Le Secret de Nicolas Poussin…
Ses Autoportraits…





Autoportrait de Poussin, vers 1630 à Londres


« La peinture est une imitation faite avec lignes et couleurs, en quelque superficie, de tout ce qui se voit sous le soleil »
Nicolas Poussin



Voici qu´en regardant le livre de l´Exposition du Grand Palais dédiée à Poussin retrouvé, par hasard, dans sa version Française,

 aux « puces » de Valence en Espagne, je m´aperçois que le dit Premier Autoportrait, ne présente aucune inscription sur le livre qu´il tient à la main.
 Après recherches et corrections, voici donc mon étude renforcée, que non faussée par cette découverte.

 

Dans un recueil paru en 1824, on peut lire ce passage écrit par Poussin, l'année de sa mort, s´ adressant à M. de Chambrai :

 « Définition : la peinture est une imitation faite avec lignes et couleurs, en quelque superficie, de tout ce qui se voit sous le soleil. Sa fin est la délectation.

Il ne se donne point de visible sans lumière, sans forme, sans couleur, sans distance, sans instrument.
 Pour ce qui est de la matière (du sujet), elle doit être noble ; et pour donner lieu au peintre de montrer son esprit, il faut la rendre capable de recevoir la plus excellente forme.
 Il faut commencer par la disposition, puis par l'ornement, le décor, la beauté, la grâce, la vivacité, le costume, la vraisemblance et le jugement partout ;
ces dernières parties sont du peintre, et ne peuvent s'enseigner. C'est le rameau d'or de Virgile, que nul ne peut cueillir s'il n'est conduit par le destin. »



LES AUTOPORTRAITS DE NICOLAS POUSSIN


Pascal déclarait :
 "Quelle vanité que la peinture qui attire l'admiration par la ressemblance de choses dont on n'admire point les originaux"

Nous verrons plus tard l´importance des portraits et autoportrait particulièrement ceux de Dürer, de Van Dyck, de Raphaël et Vinci ( Vitruve, Cène, Joconde ),

qui en disent long sur l´artiste. Est-ce le cas des autoportraits de Nicolas Poussin ?
La lettre adressée à M. de Chambrai, semble le confirmer pour tout tableau signé par lui, mais est-ce le cas pour ses autoportraits ?

Quel message personnel voulut-il léguer aux générations à venir ?

 

« Je vous veux  avertir d´une chose d´importance qui vous ferra connaître ce qu´il faut observer en la représentation des sujets qui se dépeignent »
écrit Poussin à son ami et protecteur Paul Fréart de Chantelou le 24 novembre de 1647, pour qui il peignit entre autre,

 l´« effigies Nicolai Poussini andelyensis pictoris anno aetatis 56 Romae anno jubilei 1655 »,
 
c´est à dire son deuxième autoportrait mesurant  98 x 74 cm, acquis par les collections nationales en 1797, Numéros des catalogues Thuillier / Blunt 190/2 ,
celui que l´on peut admirer  de nos jours au
Louvre.


Poussin en fit deux autres, au moins, dont une copie de celui-ci, est au musée de
Munich; il en existe une autre copie au casino Rospigliosi à Rome.

 L´un de ses mécènes et ami, Chantelou fut l´amphitryon, chargé du séjour en France du Bernin, ne le quittant pas et annotant tout sur son journal.

 C´est ainsi que la considération qu´avait cet autre protégé des Barberini puis de Rospigliosi, envers l´œuvre de Nicolas,
donc de l´artiste et de l´ homme, arriva jusqu´à nos jours.

Un soir que Chantelou et le Bernin visitaient le collectionneur Sérisier, celui-ci sortit un à un plusieurs Poussin, des bons et des mauvais.

 Chantelou insiste sur l´accueil fait par le fameux sculpteur à l´autoportrait que possède leur hôte, la première version.

 Le Bernin qui a du mal à détacher ses yeux de cette toile s´exclame « Il signore Poussin é un pinttore che labora di là » en montrant son front.


Mais voilà ! de quelle version parlait-il ?



  
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L´inscription du haut est la même dans les deux cas : et semblent même calquées:
 

« Nicolaus Poussinus Andelyensis Academicus Romanus Primus

Pictor Ordinarius Ludovici Iusti Regis Galliae. Année su seigneur

1649. Romae.                                      Aetatis suae 55 »




"Nicolas Poussin des Andelys, académicien romain, premier peintre ordinaire de Louis le Juste, roi de France"

Un vrai Curriculum Vitae pour le jeune Louis XIV et pour d´autres possibles mécènes. N´est-ce pas?

