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Nature et Jupiter par Nicolas Poussin
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« La
peinture est une imitation faite avec lignes et couleurs, en quelque
superficie, de tout ce qui se voit sous le soleil »
Nicolas Poussin
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Dans un recueil paru en 1824. On peut lire le
passage suivant que Poussin écrivait dans l'année de sa mort à M. de
Chambrai :
« Définition :
la peinture est une imitation faite avec lignes et couleurs, en quelque superficie,
de tout ce qui se voit sous le soleil. Sa fin est la délectation. Il ne se
donne point de visible sans lumière, sans forme, sans couleur, sans
distance, sans instrument. Pour ce qui est de la matière (du sujet), elle
doit être noble ; et pour donner lieu au peintre de montrer son
esprit, il faut la rendre capable de recevoir la plus excellente forme.
Il faut commencer par la disposition, puis par l'ornement, le décor, la
beauté, la grâce, la vivacité, le costume, la vraisemblance et le jugement partout ;
ces dernières parties sont du peintre, et ne peuvent s'enseigner. C'est le
rameau d'or de Virgile, que nul ne peut cueillir s'il n'est conduit par le
destin. »
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AUTOPORTRAITS DE NICOLAS POUSSIN
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Pascal déclarait :
"quelle vanité que la peinture
qui attire l'admiration par la ressemblance de choses dont on n'admire
point les originaux"
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«
Je vous veux avertire d´une chose
d´importance qui vous ferra connaître ce qu´il faut observer en la représentation
des sujets qui se dépeignent » écrit Poussin à son ami et protecteur
Paul Fréart de Chantelou le 24 novembre de 1647, pour qui il peignit entre
autre l´« effigies Nicolai Poussini andelyensis pictoris anno aetatis 56
Romae anno jubilei 1651 » ,C´est à dire son deuxième autoportrait.
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Poussin en ferra deux autres, dont une copie de celui-ci, est au musée de
Munich; il en existe une autre copie au casino Rospigliosi à Rome.
Chantelou fut l´amphitryon chargé du séjour en France de Bernini, ne le
quittant pas et annotant tout sur son journal. Ainsi la considération qu´avait ce protégé des
Barberini puis de Rospigliosi, envers l´œuvre de Nicolas et donc de
l´artiste et de l´ homme arriva jusqu´à nos jours.
Un soir que Chantelou et Bernini visitaient le collectionneur Sérisier,
celui-ci sortit un à un plusieurs Poussin, des bons et des mauvais.
Chantelou insiste sur l´accueil fait par Bernini à l´autoportrait que
possède leur hôte, la première version. Le Bernin qui a du mal à détacher
ses yeux de cette toile s´exclame « Il signore Poussin é un
pinttore che labora di là » en montrant son front.
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Autoportrait
1649
Cliques sur l´image
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PREMIERE VERSIÓN:
Ce serait pour substituer le portrait décevant d´un autre artiste romain
que Poussin peignit ce premier autoportrait pour ses commanditaires
parisiens. Bizarre !
Derrière Poussin une plaque funéraire d´un monument sépulcral pour tout décor. C´est sur cette plaque
qu´apparaît son nom. Pourtant son visage, légèrement incliné est souriant,
à la fois que mélancolique.
L´artiste devant la mort ! Un thème cher à Nicolas qui montre un calme
stoïque devant son tombeau.
Le présent de l´homme et son futur annoncé : la mort.
Mais Poussin ne regarde pas son tombeau, qui semble faire partie déjà de
son passé. L´artiste aurait donc déjà reçu le saint sacrement de l´onction.
Fit-il partie de la Compagnie du saint SACREMENT?
Le mot sacrement est la traduction que fit saint Jérôme, du mot grec mystérion.(
Compagnie du Saint Mystère ?)
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Le mystérion, vient
de myô, se fermer, être fermé, se tenir bouche close, comme Poussin
ici et non sur son autre autoportrait. Ce mot est traduit en latin par mysterium
cérémonie secrète, chose secrète, énigme, vérité révélée.
Une tombe est un lieu sacré, un hieron, que l'Ancien Testament
appelle la MAISON DE DIEU. Un lieu TERRIBLE !
Que Jacob vit à LUZ , Lumière et qu´il scella, puis il y revient pour y
enterrer Débora la nurse de Rébecca ( voir chapitre des Cathédrales,
Livres en Pierre )
Poussin apparaît ici comme un Myste, un initié aux mystères, tandis
que les « Mystikos » sont ceux qui y participent , qui sont entourés du mystère divin.
