FRANÇOIS I, CHARLES QUINT ET LE PAPE CELESTIN V- SUITE

 

LE TABLEAU DE CELESTIN V

 

 

Bérenger Saunière voyagea-t-il à Paris ? Ce fait semble très douteux, la photo apportée comme preuve, puisque prise dans le studio d´un photographe parisien est celle d´Alfred Saunière, frère de l´abbé de Rennes- Le-Château.

 

Sur bon nombre de sites Internet c´est celle-ci que l´on présente comme étant celle de Bérenger, alors qu´il suffit de la comparer avec les anciennes photos prises à Rennes pour s´en apercevoir.

Supposons qu´un des Saunière soit allé à Paris, pour déchiffrer des documents trouvés ou pour une autre raison, et qu´il soit revenu portant sous le bras trois copies de trois tableaux logés au Louvre.

Ou simplement considérons les pistes laissées par de Sède.

Dans ce cas, il n´y a qu´un tableau de Célestin V au Louvre : Celui qui se trouve en haut de page. Ce n´est pas la seule représentation qu´il existe de cet ermite qui porta la triare durant quelque mois avant son abdication volontaire. Cette représentation est particulière sur bien des points.

 

 

En haut, ici il est représenté comme pape et père de l´Eglise. En Bas et à gauche, comme saint François d´Assis , entouré d´animaux sauvages, sans  aucun risque pour sa vie. La troisième image est le tableau qui se trouve sur son sépulcre à Santa Maria di Collemaggio à l´Aquila, Italie.

 

 

 




 

 Puis Giotto, Saint Pierre sur le Trône avec au premier plan, le cardinal Stefaneschi et le pape Célestin V.


Situons nous d´un point de vue historique:

Après avoir fondé l´Ordre des Célestins, Pierre de Morrone retourne à sa grotte.


Le 4 avril 1292 , le pape Nicolas IV meurt.

Après deux ans de bagarre entre les Orsini et le Colonna pour le trône de saint Pierre, celui-ci reste encore vide.


Alors en mars 1294, Charles II d'Anjou rend visite à Pierre de Morrone et lui suggère une lettre aux cardinaux qui ne peuvent se mettre d’accord sur un candidat.

Il fallait un saint père pour rompre les querelles entre les deux familles romaines. Les cardinaux le choisissent.

Le  5 juillet 1294 , Pierre est élu Pape sous le nom de Célestin V. Lorsqu´il accepta le titre il monta sur un âne et entra à Aquila, comme Jésus à Jérusalem.
 
Le 29 août 1294 eut lieu sa consécration à Santa Maria di Collemaggio de l’Aquila.


- Et le 13 décembre 1294, son abdication au Castel nuovo à Naples où il s´était réfugié craignant les  guerres internes de Rome. Là il se fit construire une cabane, dans ses appartements, pour vivre dans la solitude. Mais l´insistance politique du Roi de Naples
et les affaires de la curie  qui vont de mal en pire,  décident sa démission.

 

Il retourne donc à ses grottes et sa vie contemplative, avant d´être fait prisonnier par Boniface, qu´on accuse d´empoisonnement. Célestin est  âgé de 86 ans.

Voici un pape qui comme nos rois fainéants ne fait rien, se limitant à prier.  Pas étonnant qu´il plaise à la royauté !

 

 

Le Célestin du Louvre :

La peinture du Louvre, représente son couronnement à Aquila. Là nous voyons que le pape est accompagné, d´un côté par les cardinaux et de l´autre par les têtes couronnées : on reconnaît très nettement FRANÇOIS 1er et CHARLES QUINT, qui nous regarde. Donc il y a un anachronisme ! qui ne peut être que volontaire et par là significatif puisque ces deux rois étaient des ennemis jurés.

Charles Quint, empereur du Saint Empire, du royaume des Espagnes et de Jérusalem par héritage ( voir chapitre :
Rois de Sion, les Bâtisseurs ) abdiqua aussi en faveur de son fils Philippe II, qui édifia, son palais-monastère, à image du temple de Salomon, ( idem )  pour enterrer son père, mort à au monastère de Yuste où il s´était retiré.

Charles Quint emprisonna François 1er à
Pedraza, Segovia après la bataille de Pavie. Ce fut la dite sixième guerre d´Italie qui finit avec la signature du traité de Madrid en janvier 1526 et par lequel le roi François 1er doit renoncer à toutes ses prétentions sur l'Italie et restituer la Bourgogne aux Habsbourg.

