Le Coin de l´Enigme : Bizarreries dans l´Art



Léonard de Vinci, la Joconde ou Mona Lisa(2)


 

Léonard, savant, ingénieur, génie créateur inlassable, homme qui sut concilié l´art et la science , lui qui formula de façon  prométhéenne: 
«
facil cosa è farsi universale » (il est aisé de se rendre universel) est surtout connu par ce tableau : la Mona Lisa

"Ne vois-tu pas que parmi les beautés humaines, c'est le beau visage qui arrête les passants, et non les riches ornements..."



Les autres Mona Lisa et les nouvelles découvertes

A part la plus fameuse abritée au Louvre, nous avons déjà rencontré  deux Mona Lisa, celle du Prado ( voir page antérieure les nouvelles découvertes )
 et celle, plus ressente appelée  d´Isleworth. Mais il y en a beaucoup d´autres.
Les élèves et  les artistes admirateurs de Léonard copièrent le Maître, si bien que trop souvent les spécialistes ont du mal à distinguer
celles de Vinci à celle de Giampietrino ou  de Bernardino Luini, par exemple, qui furent très appliqués.
Citons la ressente « découverte » d´une Marie Madeleine jusqu´alors attribuée à Giampietrino  qui résulterait être de la main de Léonard
( voir  :
Vinci à Burgos ou une étrange Marie Madeleine )

A part ses élèves, il y eut aussi hélas les « tricheurs », comme j´expliquerai plus bas  pour le vol de la Joconde,
mais avant jetons un coup d´œil à ce qui se mijote dans le monde scientifique à propos de cette Dame au sourire

                                       

Mona Lisa du Prado, avant restauration( Voir en haute résolution en cliquant sur l´image) et  Mona  Lisa d´Isleworth

  

1- Au Walter´s Gallery- 2-Musée des Arts de Portland .Découverte ressente Datation du Pigment donne 1510- 3-Vernon Collection

  

1-Copie italienne datée du XVIºs.- 2-Raphaël, Louvre- 3-D´après
Maike Vogt-Lüerssen, ce serait Isabelle….sans donner les sources

  

1- Bernardino Luini à la  National Gallery d´ Oslo-2-Par Salai à Thalwil, Suisse- 3-Bernardino Luini de la Chambre des Députés de Rome



Bernardino Luini : Marthe et Marie Madeleine, dont la figure qui rappelle la Joconde.
Celle-ci tient une fleur d´Ancolie ou colombine en anglais, symbole de fertilité …
Notez que MELancolie = Fertilité ( Voir Dürer, l´Alchimiste )



Les Nouvelles recherches scientifiques

« En 2004, à la demande du Louvre, le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) a entrepris l'examen scientifique de La Joconde, le plus complet jamais réalisé à ce jour. Dans le cadre de ce projet, une équipe du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) constituée de scientifiques spécialisés en imagerie a été invitée à Paris en octobre 2004, afin de réaliser un relevé tridimensionnel du tableau… »

Le fait est que l´on a quitter le cadre à cette Mona Lisa et que deux colonnes sont visibles sur les côtés !

 
                  

Joconde du Louvre sans cadre puis sans vernis



Une chose est l´obtention par des méthodes scientifiques de l´image ,une autre l´interprétation « historique » faite par ces mêmes techniciens.

En 2006 à Ottawa
Conseil National de Recherches du Canada dévoila, verbe très approprié dans ce cas ,  « que Mona Lisa était enveloppée d'un "voile de gaze" fine et transparente normalement porté à l'époque par les femmes enceintes ou venant d'accoucher » Ce voile était masqué pas le vernis du Sfumato !

Voyez cette image de la Mona Lisa, telle que l´on la voit au Louvre avec son « voile d´Isis » bien visible
 et comparez la avec la Dame Enceinte, œuvre de Raphaël, pourtant sans voile. ( image plus bas )

Vasari nous écrivait que cette Gioconda venait de perdre son enfant, :  ce voile ne serait-il pas plutôt, partant du fait qu´il s´agirait de Lisa di Giocondo, un signe de deuil, comme on pouvait en voir il n´y a pas si longtemps que ça en Espagne, par exemple. Mais Vasari ne vit jamais la Joconde…

D´autre part :
«Ce tableau a été peint pour commémorer la naissance du second fils de Mona Lisa. C'est une femme qui vient d'avoir un enfant, qui se tourne vers vous, vous fixe des yeux et sourit légèrement», a dit Bruno Mottin, conservateur au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) La Joconde regarde sur sa gauche !