  Mais
au Staatliche Museen de Berlin, le livre tenu par Poussin n´a pas d´inscription ( 1649 )
 Tandis que sur celui de
la Gemäldegalerie de Berlin on peut aussi lire (D)E LUMINE ET COLORE ( 1649 ), sur le livre.

   Nous savons du premier fut peint pour son ami Jean Pointel. Acquis par le musée de Berlin en 1821.

Numéros des catalogues Thuillier / Blunt : 186 /  et mesure :  78 x 65 cm

Puisque nous savons que celui, aujourd´hui au Louvre, fut peint pour son ami Paul Fréart de Chantelou, ( 
98 x 74 cm )
Il faut supposé que ce tableau, avec titre du livre, est celui de Mr Sérisier, celui qui provoqua l´admiration du Bernin.

Jean Pesne, contemporain de Nicolas en fit une gravure et maintient le titre de l´œuvre tenue par l´artiste,

Tout en l´inversant du haut au bas, alors que l´image est  inversée gauche-droite.

 

    

Donc à la même époque Nicolas insiste sur ses autoportraits, il faudra étudier cette double « première version » .

DEUX VERSIONS POUR UN « PREMIER » AUTOPORTRAIT

Théoriquement, se serait pour substituer le portrait décevant d´un autre artiste romain que Poussin peignit ce premier autoportrait pour ses commanditaires parisiens.
Bizarre ! de substituer un autoportrait de quelqu´un par celui d´une autre personne, mais la mode était peut-être à l´autoportrait…

Derrière Poussin pour tout décor, une plaque funéraire d´un monument sépulcral sur laquelle apparaît son nom, son épitaphe.

Pourtant son visage, légèrement incliné est souriant, à la fois que mélancolique.
Comme le fit Dürer, il pourrait montrer, de façon plus discrète, il est vrai, de son double porte-mines sa rate, centre de la mélancolie (
voir et lire ) ;

et si on trace une ligne qui passe par les deux mines on rejoindra le livre, passant vers la rate puis le mot REGIS et plus haut ACADEMIECUS,
académicien royal, il est fier de son titre, alors qu´il est de retour à Rome, pour n´en point ressortir.
Que s´est-il passé entre temps ? Entre son retour définitif et la date de cet autoportrait….

Cassiano dal Pozzo s´inspira du Codex Barberinus 832, une des copies du Traité de la Peinture de Vinci dit Codex Urbinas 1270

pour imprimer un traité de l´Art illustré, cette fois, par Nicolas Poussin. ( lire Poussin  et l´Anatomie ou  Il Trattato Della Pittura Di Lionardo Da Vinci )
Une copie de ce projet fut donnée à Paul Fréart de Chantelou en 1640 puis finalement fut éditée par de Raphael Trichet du Fresne,

 imprimée par Langlois en somptueux folios en 1651.
1640, c´est l´année où Chantelou vient chercher Poussin pour aller en France exercer comme peintre royale.

Il pourrait s´agir de ce livre, celui qu´il tient sur son autoportrait, sans titre pour le banquier Jean Pointel, grand amateur et ami de Poussin et avec titre pour Mr Sérisier.
Négociant en soie, installé à Paris, Sérisier entretient avec Poussin une réelle amitié et lui rend visite à Rome en 1647.
Poussin tenait Sérisier pour
« un de ces hérétiques qui croient que le Poussin a quelque talent en la peinture qui n'est pas commun ».

 Ce fut entre avril et octobre 1665, ( Poussin moura en Novembre) que le Bernin se rendit en France et Chantelou lui fait visiter la collection Sérisier.

LES DERNIERES VOLONTES DE POUSSIN ?

Poussin garde de son séjour à Paris1640-1642, des amis fidèles qui collectionnent ses œuvres, notamment Paul Fréart de Chantelou, Jean Pointel, et Jacques Sérisier.
A son départ de Paris, Poussin désigne les deux derniers comme ses exécuteurs testamentaires.
Ce sont les deux qui aurons droit à ces deux autoportraits, qui sont presque une copie l´un de l´autre !
Aurait-il laissé sur ces deux toiles, les instructions imagées nécessaires à la construction de son tombeau, avec l´épitaphe correspondant ?



 Epitaphe bien différente de celui rédigé par Châteaubriand, ici traduite du latin, qu´il fait accompagné des Bergers d´Arcadie. Bien entendu presque un siècle après la mort de Nicolas.


