Détails du haut des battants de la porte de l´ermitage St Antoine de L´Alcudia ( Valence / Espagne )



 





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

QUAND LE VOILE TOMBE : MADAME «  BUTTERFLY »



 

La gloire de Dieu, c'est de cacher les choses; La gloire des rois, c'est de sonder les choses.


Proverbes  25 :2



 

Eros est présent dans plusieurs tableaux de Van Dyck, le goût pour la mythologie revient, l´œuvre de Nicolas Poussin en témoigne. La noblesse aimait à être représenter ainsi sous les traits d´un personnage mythologique ou d´un saint.

 


Mary Villiers tenant une rose 1636 

Mais si la main, aux doigts formant un compas, est signe d´appartenance à la Franc-Maçonnerie alors cette main sur ses portraits féminins devrait être absente. Ce n´est pas le cas !

Remarquez que la main d´Hermine ( page antérieure ) est la droite, elle donna son amour à Tancrède alors que celui-ci en aimait une autre. Celle du compas chez Mary Villiers est TOUJOURS la gauche : celle qui reçoit !

Quand Anthony Van Dyck peint Mary Villiers comme Venus ( page antérieure ) accompagnée par  son cousin,  Charles Hamilton le petit Lord Arran, dans le rôle de Cupidon, on pourrait penser que ce « compas » ne répond qu´à un besoin esthétique.( image sur la page précédente ) Mais quand il représente cette même dame sur son portrait l´erreur n´a plus de place. Qui était-elle ?

Mary Villiers était la fille du fameux George Villiers, plus connu comme Duc de Buckingham, dit «  L´Enigme du Monde » Ce duc fut le favori de Jacques I d´Angleterre. Du plus bas de la société il monta au plus haut et fut assassiné.

Ses deux rejetons furent élevés avec et comme les princes d´Angleterre.

Mary épousa en 1634 Charles Herbert , dans la chapelle privée du roi, quand elle ne comptait que 12 ans ; puis en 1637
James Stuart 1er duc de Richmond, 4e duc de Lennox. C´est à dire qu´elle était la belle-sœur de Georges Stuart d´Aubigny , sujet du premier tableau ici présenté. Vers 1664, après la mort de son fils, Mary épousa le Colonel Thomas Howard.


Ces deux tableaux sont datés de 1636 c´est à dire juste avant d´épouser Lord Stuart. Il faut penser que celui de gauche est antérieur car Mary montre un nœud noir de deuil : son esprit de jeune veuve, fille de la veuve… Remarquez que cette jeune veuve porte le même  jaune que les deux bergers d´Arcadie de la page précédente. Couleur très employée en peinture pour Marie Madeleine…comme jeune veuve de Jésus ?

 

 


Marie Villiers en 1637 comme Sainte Agnès

Remarquez l´habit jaune de la Reine Henriette Marie avec ses deux nœuds de deuil pour son enfant.( plus bas ) L´artiste semble faire un parallèle entre ces deux femmes.


Mais l´Amour appelle bientôt  Mary, pour une nouvelle alliance matrimoniale beaucoup plus honorable.( image de la page précédente, avec Cupidon )

 

C´est ainsi que Van Dyck la représente en blanc virginal lors de ses noces mystiques avec l´agneau avant de devenir une vraie STUART. 

C´est le père de Mary qui empêcha le mariage du Roi avec Henriette. Ce n´est qu´après son assassina qu´il eut lieu.

Henriette acquit beaucoup d'influence sur son mari. Elle le poussa dans le sens d'une politique autoritaire et centralisatrice, ainsi que vers une plus grande tolérance envers les catholiques, étant elle-même fort pieuse. Elle pratiquait ostensiblement le catholicisme, ce qui irritait les puritains anglais. Elle devint très impopulaire, et lors de la guerre civile, elle dut partir se réfugier à Paris (1644)

Henriette , fille d´Henri IV est aussi une Médicis par sa mère et donc ce sang des mécènes florentins.

Mary fut le soutient du roi Stuart lors de la guerre civile anglaise, puisque la mort survint à plusieurs membres de cette famille.

 

Mary Villiers en noir, avec couronne

Henriette Mary, Reine d´Angleterre
avec couronne et en deuil d´un fils
en habit Jaune aussi

 

 

 


Lady Mary Villiers, et la naine Anne Gibson 1638-1640 (Larsen, 1980). 1638

James Stuart  avec un LEVRIER  en 1634. Pour célébrer son entrée dans l´Ordre de la Jarretière qui eut lieu en novembre 1633.

Puis , à côté James  en berger Pâris !



 

 

Est-ce ceci que plasma van Dyck dans ses deux tableaux suivants : sa proximité à la couronne ? Ou son titre de Duchesse ? Car Dyck mourût  l´année antérieur à l´éclat de la première phase de la guerre civile anglaise. Bien sûr le rapprochement ne ce fit pas en un jour.

 

Son époux se ruina à maintenir cette guerre et demanda même d´être décapité à la place du roi. Mal vu par le parlement il dut s´exiler avec sa famille.

