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Bérenger Saunière voyagea-t-il à Paris ? Ce fait semble
très douteux, la photo apportée comme preuve, puisque prise dans le studio
d´un photographe parisien est celle d´Alfred Saunière, frère de l´abbé de
Rennes- Le-Château.
Sur bon nombre de sites Internet c´est celle-ci que l´on
présente comme étant celle de Bérenger, alors qu´il suffit de la comparer avec
les anciennes photos prises à Rennes pour s´en apercevoir.
Supposons qu´un des Saunière soit allé à Paris, pour déchiffrer des documents
trouvés ou pour une autre raison, et qu´il soit revenu portant sous le bras
trois copies de trois tableaux logés au Louvre.
Ou simplement considérons les pistes laissées par de Sède.
Dans ce cas, il n´y a qu´un tableau de Célestin V au Louvre : Celui qui
se trouve en haut de page. Ce n´est pas la seule représentation qu´il existe
de cet ermite qui porta la tiare durant quelque mois avant son abdication
volontaire. Cette représentation est particulière sur bien des points.
En haut, ici il est représenté comme pape et père de l´Eglise. En Bas et à
gauche, comme saint François d´Assis , entouré d´animaux sauvages, sans aucun risque pour sa vie. La troisième
image est le tableau qui se trouve sur son sépulcre à
Santa Maria di Collemaggio à l´Aquila, Italie.

Puis Giotto, Saint Pierre sur le Trône avec
au premier plan, le cardinal Stefaneschi et le pape Célestin V.

Célestin V par Bartolomé Román (1637-1641)
au Prado
Célestin V par Giotto
Situons nous d´un point de vue
historique:
Après avoir fondé l´Ordre des Célestins, Pierre de Morrone retourne à sa
grotte.
Le 4 avril 1292 , le pape Nicolas IV meurt.
Après deux ans de bagarre entre les Orsini et le Colonna pour le trône de
saint Pierre, celui-ci reste encore vide.
Alors en mars 1294, Charles II d'Anjou rend visite à Pierre de Morrone et lui
suggère une lettre aux cardinaux qui ne peuvent se mettre d’accord sur un
candidat.
Il fallait un saint père pour rompre les querelles entre les deux familles
romaines. Les cardinaux le choisissent.
Le 5 juillet 1294 , Pierre est
élu Pape sous le nom de Célestin V. Lorsqu´il accepta le titre il monta sur
un âne et entra à Aquila, comme Jésus à Jérusalem.
Le 29 août 1294 eut lieu sa consécration à Santa Maria di Collemaggio de
l’Aquila.
- Et le 13 décembre 1294, son abdication au Castel nuovo à Naples où il
s´était réfugié craignant les guerres
internes de Rome. Là il se fit construire une cabane, dans ses appartements,
pour vivre dans la solitude. Mais l´insistance politique du Roi de Naples et les affaires de la curie
qui vont de mal en pire,
décident sa démission.
Il retourne donc à ses grottes et sa vie contemplative, avant
d´être fait prisonnier par Boniface, qu´on accuse d´empoisonnement. Célestin
est âgé de 86 ans.
Voici un pape qui comme nos rois fainéants ne fait rien, se
limitant à prier. Pas étonnant qu´il
plaise à la royauté !
Le Célestin du Louvre :
La peinture du Louvre, représente son couronnement à Aquila. Là nous voyons que
le pape est accompagné, d´un côté par les cardinaux et de l´autre par les
têtes couronnées : on reconnaît très nettement FRANÇOIS 1er
et CHARLES QUINT, qui nous regarde. Donc il y a un anachronisme !
qui ne peut être que volontaire et par là significatif puisque ces deux rois
étaient des ennemis jurés.
Charles Quint, empereur du Saint Empire, du royaume des Espagnes et de
Jérusalem par héritage ( voir chapitre : Rois de Sion,
les Bâtisseurs ) abdiqua aussi en
faveur de son fils Philippe II, qui édifia, son palais-monastère, à image du
temple de Salomon, ( idem
) pour
enterrer son père, mort à au monastère de Yuste où il s´était retiré.
Charles Quint emprisonna François 1er à Pedraza, Segovia après la bataille de Pavie. Ce fut la dite sixième
guerre d´Italie qui finit avec la signature du traité de Madrid en janvier
1526 et par lequel le roi François 1er doit renoncer à
toutes ses prétentions sur l'Italie et restituer la Bourgogne aux Habsbourg.
Le Sac de Rome
 