 Retiens tes larmes pieuses, dans cette tombe Poussin vit
Il avait donné la vie sans savoir lui même mourir
Il se tait ici mais, si tu veux l'entendre parler,
il est surprenant comme il vit et il parle dans ses tableaux




Ne préféra-t-il pas plutôt un tombeau genre Raphaël avec les simples lignes du poète Pietro Bembo (1470-1547) :
 «Ci-gît Raphaël, à sa vue la nature craignit d’être vaincue ; aujourd’hui qu’il est mort elle craint de mourir».
Mais avec l´inscription tombale visible sur ses deux autoportraits.



Tombe de Raphaël Sanzio au Panthéon de Rome.


L´artiste devant
la mort ! Un thème cher à Nicolas qui montre un calme stoïque devant son tombeau.
Le présent de l´homme et son futur annoncé : la mort. Tout est-il déjà écrit d´avance ? Il rejoindrait en ceci les croyances de Port Royal, issues de la pensée augustinienne.
Mais Poussin ne regarde pas "son" tombeau, il pose ses yeux, dont les iris portent vers sa droite, côté de son passé contrairement à la
Joconde, sur nous.
Cette mort semble faire partie déjà de son passé. L´artiste aurait-il déjà reçu, en une occasion, le saint sacrement de l´onction ?
 Dernier sacrement, celui de l´initiation à la mort, lui qui était toujours malade ?
 
POUSSIN, LE MYSTE

 
Le mot sacrement est la traduction que fit saint Jérôme, du mot grec mystérion.( Compagnie du Saint sacrement deviendrait alors la Compagnie du Saint Mystère ?)

Le mystérion, vient de myô, se fermer, être fermé, se tenir bouche close, comme Poussin ici et non sur son autre autoportrait au Louvre, où elle est légèrement entrouverte.


 Ce mot est traduit en latin par mysterium, cérémonie secrète, chose secrète, énigme, vérité révélée.


Une tombe est un lieu sacré, un hieron, que l'Ancien Testament appelle la MAISON DE DIEU. Un lieu TERRIBLE !
Où Jacob vit à LUZ, la  Lumière qu´il scella, lieu où il y revient pour y enterrer Débora la nurse de Rébecca ( voir chapitre des
Cathédrales, Livres en Pierre )


Poussin apparaît ici comme un Myste, un initié aux mystères, tandis que les « Mystikos » sont ceux qui y participent, qui sont entourés du mystère divin.

Pourtant pour Aristote les « mystes » connaissaient déjà les mythes sans pour cela être initiés dans aucune doctrine secrète.
 L´initié est celui qui est invité à réaliser des gestes rituels et à « voir » des objets sacrés.
Ainsi les mystes devenait l´epoptes, «ceux qui voit ». Poussin passa-t-il cette dernière étape ?
Le tombeau confirmerait déjà ce fait, mais il y a plus, car la lumière est indissociable du spectre de couleurs.

 

(D)E LUMINE ET COLORE

On prétendait qu'il avait composé un Traité des lumières et des ombres ;
 mais Dughet, son beau-frère et fils adoptif de l´artiste, dans une lettre à M. de Chantelou, prouva que ce n'était qu'un extrait de Matteo,
auteur italien, que lui-même avait fait pour l'usage de Poussin
.

Chantelou donc connaissait l´autoportrait de Sérisier.

Voyez ce que signale le porte mine de l´artiste : « E lvmine et Colore » du bord du livre.  Avec ce E d´epoptes peut-être?!

Lui, Poussin, qui craignait la couleur redoutant d'être entraîné par son charme !  Ne parlait-il que de son art?

Ne  manquerait-il pas un N ? Puisque l´espace est laissé libre, mais enluminer c´est déjà peindre de couleurs vives.
Le E est la cinquième lettre de l´alphabet, le cinq désigne l´homme…l´homme illumine et colore, l´homme et non Dieu. Cinq ou l´étoile, le pentagramme…le 17 du Tarot.

Ou bien il manquerait un D, que Pesne ajouta sur sa gravure : De Lumière et Couleur
 Sur ce titre on remarque ELU-mine à cause du porte mine, porté par l´élu ou l´élu porté vers la lumière : Voici l´allure d´un élu au Don de l´Art.

E  en latin : sortir…de la lumière et des couleurs…mourir, être aveugle…lumine
N´oublions pas qu´il s´adresse à nous qui regardons la toile, il nous faut ouvrir les yeux à la lumière.

Une inscription qui semble simple à première vue, devient ambiguë sitôt on la regarde de plus près.