Mary Villiers fut l´auteur  d´un recueil de poèmes publié sous le pseudonyme d´ Ephelia, inclus  Female Poems.. (1679). L´artiste était-il au courrant de ce fait ? C´est fort possible car la dame en fit la lecture en 1678. Et Dyck en immortalisa l´instant. ( Voir image du haut ) Les poèmes sont souvent satiriques envers la vie privée du futur roi et son propre frère, puis envers d´ autres courtisans, comme la politique suivie par  James, duc de Monmouth, par exemple. Mais son surnom de Papillon lui fut donné bien avant, en 1636, date des premiers tableaux par Dyck ,car dés sa plus tendre jeunesse elle montra son don pour la poésie.


Est-ce son art pour la littérature qui lui valut  cette « main compassée » ? Ou le nom de Stuart, à lui seul est-il suffisamment méritoire ? Ou est-ce la somme des deux ?
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Autoportrait (1685), Mary Beale

Il est attesté, même si le phénomène fut rare, que quelques femmes ont pu accéder à la maîtrise dans différentes corporations avant l'apparition de la franc-maçonnerie spéculative.

 

Il pouvait par exemple s'agir de veuves ayant pris la suite de leur époux. Une partie des anciens statuts (old charges) en témoigne, par exemple le livre des métiers de Paris (1268), les statuts de la Guilde des charpentiers de Norwich (1375), ou les statuts de la loge d'York (1693).

 

Mary Beale est une des rares femmes artistes .  Sa carrière, à laquelle elle se consacra entièrement, fut la seule source de revenus de sa famille. Mary peint jusqu’à sa mort en 1699 à l´âgée de 66 ans.

 

Mais la nouvelle maçonnerie écossaise se veut principalement philosophique donc  littéraire.

Même les constitutions d'Anderson n'interdisaient pas  aux dames d'être reçues aux banquets et divertissements qui suivaient les travaux, ni de participer aux cérémonies religieuses de deuil ou de la Saint Jean
[].

 

 

Autoportrait de Mary Beale comme bergère d´Arcadie

 


Les francs-maçons prirent l'habitude de nommer "sœurs" les femmes présentes à ces occasions, puis en vinrent à créer une « maçonnerie des dames » ou « maçonnerie d'adoption », réservée aux dames de la haute noblesse, dont les plus connues sont les duchesses de Bourbon et de Chartres ainsi que la princesse de Lamballe, ce qui fit dire à la reine Marie-Antoinette que « toute sa cour en était ».

Cette « maçonnerie des dames » se distingue de la franc-maçonnerie masculine par ses rituels qui  ne sont pas basés sur la construction du Temple mais sur d'autres thèmes : Tour de Babel, Jardin d´Eden et Déluge ( voir )

Aux 3 degrés "symboliques"  furent ajoutés différents systèmes spécifiques de hauts grades maçonniques, dont il n'est toutefois pas certain qu'ils aient jamais existé ailleurs que sur le papier de leurs rituels[]. Parmi les thématiques des hauts grade, celui de la Reine de Saba, sous le nom de "PRINCESSE DE LA COURONNE" était le sommet d'une échelle en 10 grades attestée à la fin du XVIIIº. Mais Mary Villiers est née un siècle avant. Les temps commencent toujours à changer avant que l´histoire en tienne compte officiellement.

 

D´autre part les portraits des Stuart, petits ou adultes sous le pinceau de Van Dyck présentent tous cette main « compassée », sauf le Roi ! Mais de lui, on sait déjà que par son statut, qu´il est en tête de la Franc-Maçonnerie de son pays.



George Villiers, 2º Duke of Buckingham et  son frère Lord Francis Villiers.1635 ( ci-contre )

Lord John et Lord Bernard Stuart 1638 ( au bas à gauche )

 

 



Charles Ier Lennox (1672-1723) bâtard du roi Charles II d´Angleterre et de Louise de Pénancoët de Kéroual, Duchesse de Portsmouth et d´ Aubigny.
1er Duc de Richmond et Pair d'Angleterre, Baron Settingdon et Comte de March,
1er Duc de Lennox et Pair d'Ecosse, Baron Torbolton, et Comte de Darnley
Duc d'Aubigny et Pair de France et
Chevalier de la Jarretière



William Villiers, comte de Jersey, et sa soeur Mary Villiers, lady Lansdowne en bergers d´Arcadie d´apres Godfrey Kneller

 

 

D´après Gerrit von Honthorst, 1628: George Villiers, 1er Duc deBuckingham, avec sa femme Katherine Manners, plus tard Baronne de Roos,

leur fille Mary ( future Duchesse de Richmond), et leur fils George (futur 2 Duke of Buckingham}, à Montacute House

 

 

Mynd:George Villiers Duke of Buckingham and Family 1628 .jpg

 

Pour  finir avec Mary  “ Butterfly ” je vous laisse sur ce portrait familiale, une copie de l´oeuvre de Gerrit von Honthorst  où la petite est representée comme sainte GERMAINE ou sainte ROSELINE pendant que son père , “ l´Enigme du Monde” tend un papier plié tout en nous regardant.

 

 

 

 

 

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