 

 

LE SAC DE ROME

 

Un mois après le traité de Madrid, Clément VII, un Médicis, ami des Orsini, se fait le promoteur d'une ligue anti-impériale appelée la sainte ligue de Cognac. Le pape Clément partage le ressentiment du roi de France , il joue sur le désir de revanche de celui-ci.  Jules Médicis craint  que l´Empereur  s´empare du morceau italien manquant à la couronne espagnole et  qu´ il unifie les États de la péninsule sous un unique sceptre au détriment de l'État pontifical qui risque de disparaître complètement. Pas mal pour un roi dit très catholique !

Dans l'incapacité d'agir personnellement en raison des troubles internes contre les luthériens et externes avec l'empire Ottoman qui se manifeste aux portes orientales de l'empire, il fait en sorte de déchaîner contre l'état pontifical la puissante famille romaine des COLONNA, depuis toujours ennemie de la famille Médicis et des papes qui ne soient pas issus de son sein.

François I et Charles Quint

 

 

 

La révolte des Colonna produit ses effets. Le cardinal POMPEO COLONNA lâche dans la ville pontificale ses soldats, qui la saccagent. Clément VII, assiégé dans Rome,  demande l'aide de l'Empereur avec la promesse de rompre l'alliance la ligue de Cognac.

Clément VII, une fois libre, rompt le traité signé sous la contrainte et appelle à son aide l'unique puissance qui peut sérieusement le défendre, François 1er.. Dans cette situation, l'Empereur décide mener une intervention armée contre l'état pontifical et dépêche un contingent de lansquenets sous les ordres du duc CHARLES III DE BOURBON, qui meurt lors de l´attaque. Rome et prise et saccagée.

Clément VII réussit à se réfugier dans le CHATEAU SAINT-ANGE en empruntant le chemin couvert construit par un de ses prédécesseurs Léon IV. De là, le pape peut s'enfuir à Orvieto.

A nouveau la papauté est mise en danger, maintes fois elle vit sa fin proche puis se récupéra, mais toujours son déclin fut dû à son jeu politique et non spirituel.

 

Francisco Javier Amérigo y Arrarici (1842–1912), le Sac de Rome.
un soldat en habit papale bénit les violations, qui ont lieu sur l´autel

Charles Quint ramassant le pinceau du Titien par  Bergeret Pierre Nolasque.(1808 )

 

Véronèse avait déjà réuni, les deux monarques dans ses Noces de CANA,en les associant  avec Soliman le Magnifique.  Son tableau au Louvre fait face à la JOCONDE, aujourd´hui.

Charles Quint reçu par François 1er à  l'abbaye de saint DENIS (1540)  par GROS Antoine Jean Baron aujourd´hui au  Louvre, est une toile contemporaine qui réunit aussi les deux grands monarques.

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LE CONNETABLE DE BOURBON

 

Et voici que nous tombons sur un des noms de la liste des Grands Maîtres du  PRIEURE de SION : le Connétable Charles III  de Bourbon, fils de  Claire de GONZAGUE, beau-frère du Duc de Loraine, petit fils de YOLANDE DE BAR et arrière petit fils de René d´Anjou.

Dans son entourage on compte JEAN DE JOYEUSE, qui par mariage devient seigneur de Couiza, Rennes -Le-Château et Arques. Ce Jean, Chambrier et Connétable de France, premier Gouverneur de Narbonne et Lieutenant Général en Languedoc, entreprit entre 1540 et 1550 la construction du Château des Ducs de Joyeuse.

 

Charles III , comme vice-roi du Milanais connut  Léonard de Vinci, supposé grand Maître précédant dans la liste de la BN. L´artiste aux multiples facettes, travailla pour le Connétable et vice-roi du Languedoc, comme ingénieur militaire, deux ans avant son départ au château de Cloux près d´Amboise en 1518.

Devenu veuf en 1521, la mère du roi de France, Louise de Savoie, en tant que petite-fille du duc Charles Ier de Bourbon, revendiqua les fiefs des Bourbons. Charles perdit le procès  et ses biens furent confisqués et rattachés au domaine royal.

Charles III de Bourbon change alors de camps et se met au service de l´Empereur Charles Quint. Il voulait se créer une principauté italienne et commença par la prise de Rome, où il trouva la mort.

 

Ce tableau du Louvre nous mène indirectement à la liste des Grands Maîtres du Prieuré de Sion, c´est peut-être pour cela que  Pierre Plantard l´inclus dans le livre de Gérard de Sède.

Mais qui est ce personnage au premier plan, devant les rois, dont l´habit est plus moyenâgeux ?

 

 

SUITE: LA FIGURE DE L´EMPEREUR SUR LE TABLEAU