Lui qui aimait tant lire les auteurs grecs, ne pouvait pas ignorer le jeu de mots existant  entre teleutan « mourir » et teleishai « initiation » !
Ce qui faisait dire à Platon 
« Mourir c´est être initié »

Mon tombeau, « myo » Mysterium, mon hermétisme, mon secret ! Mais devant la mort il faut transmettre ce secret à voix basse.

L´ AUTOPORTRAIT DU LOUVRE

      
  
   
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Les deux gravures sont de Jean Pesne, sur la grise l´inscription est transcrite de façon libre, alors que sur la seconde gravure elle n´est plus lisible, si elle y est encore.

Celui qui est au Louvre montre l´artiste dans son studio, mais son expression faciale n´est plus la même.
 Son petit sourire a disparu, la commissure de ses lèvres est tombée, sa bouche est un peu entrouverte, tandis que sa tête, plus pâle, se tient droite.
Il a l´air fatigué et triste. Son regard porte toujours sur sa droite, il se sent vieux et révise son passé.
L´expression de ses yeux a changé, il est comme absent. Que veut-il nous transmettre ?

 Le symbolisme funèbre a été remplacé par trois toiles échelonnées. Au fond une porte fermée. Tout est très quadrangulaire, calculé.

La première toile est vide sauf par l´inscription :
EFFIGIES NICOLAI POUSSINI ANDELYENSIS PICTORIS, ANNO AETATIS 56. ROMAE ANNO JUBILEI 1650…
 
Sur la seconde, plus haute, on voit cette femme coiffée d´une diadème avec un œil visible dessus, à qui un personnage non visible entoure de ses bras.
 Certains pensent qu´il s´agit d´une allégorie de la peinture couronnée comme la plus importante des arts. L´Inspiration, la Sophia des stoïques.

 De la troisième toile on n´aperçoit qu´un bout de cadre.

Au milieu de cette nudité du décor, la lumière éclaire la main celle qui dessina ce tableau, faisant ressortir son anneau, avec cette pierre noire taillée en forme pyramidale.
Ses
pyramides qui reviennent sans cesse sur ses œuvres. Cet anneau serait l´emblème du Stoïcisme, de la constance ou stabilité et force de caractère.
Choses que nous ne saurions nier à Nicolas, mais s´agit-il que de cela ? Voyons si Poussin a laissé d´autres pistes.



Il tient cette fois un attaché-case de dessin peut-être, quelque chose de fermer donc hermétique, donc le lacet rouge renvoie au tableau de la Dame.

 L´axe de l´œuvre passe par son visage, mi dans l´ombre mi dans la lumière, sa bouche entrouverte semble sur le point de formuler quelque parole.
Ses yeux invitent aussi à regarder la Dame, même si le fait d´être là sur un portrait presque vide peint par quelqu´un de pas très coquet, n´était déjà pas assez suffisant.

Ainsi suivant la lumière le regard ne peut que se diriger vers la main de l´auteur et cette femme couronnée d´ « un » œil !

Qui est donc cette Dame ?

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LA DAME

Cette Dame ressemble à Pallas Athéna, la chaste déesse de la sagesse, des arts, des techniques de guerres, des sciences, protectrice d´Athènes puis de Rome
et patronne des artisans, qui est le plus souvent représentée avec un casque masqué sur son crâne.
Elle représente à elle seule la maxime de
BEAUTE, FORCE et SAGESSE que l´on retrouve sur les Bergers d´Arcadie.

Elle naquit de la tête de Zeus et eut comme mère Métis, une océanide dont le nom signifie conseil.
Elle est sortie en armes et mûre de la tête de son père après que Vulcain eut frappé le crâne avec une hache.
C´est un idéal, né d´un conseil et d´un concept ( conception ). Vulcain c´est le boiteux, l´initié, celui qui habite sous terre.

A elle seule, elle symbolise la civilisation grecque. Son élection comme protectrice de la capitale hellénique, se réalisa par suffrage de tous les habitants.
 La  Démocratie naquit à Athènes à cause de la situation économique, situation, qui rappelle celle de l´Europe de l´époque de Poussin,
de laquelle, ni Mazarin, ni Nicolas Fouquet ne furent étrangers.

 

Jean-Auguste-Dominique Ingres, L'Apothéose d'Homère, dit aussi Homère Déifié
Avec Poussin aux côtés de Richelieu, portrait basé sur l´autoportrait du Louvre.