Pourtant pour Aristote les « mystes » connaissaient déjà les mythes
sans pour cela être initiés dans aucune doctrine secret. L´initié est celui
qui est invité à réaliser des gestes rituels et à « voir » des
objets sacrés.
Ainsi le mystes devenait l´epoptes, «celui qui
voit ». Poussin passa-t-il cette dernière étape ? Le tombeau
confirmerait déjà ce fait , mais il y a plus, car pour voir, la lumière
avec son spectre de couleurs est nécessaire.
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Voyez
ce que signale le porte mine de l´artiste, le mot COLORE de « E lvmine et Colore » du bord
du livre. E d´epoptes ?!
Lui,
Poussin, qui craignait la couleur redoutant d'être entraîné par son
charme! Ne parlait-il que de son
art?
Ne manquerait
–il pas un
N ? Puisque l´espace est laissé libre. Mais enluminer
c´est déjà peindre de couleurs vives
Le E est la cinquième lettre de l´alphabet, le cinq désigne l´homme…l´homme
illumine et colore, l´homme et non Dieu. Cinq ou l´étoile, le
pentagramme…le 17 du Tarot.
Ou à nouveau il manquerait un D : De Lumière et Couleur où on remarque
ELU-mine à cause du porte mine, porté par l´élu ou l´élu porte vers la
lumière.
E en latin, sortir…de la lumière et
des couleurs…mourir, être aveugle…lumine
Une inscription qui semble simple à première vue , mais qui devient ambiguë
sitôt on la regarde de plus près
On prétendait qu'il avait composé
un Traité des lumières et des ombres ; mais Du Ghet, son
beau-frère, dans une lettre à M. de Chantelou, prouva que ce n'était
qu'un extrait de Matteo, auteur italien, que lui-même avait fait pour
l'usage de Poussin.
Lui qui aimait tant lire les auteurs grecs , ne pouvait pas ignorer le jeu
de mots existant entre teleutan
« mourir » et teleishai « initiation » ! Ce
qui faisait dire à Platon « Mourir c´est être initié »
Mon tombeau, « myo » Mysterium, mon hermétisme, mon secret !
Mais devant la mort il faut transmettre ce secret à voix basse.
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Autoportrait
1650
Cliques sur l´image
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DEUXIEME AUTOPORTRAIT
Celui qui est au Louvre montre l´artiste avec une expression plus sereine,
dans son studio. Le symbolisme funèbre a été remplacé par trois toiles échelonnées. Au fond
une porte fermée ou une toile plus grande retournée. Tout est très
quadrangulaire, calculé.
La première toile est vide sauf par l´inscription : EFFIGIES NICOLAI
POUSSINI ANDELYENSIS PICTORIS, ANNO AETATIS 56. ROMAE ANNO JUBILEI 1650.
Sur la seconde on voit cette femme coiffée d´un diadème avec un œil
visible, à qui un personnage non visible entoure de ses bras. Certains pensent qu´il s´agit d´une
allégorie de la peinture couronnée comme la plus importante des arts.
L´Inspiration, la Sophia des stoïques.
La troisième toile reste invisible.
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Au
milieu de cette nudité du décor, la lumière éclaire la main celle qui
dessina ce tableau, faisant ressortir son
anneau, avec cette pierre noire taillée en forme pyramidale. Ses
pyramides qui reviennent sans cesse sur ses œuvres. Cet anneau serait
l´emblème du Stoïcisme, de la constance ou stabilité et force de caractère. Choses que nous
ne saurions nier à Nicolas, mais s´agit-il que de cela ? Voyons si
Poussin a laissé d´autres pistes.
Il tient cette fois un attaché-case de dessin , quelque chose de fermer
donc hermétique, donc le lacet rouge renvoie au tableau de la Dame.
L´axe de l´œuvre passe par son visage, mi dans l´ombre mi dans la lumière, sa bouche entrouverte
semble sur le point de formuler quelque parole. Ses yeux invitent aussi à
regarder la Dame, même si le fait d´être là sur un portrait presque vide
peint par quelqu´un de pas très coquet , n´était déjà pas assez suffisant.
Ainsi suivant la lumière le regard ne peut se diriger que vers la main de
l´auteur et cette femme couronnée d´ « un » œil !
Qui est donc cette Dame ?
