doute le nœud gordien.( voir la légende du roi  Gordos et d´Alexandre le Grand.)
Rompre ce nœud désigne une solution inattendue  et violente à un problème, jusqu´alors réputé insoluble.
Le nœud de l´amour symbolise les fiançailles, il n´est pas aussi solide que l´anneau du mariage et peut se rompre.
Les nœuds peuvent également  représenter le symbole contraire, celui de la séparation.
Le nœud symbolise aussi une naissance :
Le père nouait une ceinture à la taille de sa femme en déclarant qu´il lui a fait un nœud pour le défaire ensuite et lui rendre son accouchement plus facile ( Pline –23-79-)




Cène avec Saint Jean à la Cathédrale de Valencia

Comparer avec celle-ci très traditionnelle.  Avec le Graal et Jean puis Pierre qui fait un M avec sa main.





Etrange scène durant la Cène aux Beaux Art de Valencia

C´est le titre que je lui ai donné pour la distinguer des autres.
Marie Madeleine parle-t-elle à l´oreille de Jésus ou vient-elle de l´embrasser ?  Cette dernière option est tirée de l´ apocryphe de Philippe.
Mais dans l´évangile canonique de Jean, Pierre demande au disciple bien aimée de bien vouloir prier Jésus pour qu´il révèle le nom du traite.
Pour cela marie ou Jean montre Pierre de la main.
 Pourtant on retient un furieux personnage, « jumeau » de Pierre avec tunique jaune à notre droite.

Notez que quand la femme est présente,  le Graal disparaît !
Marie est à droite de Jésus comme Judas ( celui qui n´a pas d´auréole )Il mange tranquillement dans le même plat que Jésus, il est tranquille trop tranquille,
malgré l´annonce qui vient d´être faite de sa prochaine trahison et en plus la bource n´est pas visible.
Ceci rapporte à l´ évangile de Jean, mais aussi à l´apocryphe de Judas.
 

LES CÈNES DE JUAN DE JUANES :
 Remarquons que quand Marie Madeleine est placée à droite de Jésus il n´y a pas de Graal sur la table !
Si Juan de Juanes peignit une Madeleine assise à côté de Jésus, on peut aussi conclure que le personnage si énigmatique sur la Cène de Vinci fut aussi cette même femme. D´ailleurs il suffit d´une petite translation pour que….


      


Le Génie Moqueur de Vinci, ou Quand Marie Madeleine Prend la Place de Jean

Nous avons vu des  St Jean ressemblant à Marie Madeleine, mais celle-ci prendre la place du premier sur les Dernier Repas ;
« Bizarrement »  quand cette
sainte femme est placée à droite du Messie, c´est le chahut comme chez Léonard.
La droite étant le côté de l´Elu, du bon larron, c´est là qu´officiellement on place Jean, le Préféré est toujours à gauche de Jésus, notre droite.


De Vinci
sépare énormément Jésus de Marie Madeleine. Cette coupure, peu esthétique, est importante en symbolisme.
Elle annonce un déchirure au sein des apôtres, les avis sont partagés. ( Voir Vinci
la Clef Maîtresse de la Cène de Léonard )

Cette coupure dessine un vase, une coupe ou Graal, qui est bien absent sur la table, comme nous avons déjà signaler plusieurs fois.
 Mais aussi un grand M, formé par Jésus et Marie.


Que se passe-t-il si on translate la femme à la traditionnelle place de Jean sur le Vinci ? Que les deux figures s´accouplent parfaitement !
La Madeleine se retrouve alors du côté du vilain larron. Mais ce côté est aussi celui du cœur.
Le calme reviendrait sur scène…comme sur les tableaux du valencien Juan de Juanes

Remarquez alors que Judas, qui tient ici sa bourse, resterait à droite de Jésus ! Léonard avait-il lu l´évangile de cet apôtre, redécouvert de nos jours ?

Mais est-ce si bizarre ? Car voici une autre image apportée par Camélia , il s´agit du bas relief de l´autel de l´
Eglise d´Ambert en Auvergne.
Notez ,ici la présence du calice sur la table.

Et puis….



Eglise de Foix : ici aucun doute c´est bien une femme à notre droite sur cette Cène.



Puis…



Mais il y a plus sur cette Cène de Léonard…
Le couteau dans la main de Pierre, confirmerait un découpage à effectuer, pour comprendre ce qu´à bien voulu transmettre le génie de l´artiste.
Notez que Judas porte un habit bleu ciel comme Marie Madeleine mais son manteau est vert, ce qui ressemble à un vêtement à deux couleurs.
Son épaule nue est quelque peu bizarre…

Suivons la direction de la main sous le cou et faisons une translation.
Si l´on bouge Jean- Marie Madeleine de l´autre côté de Jésus ce vide entre les deux têtes disparaît puisqu´elles s´accouplent parfaitement.
Et avec l´épaule de Judas, nous obtenons un couple penché sur son petit enfant.
Les personnages étaient regroupés par trois, nous avons donc un nouveau trio comme le suggérait Vinci.

