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Messire Gauvain
passe un pont et entre au château, arrivé en haut, au point le plus fort de
la place, il aperçoit en un pré sous un orme une pucelle
qui mirait son visage, d’une blancheur de neige. Un étroit cercle d’or
couronnait ses cheveux. Messire Gauvain met son cheval à l’amble et
l’éperonne.
- Doucement, sire, lui crie-t-elle. Un peu de mesure !
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L´ORME, ARBRE DE JUSTICE
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Cet arbre a toujours détenu des pouvoirs
surnaturels. Au Moyen-âge, c´était sous l´ombre d´un orme que les seigneurs
et les juges
rendaient leurs jugements.
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L´ORME , HERMAPHRODITE
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Mais en raison de son
genre hermaphrodite, l’orme est aussi le symbole de l’hybride, du
croisement. Arbre des carrefours, protecteur des frontières, il est l’arbre
à la croisée du monde infernal et du monde terrestre, à la croisée du
passé, du présent et du futur.
Notez
que cet arbre est de polarité féminine pour les nordiques qui dans leur
tradition l´ ont rattaché à la
femme car c’est à partir de cet ORME que la première femme naquit, tandis
que l’homme sortit d’un frêne. Il représente aussi un aspect de la
Déesse-Mère relié à la Terre. Ils lui attribuèrent la rune Gyfu.
Cette Déesse
mère, protectrice des vivants, des morts et des lieux humides, dont le
culte, très vivace dans l’ouest, s’est retrouvé dans le culte chrétien
en sainte Anne, patronne de la
Bretagne. Son ancien nom est ANNA ou NA .Comme la pierre de
feu du chapitre précédent.
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L´ORME, ARBRE DE VIE
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On
savait l’Orme capable de guérir diverses maladies cutanées, comme la
lèpre. Son écorce était un remède contre le rhumatisme.
Dans le département de la Somme, on attribue à trois Ormes plusieurs fois
centenaires le pouvoir d’avoir
détourné la peste d’un village de cette région de la France, alors
que des villages voisins étaient sévèrement touchés par le terrible
fléau.
Il est tenace et reverdit spontanément, il soigne les plaies.
Pour Ovide, du miel coule dans son tronc.
L’orme veille éternellement à la croisée des temps, en attente
permanente : est-ce la raison pour laquelle, en plaisantant, on dit à
quelqu’un « attendez-moi sous l’orme », pour ainsi dire que l’on
ne viendra pas au rendez-vous ? Ou qu´il attende jusqu´à la mort ?

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L´ORME, ARBRE DE MORT
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Dans Merlin le prophète ou le livre du Graal,
deux ormes signalent la Forêt Périlleuse, en route vers le royaume de
Logres :
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« Ils chevauchèrent une partie
de la matinée puis arrivèrent dans une belle et vaste plaine où ne
poussaient en tout et pour tout que deux ormes d’une taille
extraordinaire : les deux ormes étaient au milieu du chemin et entre
deux se dressait une croix. Tout autour, il y avait bien une centaine de
tombes ou plus encore et, à côté de la croix, on pouvait voir deux trônes
magnifiques, dignes d’un empereur et protégés de la pluie par un arc
d’ivoire. Sur chacun d’eux était assis un homme qui tenait une harpe et qui
jouait quand il lui, plaisait. »
Les deux joueurs d´ harpe jettent des sorts aux passants qui meurent sur
place.
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Piero
di Cosimo: « La Découverte du Miel », avec orme central.
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C´est l´arbre hybride
des monstres qui longera les Enfers, arbre stérile des lieux déserts ou les
tombes avoisinent son tronc.
Arbre des morts, puisque Ovide nous dit
que les mouches à miel y
meurent, bien que le tronc de
l’arbre soit rempli de cette
précieuse substance.
Une nymphe se transformera en orme,
aux sons de la lyre d’Orphée.
Restons donc dans la mythologie grecque : Silène est le père adoptif et le précepteur Dionysos.
Personnifiant l'Ivresse, il est toujours accompagné de Comos, la bonne
Chère) et Coros, la Satiété, qu'Hérodote[ ]fait naître d'Hybris , la Démesure.
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v Piero di Cosimo : « Les Malheurs de
Silènus », avec orme central.
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Silène, la plupart du temps, est qualifié de
« fils d'Hermès », comme satyre qu´il est, mais d'autres
traditions en font le fils de Pan et d'une nymphe, ou de Pan et de Gaïa, la
Terre. C´est un géant porteur de
l´enfant Dionysos, comme saint Christophe,dit aussi Enée. Le palmier de ce
dernier est remplacé par une vigne, alliée de l´orme. La vigne qui fut
plantée par Hermès, comme Noé s´empressa de faire de même après la descente
des eaux.
Pourtant sur la peinture de Cosimo, il remplace saint Hilaire dont la
mule effrayée laissa son empreinte
au pied de l´ orme.
C´est grâce à Silène que Midas recevra le don de tout transformer en Or.
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Piero
di Cosimo : « Persée délivrant Andromède » attachée à un
orme.
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Enfin remarquez le Persée de Cosimo aux pieds
ailés, tel Hermès, ailes qui furent un cadeaux de nymphes Avec son épée, donnée par le même Messager, son père, il
tua la Bête comme Thésée fit avec le Minotaure , pour libérer
Andromède, ici, attachée à l´orme. Il devient roi d´Argos. Thésée fut,
comme Orphée, un argonaute, la
descente aux enfers est nécessaire à l´Initiation
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Dédié à
Hermès l´orme aux fruits ailés
accompagnaient les âmes des défunts devant le juge suprême.
La dualité de cet arbre nous
attend au carrefour, comme tout chevalier qui part en quête, on devra
choisir notre chemin entre le bien et mal ; le mensonge, la
vérité ; la vie, la mort. Il symbolise le labyrinthe, avec la mort
toujours au bout qui nous attend. C´est aussi l´Axe entre le Haut et le
Bas, sa rune est Gyfu un X.
Dans la
mythologie grecque, l´orme est l´arbre d'Oneiros, dieu des songes et de la
nuit, fils d'Hypnos, dieu du sommeil, lui-même frère de Thanatos, le
trépas.
En Germanie il est l´arbre sacré féminin , le frêne, étant l´arbre
masculin.
Dans l'astrologie celtique, l'orme est synonyme de générosité.
Cet arbre
de Vie c´est celui de la Kabbale qui représente symboliquement les Lois de l’Univers. Cet ensemble forme
les 32 voies de la Sagesse.
On retrouve également une dualité sur l´Arbre des Sephiroth qui séparent les deux
manifestations divines, Yachin masculin, et Boaz féminine, dont l’équilibre
assure la création du Monde.
Le GRAAL est
aussi un symbole à la fois solaire et lunaire.
Comme dualité il y a aussi dans
l´ARCHE de NOE contenant des
couples de chaque espèce.
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