Deuxième enfant....de qui ? si on ne sait même pas qui fut le modèle ( voir chapitre précédant )


«Cette méthode a également permis de s'apercevoir que la Joconde n'avait pas les cheveux libres. Ils sont retenus en un chignon couvert par un bonnet à l'arrière de la tête».
Bien entendu sinon cette Mona avait peu de cheveux ou soufrait d´une perte du système pileux alarmant !

«Cela surprenait les historiens car ce type de coiffure à la Renaissance était typique des jeunes filles et des femmes de mauvaise vertu, ce qui n'était pas normal pour cette femme de bonne famille, épouse d'un marchand de soie»,
a expliqué M. Mottin, qui parle de la femme du Giocondo ! Imaginez quel scandale si le meilleur portrait qui soit, eut comme modèle, une courtisane….femme de cour et de cœur…amante que Raphaël dessine avec bonnet, comme la porteuse d´hermine !
Puisque Fornarina signifie aussi bien boulangère comme prostituée !

Ceci quitterait-il le mérite au pinceau qui l´exécuta ?

Ces
experts , comme les éminents médecins de la page antérieure, ont-ils retournés le tableau  pour apercevoir le chignon ?

Voyez cette jeune célibataire, la Fornarina de Raphaël,  avec chevelure attachée, enrubannée et perlée,  sourcils bien visibles , et un voile enveloppant.
 Tableau que l´on retrouva dans la chambre de Raphael après sa mort, qui ne correspondait à aucune commande que les spécialistes prirent pour son amante,
 alors qu´il était homosexuel déclaré comme Miquel Ange, protégés par le pape
 et pourtant … ( voir chapitres )
 C´est aussi Vasari qui lui donna le nom de Fornarina, que reprit plus tard Salvador Dali pour sa
Galarina, se référant à sa Muse connue comme Gala.

Quoi qu´il en soit c´est à partir de 1911 que ce tableau souriant deviendra fameux, à partir de son vol du musée du Louvre.

  
Raphaël, Dame Enceinte puis un autre Raphaël
,  portrait de la jeune « Fornarina » ( voir chapitres )

 

Un sourire bien envoûtant !


 
Ce sourire fut aussi capable d'exciter l'ardeur patriotique de l'Italien Vincenzo Peruggia , un ancien employé du musée, en l'incitant en 1911 à voler le tableau avec l'intention de le réintégrer au patrimoine culturel italien. (cf:  Esterow M. The Art Stealers. New York: Macmillan Company, 1966. p.100-152)

Ce sourire fut capable d´éprendre l'entrepreneur Leon Mekusa, tant et si bien qu´il  le poussa à vendre tous ses biens en 1981 pour entrer comme simple surveillant au Louvre et pouvoir ainsi  le contempler tous les matins .( cf:  Sassoon D. op.cit. p.265-266.)

 Où ce qui fut plus dramatique, capable d'induire au suicide  l'artiste français Luc Masperó , qui en 1852 se lança au vide depuis la fenêtre du quatrième étage de son hôtel parisien devant son incapacité de déchiffrer le sourire énigmatique, selon une note manuscrite qu´il laissa.
(cf: Harris JA. Seeking Mona Lisa. Smithsonian 1999;30 (2):54-66.)


Le vol de la Joconde


Le 23 août 1911 le tableau plus fameux du monde disparut du Louvre .

Un ans avant, Théophile Homolle, directeur des musées de France, avait déclaré : " Voler Monna Lisa ?
C'est comme penser que quelqu'un puisse voler la tour de la cathédrale Notre-Dame
. " et oui impensable ! mais non impossible.

On passa le Louvre au peigne fin durant une semaine Rien !
A sa réouverture
, une grande foule se rassembla, comme pour des funérailles, pour aller voir dans le Salon Carré et laisser des fleurs devant le vide du tableau volé.
Puis ils se précipitèrent sur les cartes postales de Mona Lisa, tout en commentant qui aurait oser toucher à la Dame au sourire.


Beaucoup accusèrent Arsène Lupin
de ce vol !!! Puisque dans son dernier roman paru alors, «  L´Aiguille Creuse »  le gentleman - cambrioleur de Maurice Leblanc, personnage pourtant bien fictif, était déjà en possesseur de cette  Mona Lisa  de Léonard.