Je remercie le
Ratheons de cette page où vous trouverez une autre translation intéressante effectuée sur les bras de Jésus,

 qui ainsi présente Madeleine et son enfant où simplement les élus placés à sa droite.


 
  


Comparez Judas sur la cène gardée à
Tongerlo. copie faite par Giampietrino élève de Vinci et celle du maître .

Moi, j´ai translaté un peu plus et le résultat est le suivant

 

Mais le génie qu´a déployé Léonard ne termine pas ici….

 

Le Mystère de la Seconde Cène

Ainsi en faisant une projection de cette Cène sur un papier calque et en la rapportant sur une photo à la même échelle … puis INVERSONS le calque.
 Les résultats sont surprenants :

-  â l´extrême gauche apparaît un templiers
-  la femme debout semble tenir un agneau
-  l´homme à ses côtés porte une espèce de couronne
-  Jésus est en habit rose et une coupe apparaît devant lui, tandis que le plexus solaire est rouge
-  si on fait glisser cette transparence inversée, alors ce personnage qui tourne le dos au Christ et que l´on identifie à Vinci, nous regarde.
On obtient une ressemblance en procédant de façon identique sur l´autoportrait de Léonard.

Tout ceci est visible sur ce Vidéo .

 

Juan de Juanes et les deux Herman: Llanos et Yáñez

Ces deux espagnols furent élèves de Vinci et on retrouve leurs traces artistiques en Espagne qu´après 1505 à Valence où ils connurent Juan de Juanes et son père.

Ainsi les poses des personnages propres à Vinci furent reprises par Juan de Juanes qui les aurait étudié à travers les copies  apportées par les deux Hernan.
 Ces derniers copièrent par exemple la Madonna en Hiver avec Saint Jean, au paysage différent.
 
       


 En haut Madone au Fuseau par les élèves de Léonard
Au bas les deux premiers tableaux sont de Hernando ou Fernando
Yáñez de la Almedina

qui travailla avec Hernando Llanos ( dits les deux Hernandos ) au retable de l´autel de la cathédrale de Valence
Ce dernier fit l´autre version de la Madone au Fuseau

  

Un autre titre de ce tableau est celui de Vierge au Fuseau, alors ce que tient l´enfant et aussi bien une croix à l´endroit qu´une croix à l´envers !
Jean ou le petit Jésus portant sa croix ? alors que le Baptiste porte un agneau.
Ceci est inversé chez Léonard : Vierge Aux Rochers où Jean Baptiste porte une croix , alors que sur Sainte Anne, la Vierge et l´Enfant celui-ci porte l´ agneau.
Juan de Juanes n´a pas repris l´erreur


Juan de Juanes, Sainte Famille


 
 A vrai dire les historiens ne sont pas d´accord sur le fait de savoir si Juan de Juanes aurait personnellement voyagé en Italie ou pas.
Ce qui serait normal pour un apprentissage de l´époque et même souhaitable de nos jours encore.
Les biographies de ce peintre, si connu dans ce pays, diffèrent totalement sur ce point.

 Qu´importe puisqu´ avec l´œuvre bien conservée de Juan de Juanes, nous pouvons dire que représenter Marie Madeleine sur une Sainte Cène n´est pas un fait si exceptionnel, et donc que les lectures, les connaissances, les croyances « hérétiques » que pouvait avoir Léonard furent partagées par d´autres.
Croyances qui sont antérieures à ce géni. Géni qui eut le culot d´être le premier à les léguer sur le mur d´un couvent à Milan.
Cette façon de voir les choses, cette place accordée à Marie Madeleine dans la peinture fut très bien accueillie par la noblesse française,
 qui manda copier ce chef-d´œuvre, mais aussi par les monarques d´Aragon et Sicile, comme nous avions vu au chapitre précédant.



Ange Gardien de Juan de Juanes

Il sauvegarde la couronne du royaume, quand traditionnellement il protège un enfant. Qui est cet enfant ?
Car c´est  l´épée spirituelle qu´il tient, celle qui fait le Roi (Voir  les symboles du Graal )
Porteur de la tunique et cape rouge. Ecarlate protégé par un blanc manteau qui laisse son genoux découvert
La croix de saint André sur la poitrine, marquée par le « Cygne » sur le cœur

Cet ange est le symbole tant du règne d´Aragon (contenant Sicile, liée à la couronne de Jérusalem) , comme de sa ville, Valence, gardienne aujourd´hui du Graal.

( Voir
L´Escorial ou le Château du Roi de Sion )


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