Cette déesse était la fille privilégiée du maître de l'Olympe. Elle donnait l'esprit de prophétie, prolongeait à son gré les jours des mortels, procurait le bonheur après la mort ;
tout ce qu'elle autorisait d'un signe de tête était irrévocable ; tout ce qu'elle promettait arrivait infailliblement.
Ce qui renvoierait les deux premiers autoportraits de Poussin.

Enfin c'est elle qui fait construire le vaisseau des Argonautes d'après son dessin, et qui place à la proue le bois parlant,
 coupé dans la forêt de Dodone, lequel dirigeait leur route.

À ces fêtes, les grandes PANathénées, on promenait dans Athènes un navire orné du péplum, ou voile de Minerve.
Ce qui rappelle le sceau de Nicolas Poussin
TENET CONFIDENTIAM, une femme grecque portant un arche-bateau qui la dirige, vers où ? Là est le secret qu´elle tient.

Afin de l'emporter sur ses rivales elle offrit à Pâris, le savoir et la vertu. Ses offres furent vaines, et ce fut la guerre !
Poussin lui eut-il donné cette pomme d´or que non bleue?

  

Celui qu´on représente toujours avec un casque-masqué c´est Périclès d´Athènes, à cause, semble-t-il, d´une déformation de son crâne.
Périclès, attira à Athènes une foule de savants et d'artistes qui permirent à la cité de se targuer du titre de capitale culturelle de la Grèce.
Autour de Périclès s'organisa bientôt un véritable cercle intellectuel dont le fameux sophiste Pythagore, Hérodote, Sophocle, Phidias, Anaxagore etc.…faisaient partie entre autres.
Rappelons ici que Poussin aimait à travailler librement, pour ses amis et en cela, du moins au début, la dote de sa femme Anne-Marie, fut un sérum.

C´est à Périclès que l´on doit la fameuse phrase : "le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple"
Il n´est pas étonnant que l´on veuille embrasser la Dame.

L´ŒIL

SOL

La Liberté lors des travaux

On prend souvent cet œil sans paupière de la diadème pour un troisième œil :

Le troisième œil est dans la tradition, le centre énergétique (ou chakra) depuis lequel la pensée créatrice anime l'énergie.

C´est l´Œil de la Providence ou l'œil omniscient sous sa forme courante, ce symbole est apparu pour la première fois pendant les XVIIe siècle,

 son origine remonte à la mythologie égyptienne et son œil Oudjat aussi appeler œil d'Horus.

L’œil unique, sans paupière, est par ailleurs le symbole de l‘Essence et de la Connaissance divine.
Inscrit dans un triangle, il est en ce sens un symbole à la fois maçonnique et chrétien.
 

Cette Dame ressemble aussi à la Liberté Illuminant le Monde que la France offrit aux Etats Unis, mais sans couronne rayonnante.
Au contraire celle-là capte la lumière, par cet œil et la distribue à ceux qui l´embrassent.
Nous aurions l´ŒIL, la Pyramide et la Liberté ! Illuminant ce Monde.

Cette figure féminine, par son profil, rappelle celle des Bergers d´Arcadie et celle-ci à son tour, mais cette fois avec diadème,
la femme de
Sébastien Bourdon, celle qui secourt Moïse enfant des eaux fertilisantes et noires du Nil.
Nil qui sur les Moïse Sauvé des Eaux de Poussin apparaît en habits noirs, alors que la fille du Pharaon, nous montre ou son
profil ou sa diadème.
La Dame de Bourdon se retrouve sur un " Moïse Sauvé Des Eaux" 1655-60


      

 

Poussin sur ses trois autoportraits est revêtu d´une cape noire : Contrairement à la symbolique chrétienne,
le noir (kem) n'avait pas de connotation négative dans la pensée des anciens Égyptiens.
Si elle est bien la couleur de la nuit et du royaume des morts, elle est avant tout le symbole de la renaissance et de la fertilité.
Et c´est bien sur cette mort et renaissance que joua Nicolas Poussin sur ses tableaux, comme nous allons le voir par la suite.

L´héritage de Poussin, son secret nous fut légué à travers ses tableaux, comme signaler aussi Chateaubriand, ce qui n´est pas rare pour un artiste de talant.

 

Daprès lAutoportrait de Nicolas Poussin (1649) peint pour Jean Pointel et conservé à Berlin.
Illustre la notice consacrée au peintre par Charles Perrault dans son ouvrage intitulé
« Les hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, avec leur portrait au naturel ».
Un tirage est conservé au musée des Beaux-Arts de Nancy.

SUITE : D´AUTRES POUSSIN ET UNE DAME