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LA DAME
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Cette
Dame ressemble à Pallas Athéna, la chaste déesse de la sagesse, des arts,
des techniques de guerres, des sciences, elle est la protectrice d´Athènes
puis de Rome et la patronne des artisans. Elle est souvent représentée avec
un casque- masque sur son crâne.
Elle naquit de la tête de Zeus et eut comme mère Métis, une océanide dont le
nom signifie conseil. Elle est sortie en armes et mûre de la tête de son
père après que Vulcain eut frappé le crâne avec une hache. C´est un idéal,
né d´un conseil et une concept.( conception ) Vulcain c´est le boiteux,
l´initié.
A elle seule, elle symbolise la civilisation grecque. Son élection comme protectrice de la
capitale hellénique , se réalisa par suffrage de tous les habitants.
La Démocratie naquit à Athènes à cause de la situation
économique, situation qui rappelle celle de l´Europe de l´époque de Poussin
et de laquelle ni Mazarin, ni
Nicolas Fouquet ne sont pas étrangers.
Cette déesse était la fille privilégiée du maître de l'Olympe. Elle donnait
l'esprit de prophétie, prolongeait à son gré les jours des mortels,
procurait le bonheur après la mort ; tout ce qu'elle autorisait d'un
signe de tête était irrévocable ; tout ce qu'elle promettait arrivait
infailliblement.
Enfin c'est elle qui fait construire le vaisseau des Argonautes d'après son
dessin, et qui place à la proue le bois parlant, coupé dans la forêt de
Dodone, lequel dirigeait leur route.
À ces fêtes, les grandes PANathénées, on promenait dans Athènes un navire
orné du péplum, ou voile de Minerve, chef-d'œuvre de broderie exécuté par
les dames athéniennes. Ce qui rappelle le sceau de Nicolas Poussin TENET
CONFIDENTIAM, une femme grecque portant un arche -bateau qui la dirige,
vers où ? là est le secret qu´elle tient.
Afin de l'emporter sur ses rivales elle offrit à Pâris, le savoir et la vertu. Ses offres furent vaines, et ce
fut la guerre !
Celui qu´on représente toujours avec un casque-masque c´est Périclès
d´Athènes, à cause d´une déformation de son crâne.
Périclès, attira à Athènes une foule de savants et
d'artistes qui permirent à la cité de se targuer du titre de capitale culturelle
de la Grèce. Autour de Périclès s'organisa bientôt un véritable cercle
intellectuel dont le fameux sophiste Pythagore, Hérodote, Sophocle,
Phidias, Anaxagore etc.…
C´est à Périclès que l´on doit la fameuse phrase : "le
gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple"
Il
n´est pas étonnant que l´on veuille embrasser la Dame.
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L´ŒIL
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La Liberté durant les travaux
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On prend souvent cet œil
sans paupière de la diadème pour un troisième œil :
Le troisième œil est dans la tradition le centre énergétique (ou chakra)
depuis lequel la pensée créatrice anime l'énergie.
C´est l´Œil de la Providence
ou l'œil omniscient sous sa forme courante, ce symbole est apparu pour la
première fois pendant les XVIIe siècle son origine
remonte à la mythologie égyptienne et son œil Oudjat aussi appeler œil
d'Horus.
L’œil unique, sans paupière, est
par ailleurs le symbole de l‘Essence et de la Connaissance divine. Inscrit
dans un triangle, il est en ce sens un symbole à la fois maçonnique et
chrétien.
Cette Dame ressemble aussi à la Liberté Illuminant le Monde que la
France offrit aux Etats Unis, mais sans rayons sur sa couronne. Et
alors nous aurions l´ŒIL, la Pyramide et la Liberté ! Illuminant ce
Monde
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Cette figure féminine
rappelle celle des Bergers d´Arcadie et celle-ci à son tour, mais cette fois avec diadème, la femme de Sébastien Bourdon, celle qui secourt Moïse
enfant des eaux fertilisantes et
noires du Nil.
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Poussin
sur les deux autoportraits est revêtu d´une cape noire : Contrairement
à la symbolique chrétienne, le noir (kem) n'avait pas de connotation
négative dans la pensée des anciens Égyptiens. Si elle est bien la couleur
de la nuit et du royaume des morts, elle est avant tout le symbole
de la renaissance et de la fertilité.
Et c´est bien sur cette mort et renaissance que joua Nicolas Poussin sur
ses tableaux
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L´héritage de Poussin, son
secret nous fut légué dans ses tableaux.
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SUITE
: D´AUTRES POUSSIN ET UNE DAME
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