Ce qui prouve la popularité des aventures d´Arsène Lupin dès leur sortie.

Donc le grand initié que fut Leblanc, inclut ce Vinci avec le Weyden que l´on peut associer à l´Enigme de Rennes-Le-Château.

Les journaux faisaient la une à son sujet. Guillaume Apollinaire et Paulo Picasso furent soupçonnés et interrogés à ce sujet.
En effet quelques années plus tôt, un vol de statuettes avait été perpétré par un des anciens collègues d’Apollinaire au Guide des rentiers, Géry Piéret, qui les avait ensuite vendues à Picasso par l’intermédiaire du poète. Piéret déclare à Paris-Journal qu’il a volé les statuettes et La Joconde La police remonte jusqu’à Apollinaire, qui est emprisonné à la Santé du 7 au 11 septembre 1911, avant d’être enfin libéré.

Picasso  avait connu Jean Cocteau à Pompéi, et devint un intime de ce prétendu Grand Maître du Prieuré de SION. Cocteau fut son parrain lors de ses noces avec Olga.

En revanche ce vol fut revendiqué par l'écrivain italien Gabriele d'Annunzio,
auteur de Vierges aux rochers et d'une Léda sans cygne, qui composa en 1898 une tragédie intitulée La Joconde, en la dédiant à "Eleonora Duse aux belles mains"

Qui vola la Joconde ? : Vincenzo Peruggia et les frères Lancellotti.
Le premier
était un ancien employé du Musée, mais pour qui travailla-t-il ?

Les avis portent sur un certain faussaire argentin Eduardo de Valfierno qui aurait agit avec la complicité du restaurateur Yves Chaudron.

Leur but, leurs intentions  ? Copier la dame et la vendre à autant d'acheteurs américains, convaincus d'acquérir l'original.
 Vu les nombreuses copies de Mona Lisa aux USA, leurs dessins visiblement s´accomplirent.

Une fois les ventes conclues, Valfierno n'aurait plus eu aucun intérêt à se faire livrer la Joconde par Peruggia, puisque cette Dame n´a pas de prix, bien que sa valeur fut calculée et évaluée en 500 000 F de l´époque, voir même un million puis recoupée à 25 000 F, somme que bien sûr le Louvre ne possédait pas, mais qui  fut offerte à quiconque donnerait une piste concluante. Les donations arrivèrent de partout et la somme promise fut bientôt largement dépassée ….

La revue L'Illustration promit cinquante mille francs pour qui rapporterait le tableau dans les locaux du journal

Cesare Maccari 1863

La Joconde introuvable pendant deux ans n´aurait pas quitter le misérable logement de Vincenzo Peruggia, situé à deux pas du Louvre !  
Celui-ci décida regagner sa patrie pour essayer de la vendre.

C'est ainsi que, le 10 décembre 1913, Peruggia prit contact à Florence avec un célèbre antiquaire, Alfredo Geri,
dans la chambre de son hôtel, baptisé plus tard " hôtel Gioconda ", il lui montra le tableau, qui était caché dans une valise, sous le lit.
Trois jours plus tard, Peruggia était arrêté. À son procès, il déclara avoir agi par patriotisme : il voulait rendre la Joconde à la terre de son auteur.
 Le tribunal le condamna à un peu plus d'un an de prison. Quand à Geri qui mérita la récompense…on dû à nouveau se gratter les poches, car il est bien connu que l´argent a une propriété bien  particulière de coller là où il passe…Enfin tout le monde fut contant et le 4 janvier 1914, la Joconde retourna au Louvre.

Jules Verne, lui aussi  écrivit en 1874 une comédie intitulée Monna Lisa.

Mona, de jour en jour votre visage change.

Peut-être à votre insu, mais de façon étrange.

Oh ! vous êtes toujours fort belle en vérité.

Mais avec moins de calme et de simplicité !

Depuis deux ans surtout sur vos traits se révèle

une ardeur inquiète, une fièvre nouvelle…

….

Si donc vous désirez Mona qu’il en finisse,

Ne laissez pas vos traits changer à leur caprice,

et choisissez enfin le genre de beauté

Que vous voulez léguer à la postérité….


Suite : La Fornarina de Raphaël versus la Mona Lisa de Léonard,  etc… et la Dame de Poussin
Ou Suite :
L´Esprit de la Joconde