Charles Quint et François I
Un mois après le traité de Madrid, Clément VII, un Médicis, ami
des Orsini, se fait le promoteur d'une ligue anti-impériale appelée la sainte
ligue de Cognac. Le pape Clément partage le ressentiment du roi de France ,
il joue sur le désir de revanche de celui-ci. Jules Médicis craint
que l´Empereur s´empare du
morceau italien manquant à la couronne espagnole et qu´ il unifie les États de la péninsule sous un unique sceptre
au détriment de l'État pontifical qui risque de disparaître complètement. Pas
mal pour un roi dit très catholique !
Dans l'incapacité d'agir personnellement en raison des troubles internes
contre les luthériens et externes avec l'empire Ottoman qui se manifeste aux
portes orientales de l'empire, il fait en sorte de déchaîner contre l'état
pontifical la puissante famille romaine des COLONNA, depuis toujours ennemie
de la famille Médicis et des papes qui ne soient pas issus de son sein.
La révolte des Colonna produit ses effets. Le cardinal POMPEO
COLONNA lâche dans la ville pontificale ses soldats, qui la saccagent.
Clément VII, assiégé dans Rome,
demande l'aide de l'Empereur avec la promesse de rompre l'alliance la
ligue de Cognac.
Clément VII, une fois libre, rompt le traité signé sous la contrainte et
appelle à son aide l'unique puissance qui peut sérieusement le défendre,
François 1er.. Dans cette situation, l'Empereur décide mener une
intervention armée contre l'état pontifical et dépêche un contingent de
lansquenets sous les ordres du duc CHARLES III DE BOURBON, qui meurt lors de
l´attaque. Rome et prise et saccagée.
Clément VII réussit à se réfugier dans le CHATEAU SAINT-ANGE en empruntant le
chemin couvert construit par un de ses prédécesseurs Léon IV. De là, le pape
peut s'enfuir à Orvieto.
A nouveau la papauté est mise en danger, maintes fois elle vit sa fin proche
puis se récupéra, mais toujours son déclin fut dû à son jeu politique et non
spirituel.

Francisco Javier Amérigo y Arrarici (1842–1912), le Sac de
Rome, un soldat en habit papale bénit les violations, qui ont lieu sur
l´autel.
Charles Quint ramassant le pinceau du Titien par Bergeret Pierre Nolasque.(1808 )
Véronèse avait déjà réuni, les deux monarques dans ses Noces
de CANA,en les associant avec Soliman
le Magnifique. Son tableau au Louvre
fait face à la JOCONDE, aujourd´hui.
Charles Quint reçu par François 1er à l'abbaye de saint DENIS (1540) par GROS Antoine Jean Baron aujourd´hui
au Louvre, est une toile
contemporaine qui réunit aussi les deux grands monarques.
Le Connétable de Bourbon

Et voici que nous tombons sur un des
noms de la liste des Grands Maîtres du
PRIEURE de SION : le Connétable Charles III de Bourbon, fils de Claire de GONZAGUE, beau-frère du Duc de Loraine,
petit fils de YOLANDE DE BAR et arrière petit fils de René d´Anjou.
Dans son entourage on compte JEAN DE
JOYEUSE, qui par mariage devient seigneur de Couiza, Rennes -Le-Château et
Arques. Ce Jean, Chambrier et Connétable de France, premier Gouverneur de
Narbonne et Lieutenant Général en Languedoc, entreprit entre 1540 et 1550 la
construction du Château des Ducs de Joyeuse.
Charles III , comme vice-roi du
Milanais connut Léonard de Vinci,
supposé grand Maître précédant dans la liste de la BN. L´artiste aux
multiples facettes, travailla pour le Connétable et vice-roi du Languedoc,
comme ingénieur militaire, deux ans avant son départ au château de Cloux près
d´Amboise en 1518.
Devenu veuf en 1521, la mère du roi de
France, Louise de Savoie, en tant que petite-fille du duc Charles Ier de
Bourbon, revendiqua les fiefs des Bourbons. Charles perdit le procès et ses biens furent confisqués et
rattachés au domaine royal.
Charles III de Bourbon change alors de
camps et se met au service de l´Empereur Charles Quint. Il voulait se créer
une principauté italienne et commença par la prise de Rome, où il trouva la
mort.
Ce tableau du Louvre nous mène indirectement à la liste des
Grands Maîtres du Prieuré de Sion,
c´est peut-être pour cela que Pierre
Plantard l´inclus dans le livre de Gérard de Sède.
Mais qui est ce personnage au premier plan,
devant les rois, dont l´habit est plus moyenâgeux ?
Suite: La Figure de l´Empereur sur le
Tableau

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